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si tu

ma prière est d’une pauvreté affligeante
(dit celui qui sait qu’il ne doit pourtant pas la juger)
elle s’enroule autour de ses moments,
roule les mêmes mots, s’enferme dans les mêmes désirs
n’écoute que l’espace qu’elle ne sait pas toujours garder,
concentrée à ne pas perdre les parenthèses
qu’elle a ouvertes, attentive à ne pas les fermer…

et toujours sourdent dans cet entrelacs de pensées et de refrains,
d’oraisons et de mots adressés ces mêmes ostinatos:
“Laisse-moi te connaître, apprends-moi à (t’)aimer,
viens au secours de ceux que tu m’as confiés
déploie ton mystère en ma vie, jusque dans le plus épais,
le plus obtus, le plus réticent de mon humanité
ouvre mes yeux, viens, viens, viens, et parle, et fais-moi mieux t’écouter…”

et toujours, en revers, là où je ne l’attends pas, tu viens.
parfois je chanterais bien cette hymne monastique au conditionnel
si tu venais, verrais-je encore…
mais il faut aussi consentir au cheminement que fait le regard.
La foi n’est pas un “si tu”, elle est un travail de guetteur.
Tu es là, je le sais, je t’attends…
et tout peut me rappeler un mystère si grand
tout n'est qu'invitation. 

1-IMG_5556

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Cette fleur qui perce la neige,
Humble et frêle,
Incoercible, la verrai-je ?
Et ces plantes, sous la glace,
Qui préparent le printemps
En se jouant de cette impasse ?

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Cette voix, comme un sortilège,
Si légère,
Imperceptible, l'entendrai-je ?
L'eau s'infiltre sous la roche
Et descelle les cailloux :
Comment parer à son approche ?

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Le sentier qui s'ouvre une brèche
Dans les pierres,
À l'horizon, le connaîtrai-je ?
Sur le flanc de la montagne
Il serpente vers le col,
Une promesse l'accompagne.

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

CFC (f. Pierre-Yves)
PQT 1986

Commentaires

1. Le mercredi 28 novembre 2012, 15:35 par David

et cette hymne de l'avent des moines me titille au delà du raisonnable. J'ai toujours l'impression de la comprendre mal, et toujours j'y vois un appel à un décentrement, une attention, à un renoncement à mes "si"...

2. Le mercredi 28 novembre 2012, 16:28 par Corine

"La Foi... un travail de guetteur" . guetter, oui, j'aime assez, à la fois regarder, et attendre ou bien attendre, et regarder ; je me doutais bien que ce n'était pas du facile.
Ton ciel: divin ;-)

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