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Save Our Souls

Partant du principe, discutable j’en conviens, que personne n’écoute jamais vraiment les lectures lors des professions de foi, et que les jeunes de 6e sont les spécialistes des lectures à peu près (non, cher jeune, tendresse ne peut pas se lire détresse, et buter 2 fois, malgré la répétition sur un mot à trois syllabes ne le rend pas plus intelligible pour ta famille qui suit vaguement), partant de ce principe, donc, je ne m’appuie que rarement sur la lettre de l’Evangile pour les homélies de profession de foi. Déjà qu’ils n’écoutent qu’en touriste, commenter un texte pas entendu, ça tient du suicide.

Partant du vent de la Pentecôte,  et de la météo cherbourgeoise pourrie depuis 18 mois,  j’espérais, à voix haute, que ces jeunes s’engageant ne prendraient pas le pli de nombre de leurs aînés, à savoir n’appeler Dieu que quand ça commence à sentir le cramé, les chocottes, le plan qui pue, bref, quand c’est la bérézina et qu’on implore, fissa, son secours.

Parce qu’appeler Dieu au secours dans la bourrasque, ça ne lui laisse comme possibilité de vous envoyer ça.

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une bouée efficace, qui vous sort la tête hors de l’eau, mais qui ne ramène pas au rivage, ne fait pas avancer et ne sauve qu’un temps, en espérant que le coup de tabac se calme super vite.

Et ce n’est pas avec ce genre d’ustensile qu’on va pouvoir aller un peu au large, partir à l’aventure, vivre à plein vent… Du coup, j’ai filé la métaphore marine de la vie chrétienne.

Embarquons, donc.

pour vivre au vent de l’Esprit, il faut des voiles, c’est la prière, la seule qui te fait vraiment avancer. Plus tu pries, mieux tu pries, et plus l’Esprit peut te faire avancer.

 

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mais les voiles sans la quille plongée dans l’eau, c’est s’exposer à dessaler ou à finir en cerf volant… il te faudra donc plonger dans le quotidien de ta vie, y mettre les mains et le cœur, bref aimer, vivre, dans le quotidien et pas qu’avec des mots.

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le bateau tout seul, c’est envisageable quand il fait beau, ou quand on est un figariste super héros, mais c’est en équipage, en Eglise qu’on vit la foi, chacun son rôle, et chacun est important…

compas

A vivre sans cap, tu finiras par faire des ronds dans l’eau… Ta boussole, c’est l’Evangile et les appels que le Christ t’adresse, il faudra t’ajuster mais toujours t’y référer, l’écouter.

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la Bible ouvrira même les chemins de foi dans lesquels s’engager, avec quelques repères. Tu peux t’en passer, ça risque juste de devenir plus long et plus compliqué.

Note qu’il existe quelques règles pour la navigation, des balises qui t’indiquent des dangers ou le chemin pour rentrer dans le port. C’est un peu la vie bonne chrétienne qui t’indique les dangers, les digues et les rochers. Si tu n’écoutes pas, tu risques parfois ta vie.

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et enfin, sur mer, n’oublie pas l’avitaillement, le temps des sacrements, des moments pour boire, manger, se ressourcer à l’intérieur, sinon, tu vas crever.

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voilà, il y a tant à découvrir au large, d’autres rivages, d’autres visages, et tu comprendras mieux Celui qui embarque avec toi, dans les belles traversées comme dans les 40e rugissants (plus que 3 ans pour moi). Bref, le Christ t’adresse cet appel, “allons sur l’autre rive (Luc 8)” es tu prêt à embarquer ?

et le premier qui la ramène sur le fait qu’il manque la dimension du témoignage, je lui colle la bôme dans la tronche.

Commentaires

1. Le mercredi 29 mai 2013, 20:04 par David

PS: ce n'est pas la peine de me dire que cette homélie est super bateau (hein, Edmond) je le sais

2. Le mercredi 29 mai 2013, 21:52 par Zabou

Et sinon, t'as ramé pour la faire ?

3. Le mercredi 29 mai 2013, 23:47 par Firenze

Quand je pense à l'avitaillement, je vois les boites de conserve sans les papiers autour. Car ça disparaît les papiers au contact de l'eau de mer qui n'hésite pas à stagner au fond des coffres.
Et j'imagine le marin malchanceux qui avait oublié ça et qui ouvre sa troisième boite de petits pois alors qu'il veut manger des poires (au chocolat)
Et les petits pois au chocolat c'est pas très tentant.
Alors petite comparaison avec le catho qui arrive pour recevoir un sacrement mais i sait pas lequel parce qu'il n'avait pas (enlevé les étiquettes) prié. Ou que le curé cuvait son rhum.

Bon je sors, avec ma bouée canard parce que je ne suis pas près d'arriver sur l'autre rive si le Seigneur n'a pas d'humour!!

4. Le jeudi 30 mai 2013, 08:33 par David

Attention Firenze, une faute s'est subrepticement glissée dans ton commentaire: on dit "cuvait son rhume". Je ne vois pas d'autre possibilité #ohwait

5. Le jeudi 30 mai 2013, 19:33 par Pneumatis

J'aime beaucoup la métaphore du voyage en mer... (en même temps, c'est très biblique, comme symbolique). Tu permets que je tatillonne un tout petit peu, sans me mettre la baume en travers de la figure ? C'est juste que je sursaute toujours un peu quand pour les sacrements il n'est question que de bouffer. Et puis en mer, on peut pêcher. Alors pour tout te dire, il me semble que les sacrements sont plutôt la coque de ton bateau (l'Eglise, barque de Pierre et sacrement du Christ), qui manque un peu d'ailleurs à ton modèle de bateau. Et puis, comme ça, pour la nourriture (ou la pêche) ça te laissait tout le loisir de faire passer à ces jeunes que ce sont les bonnes homélies (ou les moins bonnes, selon la boite qu'on ouvre), l'actualisation de la Parole de Dieu dans le présent de l'Eglise... évidemment on peut toujours pêcher un peu soi-même pour se nourrir, mais ça demande certaines compétences qui ne s'improvisent pas.

Bon voilà... retiens quand même que j'aime beaucoup, hein. Bravo d'avoir cette inspiration pour les jeunes, c'est tellement important de rendre intelligible ces choses. Pas pour rien que le Seigneur enseignait en paraboles.

6. Le vendredi 31 mai 2013, 00:41 par David

puisque ta remarque est super pertinente, je ne te balancerai pas la bôme dans la tronche, mais le baume. Ce qui est largement plus cool.

7. Le vendredi 31 mai 2013, 12:04 par Claire

Pour une ambiance "pirate", mon Dieu, ma planche de salut.... ;-) Je sors...

8. Le vendredi 31 mai 2013, 14:21 par David

on me signale que j'aurais oublié de parler des sacs à vomi. C'est vrai.

9. Le vendredi 31 mai 2013, 18:09 par Firenze

Donc combien de temps après avoir communier peut on monter sur un bateau?
14 h la tête dans un seau, c'est mon record et le rhum(e) n'y était pour rien.....

Bon sinon pour un sacrement de mariage réfléchi, je propose une transat avec une voie d'eau, des équipiers qu'on a envie de passer par dessus bord, un qu'on aime bien et qui tombe à l'eau, une drisse qui lâche. Des courants et presque pas de vent ce qui fait qu'en 24h, on recule. Des dauphins, des baleines, des oiseaux, des nuages, le rayon vert...
Si on le (la) supporte, c'est que c'est le bon!!!

10. Le mercredi 19 juin 2013, 23:45 par doenerth

Toujours autant d'humour "messire David"... c'est incroyable ce que vous réussissez à faire passer avec ce don...Merci..et laissez la bôme à sa place..elle a envoyé valser Tabarly, ça suffit.

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