petite histoire assise de dimanche matin

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Connaissez-vous la star des chaises dominicales ? Large assise, paille thermocompatible pour les séants frileux, petit repose-pied pour ne pas attraper froid aux petons, rebord aplati pour laisser reposer le cantique quand le chant se fait poussif ou la prière ardente.

D’un habile mouvement rotatoire de poignet de chaisière doublé d’une secousse verticale, le siège se faisait prie-Dieu, tout aussi paillé, mais exigeant de l’utilisateur le soupçon de souplesse et d’adresse nécessaires pour éviter de se retrouver les deux genoux empalés sur les montants. C’est éventuellement assez douloureux, et à moins d’avoir quelque pénitence un peu ardue à s’autoinfliger, c’est une souffrance peu recherchée.

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Si aujourd’hui ces chaises désuètes sont si prisées dans la basilique, c’est moins pour leur capacité génuflexatoire que pour leur notable position stratégique au dessus des grilles de la soufflerie du chauffage. On déconseillera toutefois cette place aux Marylin tout de blanc vêtues, l’air chaud ayant des propriétés ascendantes non négligeables.

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Si on s’y assoit volontiers, on ne s’y agenouille plus guère tant le paroissien féru de station à genoux tend à bouder les artifices à tendance confortable au profit de la pierre, rude, virile et spirituelle. Tu es Pierre et tu retourneras à la pierre. En outre, il faudrait alors choisir, entre le tibia sectionné par le rebord quand le pied pose au sol, et l’équilibre sur les rotules, les coudes fermement appuyés sur le rebord large sus nommé, avec une ferme discrétion en endurant la douleur. J’avoue pour ma part, quand la liturgie le permet, préférer aussi m’agenouiller plus simplement, à même le sol. Mais on aurait tort de se priver de ce mobilier, ne serait-ce que pour son nom invitatoire… “prie Dieu!”

Je ne sais quel illustre prédécesseur de mon curé avait pris l’initiative d’investir dans ces sièges double emploi. On pourrait croire leur présence désormais superflue mais les enfants de la paroisse ont su les valoriser à leur mesure : en fauteuils adaptés. vue d’en bas… comme dimanche dernier, parents sur les sièges hauts, grands aussi, petits assis sans pieds ballants, dans un trône pour une fois !

trône

petite histoire en forme d’hommage aux enfants, mais aussi aux lycéens de l’aumônerie qui, bien souvent, ne se laissent pas enfermer dans la peur ou les idées des adultes mais ouvrent, spontanément, de larges avenues d’espérance.

Commentaires

1. Le mardi 10 janvier 2012, 12:38 par cybersister

Belle étude approfondie de l'instrument, de son utilité et de ses dangers, du mode d'emploi si nécessaire ;-)

2. Le mardi 10 janvier 2012, 17:20 par David

toi qui es assis sur tes certitudes, il est temps de faire une conversion et de t'agenouiller... ou de devenir enfant...

3. Le mercredi 11 janvier 2012, 13:03 par Nitt

Alors comme ça je ne suis pas la seule à souffrir le martyre dès que l'accès à la pierre ou au béton simple n'est pas possible, et qu'une ingrate planche usée s'impose à mes genoux fragiles !

J'admire le modèle que tu nous présentes, peut-être pas le plus confortable pour s'agenouiller (aaaah, les vieux prie Dieu couverts d'un coussin de velours rouge !) mais pour les petits, c'est vrai que c'est toujours une joie de trouver une chaise à la bonne taille !

4. Le mercredi 11 janvier 2012, 14:29 par David

le velours planque la planche... mais elle est là, elle est là, Nitt

5. Le jeudi 12 janvier 2012, 19:18 par Isabelle

Je n'ose pas imaginer le nombre de jeux que j'aurais faits si j'avais connu de telles chaises quand j'étais enfant! Un vrai bonheur, une trouvaille!
Mais comme je suis une mère indigne, je me félicite que mes schtroumpfs n'en aient pas à leur disposition, je maitriserais encore moins la situation pendant la messe et je collectionnerais les regards furieux et les réflexions de mes voisins...
;-)

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