Aller à la recherche

un homme

Samedi dernier, en mode Télérama France Inter, je suis allé me laisser bercer par la poésie grisée d’Albin de la Simone. Sur scène, une ambiance inédite : un simple ampli pour le clavier, à peine plus fort que la voix, un violon et un violoncelle, tout en acoustique non sonorisé. Il fallait tendre l’oreille, et se laisser conduire, d’un rythme de plus en plus marqué, par le ressac des mots soutenu par une présence un peu envoûtante, et un filet de musique. C’était beau, c’était discret, on l’entendait claquer des doigts, murmurer, frôler du pied… et on pouvait même le siffler. Albin de la Simone parle d’humanité avec un grain de poivre dans la voix, avec un brin de malice dans les mots, avec un point de retenue dans le piano. Ce son, tout discret, était captivant. Et puis il y a eu cette chanson, que malgré moi, pendant le concert, j’ai renversée… (je crois que ça se lit en s’écoutant)

Un jour la vie est belle une euphorie nouvelle
Pour un oui pour un non tout va bien pour de bon
Un jour je suis croyant catholique pratiquant
Plus de sel plus de pain, plus de lait plus de vin
Un jour je désespère j'ai pas les mots je me perds
Je trépigne, je m'égare
Un jour je m’éloigne du Père
C'est le Christ c'est le Christ
Qui pardonne faut m’laisser faire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise je vais m’y faire

Un jour je donne, je donne, je donne, je donne
Le cœur sur la main, sur le cœur
Un jour je parle fort à raison et à tort
Je m'emballe, je digresse,
Je m’étale et vous agresse
Un jour je broie du noir
Miné par mes déboires
De la veille et de l'avant veille
Et tout à coup tout m'émerveille
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m’attire, veut me parfaire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise je vais m’y faire

Un jour je n'y crois plus pas le coup pas un clou
Moitié plein moitié bu tout est flou tout es fou
Et toc un coup du ciel à nouveau la vie est belle
Pour un oui, même un non tout va bien c’est si bon
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m’attire, sans rien à faire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise il va m’y faire.

Commentaires

1. Le mercredi 13 novembre 2013, 23:56 par Corine

C'est étrange. Je commence à écouter et lire en même temps, pas parce que tu le dis mais parce que je fais toujours ainsi quand je découvre. Et les paroles et la voix du chanteur ne gênent même pas. Malgré lui, ce sont tes mots qui restent. ;-)

2. Le jeudi 14 novembre 2013, 08:41 par Tigreek

Re-tourner, re-venir... N'est-ce pas le mouvement, sans cesse, que le chrétien s'efforce de faire ? Dans le flot de la vie, dans les chahuts, les ressacs... Re-venir, toujours... Au Christ. Re-tourner, encore... Les clichés qui éloignent de l'Amour, et de la Vérité, la seule qui existe, celle de l'Amour encore et toujours, de l'Amour de la Trinité que Dieu veut diffuser en nous, pour nous... ;)

Merci David... :) Cette inspiration fait écho à ma lecture et mon cours sur le Symbole des Apôtres avec Karl Barth... Impressionnant comme une telle lecture peut chavirer, ramener à des fondamentaux à la fois simples, évidents et profonds dans leurs implications...

3. Le jeudi 14 novembre 2013, 10:31 par Isabelle

Bouleversant.
Je manque de mots.
Merci.

4. Le jeudi 14 novembre 2013, 14:00 par Nitt

Superbes !
Merci pour le texte renversé qui touche mon petit cœur, et pour le corpus qu'est le texte chanté, il fera merveille en cours de FLE, le jour où j'en donnerai de nouveau.

5. Le jeudi 14 novembre 2013, 19:05 par Véronique Belen

Quand j'étais devenue agnostique, un jour j'ai dit à une amie que je ne n'arrivais pas à "me débarrasser" du Christ. Elle a voulu me rendre service en m'offrant "L'antéchrist" de Nietzsche.
Mais non, ce n'était pas du tout ça ma demande !
"C'est le Christ c'est le Christ
Qui m’attire, sans rien à faire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise il va m’y faire."

A ce petit jeu-là, il finit toujours pas gagner ! :)

6. Le vendredi 15 novembre 2013, 08:10 par David

@Corine: j'ai eu un peu des complexes à publier cette version, parce que ça ne se fait pas de s'emparer d'une chanson pour lui faire dire vraiment autre chose... mais "ma" version est vraiment venue pendant le concert... en direct. Alors je vous rejoins, elle passe bien pour moi, j'y pense à chaque fois :)

@Tigreek, un passage à nouveau, toujours nouveau dans les mêmes sentiers pour descendre peu à peu en profondeur, en vérité, jusque dans les recoins. ça mérite un "re".

@Isabelle: le concert l'était aussi.

@Nitt: tu envisages de continuer le FLE? tu cherches un poste DCC? ;)

@Véronique Belen: et parfois même, il reste à la porte, patiemment. On le voudrait plus foudroyant, plus flamboyant, plus évident, et il "vient" comme Jean dit à la résurrection.

7. Le vendredi 15 novembre 2013, 20:41 par Véronique Belen

Il y a quelques années, j'avais bien aimé dans une soirée biblique comme notre curé avait souligné que Bartimée avait dû tout de même faire un pas vers Jésus qui l'a ensuite magnifiquement exaucé. :)

8. Le dimanche 17 novembre 2013, 12:54 par alainx

Lamentable plagiat d'une belle chanson.... pour ne faire une parodie navrante....
Je me demande ce qu'en pense l'auteur....

9. Le dimanche 17 novembre 2013, 17:13 par David

ni plagiat, ni parodie, simple écho en moi que vous ne partagez pas. Il n'y avait aucune prétention à revendiquer la finesse de l'auteur...
sinon, c'est aussi un plaisir partagé de vous lire, il me semble, hein.

10. Le lundi 18 novembre 2013, 09:11 par Vieil imbécile

Pas de prétention à revendiquer la finesse, mais une obtention. Avec en surplus la profondeur et la verticalité qui manquaient singulièrement. Continuez vos lamentabilités : pour une lamentation elles suscitent tant d'espérance.
Merci d'exister :)

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet

Page top