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l'hurluberlu dégingandé et la demi-portion

(au choix)

le regarder sans rire
le regarder sans rire de lui
___ le regarder et rire avec lui.

ne pas le relever,
le relever sans lui demander
___ lui demander s'il veut de mon aide

m'émerveiller de son cœur tellement sensible
m'apitoyer de ses moyens limités
___ me réjouir de ce qu'il sait faire

...chaque fois que celui qui est marqué par son handicap fait trébucher ma marche rapide, je me perds dans ces alternatives... Ou, à d'autres moments,  

Rire avec l'organiste aveugle de la paroisse parce qu'il ne voit pas ce que je veux dire, démonter les roues du fauteuil de Yoann pour en rire avec lui, galérer à les refixer, le regarder avant pour vérifier si on peut le tacler, consentir à ce que certains souffrent de leurs infirmités même temporaires...

consentir à ce qu'il ne puisse plus aujourd'hui
consentir à sa joie si forte
consentir à ce qu'il sache mieux, plus profondément que moi, ce que veut dire vivre.

Je suis nul comme tout le monde face au handicap, parce que mes automatismes relationnels y tombent en échec.
Je ne veux pas détourner le regard,
je ne veux pas déprécier,
je veux regarder sans scruter,
mais qu'il est difficile de poser un regard "normal" quand il faut le choisir. C'est sans doute ça: la personne handicapée m'accule au choix de la relation avec lui, avec lui et pas avec ce que je crois de lui, ou ce qu'on m'en dira. Tout est si délicat, dans cette relation au handicap physique, et psychique... c'est pour cela que j'ai dévoré le livre de Séverine Hibon, qui en quelques chapitres efficaces raconte l'aventure de son couple avec son mari handicapé,  et toute la justesse de la relation qui a dû en découler.

avec ces quelques pages parfois corrosives, je fais tomber mes mauvaises bonnes intentions, je redécouvre la passion de l'autre et l'investissement dans les petits gestes du quotidien. En plus, Séverine ne la ramène pas trop avec sa foi, elle la laisse juste surgir là où il faut, et ça fait du bien. A lire, donc. (ça vous prendra pas des heures, mais ça ouvrira des milliards de relations et de regards avec ces personnes dont quelques uns zapperaient bien la naissance.)

Commentaires

1. Le dimanche 13 janvier 2013, 18:17 par David

et j'ai adoré chacun des mots du titre, imprononçable, mais délicieux. :)

ah, et comme ce n'est probablement pas évident, les petites listes en italique au début, ce sont tellement de possibilités qui nous passent plus ou moins par le crâne quand la rencontre est là. Voilà. Pas sûr que toutes les possibilités soient heureuses. :)

2. Le lundi 14 janvier 2013, 11:02 par David

et s'il vous est arrivé de penser "ils ont une autre richesse, la sensibilité" ou "nous sommes tous un peu handicapés quelque part". Vous devriez le lire. vite. :)

3. Le lundi 14 janvier 2013, 18:41 par Eliette

Ils étaient au pélé du puy l'an dernier tous les deux. Séverine et JB. Des deux témoignages qu'on a eu ce soir là, c'était sûrement le plus vibrant, le plus marquant. JB était extra. Drôle surtout. On a bien rigolé. Et ils rayonnaient tous les deux. Séverine a choisi un chemin qu'on pourrait pour le moins qualifier de difficile. Mais quand tu les voyais et les entendais tous les deux ensemble... ben ça collait. Et la couverture du bouquin est drôle parce que Séverine est vraiment pas bien grande et JB pas bien petit ;)

4. Le lundi 14 janvier 2013, 19:57 par Claire

Lors d'un repérage "nouveautés" je l'avais pris entre les mains. La quatrième de couverture m'avait bien plu, mais devant l'amoncellement d'ouvrages de tous ordres au pied de mon lit, je reporte cette acquisition. Dans les petites phrases il y a aussi "mais la normalité qu'est-ce que c'est ?" ;-)

5. Le lundi 14 janvier 2013, 20:12 par Nitt

Argh.
Tu viens encore de me donner envie de lire un truc.
Tsss.

6. Le lundi 14 janvier 2013, 21:23 par David

@Eliette: un grand, une petite, ça me rappelle tout un tas de gens. :) ça fait de jolis témoins.

@Claire: je l'ai reçu, mais peut être l'aurais je acheté au vu du nom, que j'aime bien. Sur l'amour des petites taches, vous deviez aimer.

@Nitt: ça se lit vite, et bien. en petits chapitres efficaces!

7. Le jeudi 17 janvier 2013, 10:25 par Axolotl

J'irai voir à la librairie. Même si la pile de livres autour de mon lit prend des allures de murailles défensive !!!
Dans un autre style, je reste marquée par le regard tendre, douloureux mais plein d'humour de JL Fournier dans "Où on va Papa"...

8. Le mercredi 30 janvier 2013, 09:57 par Anne-Claire

Dévoré. Très efficace. Poser le regard juste, ajusté, reste pourtant un vrai défi...

9. Le mardi 5 février 2013, 09:26 par Claire

Beaucoup aimé !!! Beaucoup de justesse et d'humour... Une plume, ce qui ne gâche rien, à lire et relire !!

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