Plus on approche de la date du 13 janvier, plus les discussions réelles ou virtuelles auxquelles j'assiste deviennent acérées tant les convictions s'affermissent (voire se radicalisent). On se réjouit de la venue de tel évêque sur le macadam, compte les cars, raille telle revue qui n'a pas les mêmes convictions, ironise sur les élections d'avant, laisse émerger des peurs plus ou moins rationnelles... A peu de choses près, on n'est plus très loin de l'anathème et de l'excommunication de l'opposant à base de "je ne comprends pas qu'on puisse être chrétien et penser ça" ou "ce n'est pas mon Eglise qui se revendique et défile". Or si être chrétien nous invite à défendre nos convictions, d'autant plus quand elles sont tirées de l'Evangile, et pourquoi pas (se) manifester pour leur donner droit de cité, l'Eglise ne se réduit pas aux personnes qui partagent lesdites convictions. Il y a une diversité et une richesse dans l'Eglise qui doit être honorée par la communion, ou comme le dit la première lecture d'aujourd'hui, par l'amour du frère. Et Dieu sait que nos frères, jusque dans nos propres familles, n'ont pas nécessairement les mêmes convictions que soi. Ecouter l'autre pour envisager de le comprendre (sans pour autant valider ses idées), consentir à sa différence, vouloir lui être uni dans la vérité, et dans sa quête me semble d'autant plus nécessaire ces jours ci. Si celui qui ne partage pas vos convictions n'ose plus s'adresser à vous pour échanger, c'est mauvais signe. Le dialogue implique l'écoute véritable. Sinon, on amoindrit la richesse de l'Eglise et de Dieu à ses propres idées.

Je propose donc l'instauration du point "Godmin", à l'image du point Godwin des heures les plus sombres de l'histoire, pour toute tirade qui aurait des velléités de réduire l'Eglise de Dieu à sa manière de penser. Clignement d'œil

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parce qu'au delà de dimanche, et ce jusque dans le Royaume, nous aurons à construire cette unité du Corps du Christ.