Partez dans votre journée sans idées fabriquées d'avance
et sans lassitude prévue,
sans projets sur Dieu,
sans souvenir sur lui,
sans bibliothèque,
à sa rencontre.

Partez sans carte de route pour le découvrir, sachant qu'il est sur le chemin et non au terme.
N'essayez pas de le trouver par des recettes originales: mais, laissez-vous trouver par lui dans la pauvreté d'une vie banale.

La monotonie est une pauvreté : acceptez-la.
Ne cherchez pas les beaux voyages imaginaires.
Que les variétés du Royaume de Dieu vous suffisent et vous réjouissent.

Désintéressez-vous de votre vie, car c'est une richesse que de tant vous en soucier :
alors la vieillesse vous parlera de naissance et la mort de résurrection ;

le temps vous paraîtra un petit pli sur la grande éternité; vous jugerez de toutes choses selon leurs traces éternelles.

Madeleine Delbrêl, "Humour dans l'amour", tome III des Œuvres Complètes 2005 - Nouvelle Cité - Joies venues de la Montagne, p81)

 

Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le paradis.

Qu'importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir; parler ou se taire; raccommoder ou faire une conférence; soigner un malade ou taper à la machine.

Tout cela n'est que l'écorce d'une réalité splendide, la rencontre de l'âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.

On sonne ? Vite, allons ouvrir .
c'est Dieu qui vient nous aimer.

Un renseignement ? le voici:
c'est Dieu qui vient nous aimer.

C'est l'heure de se mettre à table: allons-y :
c'est Dieu qui vient nous aimer.

Laissons-le faire

(Madeleine Delbrêl, "La sainteté des gens ordinaires", tome VII des Œuvres Complètes 2009 - Nouvelle Cité - Nous autres, gens des rues, p30)