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la main sur le coeur

Cher vieux, il eût fallu que tu le susses, en gros, mais dans les aumôneries, parfois on abuse de moyens pé-da-go-giques pour permettre au jeune collégien de s’exprimer. Parce que le jeune collégien a un souci de poil dans la main généralement de l’ordre de la forêt vierge, rétif même à la machette, surtout quand il a décrété que ça ne lui plaisait pas. Et comme son plaisir (supputé) handicape son vouloir (nécrosé), il ne fait que ce qu’il aime, ou alors il grogne, il regimbe, il néglige, il chahute, il résiste passivement, il avionne en papier, il sarbacane, bref, il fait ch… . Donc, pour passionner l’ado, il faut du talent, des idées, et de la retenue dans le coup de poing dans la tronche et le coup de pied au cul. Note que le collégien a des capacités surprenatoires qui pourraient te laisser coi. Par exemple, il aime écrire sur un tableau (si) alors que bon, bref. Il peut avoir des enthousiasmes musicaux pour des choses que spontanément, tu n’aurais pas classifié dans “la musique”, il se bougera pour une cause, ponctuelle, au loin, mais râlera pour venir à un ouikènde qui finalement l’enthousiasmera, il s’habille comme tout le monde, mais pire, et ne laisse aucune part à la différence. D’ailleurs, quand tu es collégien ET différent, tu peux, en gros, attendre le lycée pour que ça soit moins pire. Bref. Pour la pédagogie du collégien, il faut lui parler de ce qu’il aime, qu’il pourra ponctuer d’un ‘nan mais moi’ (comme tous les adultes, note), ou le faire gribouiller sur un tableau.

Ce matin, dans une aumônerie qui est délicatement accolée à une église en forme de je sais pas trop quoi, genre un demi tonneau blanc, j’ai trouvé sur un tableau noir un joli bonhomme vaguement très proche de la calvitie sur lequel on avait tatoué tout plein de bons sentiments qui sont le gage d’une humanité qui irait mieux si réellement on se bougeait un poil pour qu’on les applique. J’avoue, je n’ai pas tout compris, notamment ce que “dormir” faisait “là”… Mais j’ai ri de bon coeur à cette délicieuse proximité entre le coeur et la main, entre l’aimer et le geste, et les aléas de maroquinerie qui vont avec.

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cher collégien, si tu me lis, sache que je t’aime bien, mais que de temps en temps, je… (rigole bien, ça me soulage)

et sinon, faire des liens entre le coeur et le geste, c'est délicatement génial, hein. 

Commentaires

1. Le dimanche 20 octobre 2013, 23:32 par Isabelle

;-D
L'évocation du collégien est... fidèle!

2. Le lundi 21 octobre 2013, 06:34 par Lazuli66

:)
Le collégien étant aussi souvent fâché avec l'orthographe, ne serait il pas question de sauver les...gens ?

3. Le lundi 21 octobre 2013, 07:57 par Tigreek

Excellent... Un de mes amis parlerait sans doute du "langage des oiseaux"...

4. Le lundi 21 octobre 2013, 13:35 par David

@lazuli66: Je n'en doute pas... mais j'aime la poésie des fautes d'orthographe. Elle tient (parfois) du génie
@tigreek: le fameux bagoût du piaf? il fit perdre nombre de calendos :)
@Isabelle: d'une partie d'entre eux, ou d'eux, en fait. ils sont plus subtils que ça pour bien les comprendre, mais en masse... mmmmmmh

et sinon, forcément, ça réanime ce vieux billet ;) http://davidlerouge.fr/index.php?po...

5. Le lundi 21 octobre 2013, 17:30 par Véronique Belen

Merci de ce billet plein d'humour... Je suis une mère sauvée, enfin plus de collégien à la maison, et à en croire ma dernière fille, c'est vraiment "moins pire" au lycée !

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