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quand la nuit se fait

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Aujourd’hui.
C’est ce mot qui doit me passionner, même si je fais mémoire sans arrêt d’hier, même si je prépare sans cesse demain, c’est dans l’aujourd’hui que se déploie le salut de Dieu dans ma vie, un aujourd’hui auquel je peux être présent. Ce jour a été traversé par un sourire avec qui nous avons écrasé des herbes molles au vert tranchant sur le bleu acier des flots et frôlé des précipices battus de ressac ; ce jour a été traversé de mots, d’attentions, de textes lus ou adressés. Et puis, en ouvrant négligemment ma boîte mail, redoutant les courriels de boulot, une newsletter m’a transpercé, d’une violence sourde qui appelle la prière. Elle venait d’Arte Radio.

Vivants,

          Ma copine Catherine avait survécu au cancer du sein. A son compagnon séropositif. A quelques démons personnels et tenaces. Elle avait repris le boulot et la militance. Elle voyait sa jeune fille réussir et s'épanouir. C'était sûrement trop dur d'être heureuse puisqu'elle s'est endormie dans un nuage de méthadone. Catherine Pasteur ne recevra pas cette newsletter qu'elle aimait bien. Ca fait trente ans que ça dure, trente ans que mes amis se défoncent, dépriment et en meurent. J'en ai perdu plus qu'un bataillon de marins, fusillés par la dope, le dass, la picole et l'ennui. Je ne suis plus sûr d'aimer Lou Reed au final. Je devrais échanger ma discothèque de tarés contre des tubes de Carlos et du r'n'b. Je ne vais plus aux enterrements. Je ne pleure presque plus. Je parle aux orphelins, j'essaie de leur dire des trucs chouettes sur leurs parents. Ca devient compliqué. Je cherche un sens à leur désertion. Arrêtez de mourir bande de cons, voilà tout ce que j'ai à dire. Pardonnez ce ton lugubre, j'ai mal et c'est l'automne. Hey honey, WALK ON THE WEB SIDE

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Alors, d’autres mots ont remonté, qu’on venait de lire, à deux, sur des canapés. Des mots de ma jeunesse, des mots que j’avais oubliés, empoussiérés dans un coin de ma mémoire, irisant silencieusement toute l’écriture de ce blog, éclairant des choix, appelant des pas. Je ne veux pas de Carlos ou du R’n’B, je n’ai rien qu’aujourd’hui…

Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. (je ne les source pas, vous le ferez peut-être)

Aimer aujourd’hui. S’y laisser aimer. Tant de l’anecdotique que de l’intérieur.

Commentaires

1. Le mercredi 30 octobre 2013, 22:57 par Arbogasta

"je n'ai rien qu'aujourd'hui"... :) :) :)

2. Le jeudi 31 octobre 2013, 12:31 par Eliette

"un aujourd'hui auquel je peux être présent..."
Et je te souligne trois fois le "peux" parce que oui, je crois qu'on choisit d'être présent. Aux autres, à soi et à Dieu.
Merci pour l'aujourd'hui d'hier :)
Maranatha tsoin tsoin.

3. Le jeudi 31 octobre 2013, 17:12 par pluie-de-roses

Chaque jour...........davantage aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.

4. Le lundi 4 novembre 2013, 18:34 par Vieil imbécile

Merci pour cette irisation, pour cette dispersion des rayons de la Lumière. Les irisateurs ne seraient-ils ceux qui parviennent mieux à être dans l'aujourd'hui, en gardant l'Espérance de demain, et en s'alimentant d'hier ?
La honte... il m'a fallu gougueule pour sourcer. O tempora, o mores. C'est ainsi que votre blogue, irisé par un poète, irise des non-poètes et chasse nos pauvretés.

5. Le mardi 5 novembre 2013, 11:48 par ManuTop

Tiens, chouette version de Pierre Eliane :)) (oui, désolé, je peux pas piffrer la version de l'autre chanteuse ^_^ )

6. Le samedi 9 novembre 2013, 09:52 par Véronique Belen

Je connais très peu l'univers de la drogue... mais je suis affligée aussi que l'on puisse en venir à une telle désespérance. Le monde est très dur de nos jours, mais si, on peut y saisir des rais le lumière ! Et la foi au Christ ressuscité transfigure tout !

Quant à ce conseil
"Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir."
il me semble que lorsqu'on tient un blog, ce n'est pas forcément par narcissisme, mais justement, pour vivre plus pleinement notre quotidien. On peut avoir une vie qui semble sans relief à autrui, et être cependant riche d'inestimables trésors intérieurs... puisés entre autres dans la prière...

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