On fait dire à l’histoire ce que l’on veut.
on dégoise souvent sur les velléités conciliaires à avoir vidé les églises, en nous “enlevant la religion”,
mais peut être faut il chercher plus avant, dans des paillettes autres que la société faisait déjà miroiter.
Cette chanson, triste, après tout, passait à la télé le 22/05/1962, soit “avant” le début du concile honni…
la tristesse est finalement assez peu notre "lot quotidien"...
et quand bien même, pas sûr que, touchés cette fois là, ils fussent tous revenus si nombreux,
même si probablement il y avait quelque chose de semé...
La rencontre, que voulez vous, c’est bien plus profond.

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7 réactions
1 De Gilles GRIMAUD - 21/05/2012, 20:09
J’avais 12 ans quand sonnait Vatican II, autant dire un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…
Puis trois ans de conciliabule plus tard les églises s’aèrent de fidèles. Il n’y a pas de mystère.
« Petit Chanteur aux Clés », alors, en manécanterie, je m’époumonais en cette « Maîtrise » à en perdre mon latin sous la voûte acoustique et gothique d’une cathédrale séculaire, et l’air de rien, à Rome, courageux, l’aggiornamento, sacrément contemporain de mitres soumises à Tiare, m’invitait à langue maternelle et ritournelles…
Du grégorien rien, sacrément rien, un sacré coup à sacrement… sucré le sacré…
Ils étaient courageux ces hommes de robe à nous rendre probes. Démystifier l’obéissance et démythifier la séance dominicale vers d’autres entendements… Rendre aux fidèles une liberté, les aider même à ne plus se prosterner, croire humanité, cette quantité qualité…
C’était humain d’inventer le sacré. Pour qu’il perdure il ne faut pas y toucher…
Le sacré, comme la morale, est en soi. Nul besoin de subterfuge et peurs à la clé…
La victoire d’une église, sa gloire, est de croire que partout disséminée, la foi en soi est propagée et propre à tous les âges…
2 De David - 21/05/2012, 20:38
joliment tournée votre réponse. Comme je vous le disais, j'aime les articulations complexes et pas causalistes directes. Je lis, j'écoute, et je mets tout ça dans mon écheveau. merci.
3 De Nitt - 21/05/2012, 21:36
Le Petit Curé.
Désormais vieux souvenirs scouts, chant qui nous tirait presque les larmes, jusqu'au joyeux final où l'église se remplissait enfin.
Heureusement que la tristesse n'est pas tellement votre lot quotidien. Sinon je connais un livre dont tu ferais mentir le titre...
4 De Vianney + - 22/05/2012, 11:58
Il faut lire Sacrosanctum Concilium pour piger combien ce texte n'a pas été lu, et pour piger combien le deuxième Concile Œcuménique du Vatican est encore peu appliqué, notamment dans la liturgie.
Il faut retourner au Concile de Trente et regarder son application, voir qu'elle a mis plus d'un siècle à se mettre en place, pour comprendre le temps de l’Église et réaliser qu'on en est encore qu'au début, de cette application du dernier Concile. Au tout début. Voir un effet deux ans après la clôture, c'est simplement voir l'effet des cinquante années précédentes, par définition préconcilaires...
En disant cela, je ne nie absolument pas (je le vis depuis trente ans) les aberrations multiples, liturgiques et théologiques, qui sont nées en cette époque troublée qui n'a pas fini de l'être. Écheveau, disait David le Sage
5 De Vianney + - 22/05/2012, 11:59
Et pardon pour la faute de syntaxe, énorme... ça m'apprendra à me relire avant d'envoyer !
6 De Viollette - 23/05/2012, 09:38
Mon père m'a raconté comment il a vu, adolescent, se vider les églises :
Il habitait en banlieue parisienne, et bien avant le concile de Vatican II la messe était chez lui dite en Français, et sans "folklore" (enfants de choeur en aube sans chasuble...), et les paroissiens en étaient contents. Mais, l'été arrivant, les familles ayant une voiture ont commencé à aller se balader le dimanche, dès le matin. Lorsque ses parents ont acheté eux aussi une voiture il a compris ce qui avait dû arriver à bien d'autres avant eux, dont la foi comportait sans doute une part de superstition, et qui étaient aussi sensibles aux remarques acerbes : les premières fois, ils comptaient bien trouver une messe sur leur chemin. Première agglomération, elle commence dans une demi-heure, agglomération suivante, elle est déjà commencée... Ils sont rentrés suffisamment tôt pour aller à la messe du soir en arrivant. Mais de semaine en semaine, ça leur a paru trop compliqué et, s'apercevant qu'il ne leur était pas arrivé malheur suite à un dimanche sans messe, ils ont baissé les bras jusqu'à l'automne. Où, de retour à "leur messe habituelle", certains leur ont dit "oh, ça fait longtemps qu'on ne vous a pas vu", d'un ton de reproche. Ses parents n'y sont plus retourné. Et lui, c'est motivé à l'idée de retrouver ses copains de lycée qu'il a persisté jusqu'au début de sa vie professionnelle.
Si certains voient dans l'abandon du mystérieux (et beau) grégorien une raison de la désertion des églises, il me semble que ce n'est qu'un phénomène parmi d'autres en effet, que le changement du confort, l'avènement de la société de consommation et du loisir, ont aussi leur rôle dans l'histoire.
7 De F - 27/05/2012, 07:51
quand tu vois la tronche des gens qui écoutaient sur place, tu te dis qu'ils s'emm... autant que nous, j'ai vraiment préféré regarder les ciels vus de ta fenêtre (magnifique) !