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cher parent

Cher parent qui, (raye la-les mention-s inutile-s)
dans un souci de préserver la liberté de ton enfant,
dans l’intention qu’il puisse goûter toute la profondeur du sacrement
en le préparant longuement et probablement sans toi,
dans la peur de ne pas bien savoir en qui ou quoi tu crois,
et de n’avoir globalement rien à lui transmettre,
Cher parent donc, toi qui as fini par surseoir sine die au baptême de ton enfant
pour quelque raison plus ou moins militante
ou parce que tu n’as pas eu le temps, ou l’argent, ou l’idée,
je ne dis pas que tu as forcément tort, mais…
sache que tu n’as pas nécessairement rendu sa tâche facile.

Certes, vous vous éviterez mutuellement querelles et dilemmes
quant à la messe dominicale, et son corollaire catéchisé
quant aux questions qui fâchent, quant aux ruptures qui déchirent,
quant aux paroles d’Eglise qui exigent, quant au sens qui s’insinue..
et mieux encore, il ne t’en voudra pas, ado, de lui avoir collé de force la foi.

Mais réfléchis une seconde de plus… à moins de rencontrer quelques amis chrétiens
ou de faire confiance à une opération du Saint Esprit (ce dont tu doutes, logiquement)
(tu paries, là, sur un gros coup de bol, hein)
les seuls moments où profondément la question du sens, ou de Dieu, surgira
ce ne sera pas dans le fond d’un intermarché, fnac, Micromania,
mais bien de façon puissante, bouleversante, exacerbée
dans l’expérience du deuil, de la séparation, de la souffrance
dans ces moments où le mal abonde, où le sens s’épuise, où l’amour bute
et là, désemparé comme tu l’as parfois été, il vacillera en bord de vide.

Note que dans ces moments là, souvent, on rechoisit ce qui est essentiel
on réapprend
qu’on veut aimer, même si ce n’est pas simple,
qu’on veut donner sans rien attendre,
qu’on sait que la vie c’est plus que “ça”
Mais il ne faut pas se leurrer, les décisions prises dans la déréliction,
dans la crise, ont souvent du mal à se tenir dans le temps.

Ainsi, au lieu d’avoir donné à ton enfant,
au coeur de sa vie tournée vers l’avenir,
une foi qui le pousse vers la vie, vers les autres, vers la joie,
vers un “lui-même” audacieux dans un monde en devenir,
vers un Dieu qui croit en lui,
bref une foi d’être pleinement vivant
tu lui demandes de s’y confronter dans le temps de la réaction,
de la peur, du sursaut pour que tout ce qui compte
ne finisse pas encore par mourir.

En son nom, je te remercie, c’est un joli projet.

Commentaires

1. Le dimanche 1 décembre 2013, 21:18 par David

(en plus clair) chers parents, ne réservez pas la question du sens, et de la foi, aux moments de gestion de crise. Faites en une dimension de vie de votre enfant. #baptême.

2. Le dimanche 1 décembre 2013, 22:48 par nicole 86

Les parents souhaitent donner le meilleur à leur enfant, nous pensons qu'en agissant ainsi, ils le privent d'une dimension essentielle pour son développement et pourtant certains (presque tous ?) sont de bonne foi Je suis déstabilisée par toutes ces personnes de mon entourage qui affirment haut et fort n'avoir pas besoin de croire pour vivre et qui me disent "ne pas se poser de question".

une grand mère qui a interdiction de parler de Lui à ses petites filles

3. Le dimanche 1 décembre 2013, 23:14 par Zabou

Pas d'accord avec le hashtag #prechiprecha sur twitter : ton billet est piste d'ouverture de question, non de jugement, et percutant comme il faut.

4. Le dimanche 1 décembre 2013, 23:32 par Corine

Voilà. Je t'ai relu plusieurs fois. J'étais plutôt d'accord alors je ne comprenais pas pourquoi, arrivée à la fin, y avait comme un truc qui me dérangeait. Et puis, j'ai vu quelques visages d'amis adultes, pas baptisés, athées ou agnostiques ou je ne sais pas quoi, que je connais très bien et qui confrontés au mal, aux souffrances, à la mort ne sont pas plus démunis que moi. ça pose questions, c'est tout. Et puis ces amis-là, je trouve qu'ils ont poussé leurs propres enfants vers la vie, vers les autres, vers la joie. Je suis toujours d'accord avec toi mais voilà, y a un truc qui me gêne quand même, tu comprends ?

5. Le lundi 2 décembre 2013, 08:19 par David

@Corine: je suis un peu mal à l'aise face à ma petite diatribe. je crois que je ne l'adresse qu'à des cathos, pour de vrai, pour qu'ils fassent bien du baptême de leur enfant une dimension positive et pas un machin pour gérer l'angoisse de la mort. Néanmoins, même si j'ai souvent une admiration pour beaucoup dans ce que l'on transmet aux enfants, sur la manière avec laquelle on leur apprend à vivre, je crains de ne pas partager toujours ton optimisme. Et qui affirment, haut et fort, de ne pas baptiser pour laisser libre. Et c'est cette dimension qui m'embête. Où est laliberté quand on restreint la possibilité de réaction aux moments où justement on est complètement accablé par la mort. Malgré le mythe autour de cette période, ce n'est JAMAIS une bonne période de décision, la preuve, rarement les décisions prises dans ces jours là ne tiennent bien longtemps. Qu'on lise Thévenot sur les fermes résolutions et le plaisir de vivre dans avance en eau profonde.
Ou alors, on a une conception du sens sans altérité ( ce qui est le cas de tout le monde)
Ou alors on a une conception d'un Dieu qui ne nous respecte pas dans notre liberté (ce qui me fait bien chier)
voilà.

@zab: le prêchi prêcha vient justement de la lecture que l'on peut faire du billet, quand on s'y sent jugé (cf pour ceci la lecture *en lien* de Corine)

@David: nan mais trop, lol.

@nicole 86: vivez votre foi, simplement, joyeusement, ça fera des fruits dans la vie des petits enfants. ça marche à chaque fois, qu'ils vous le disent ou non.

6. Le lundi 2 décembre 2013, 10:21 par corine

Adressé à des cathos, pour de vrai. Et ça me parait plutôt "normal" que tu t'adresses à eux ainsi. Pourtant encore un truc qui me revient en mémoire. Une histoire que m'a racontée mon ancien curé. Une famille angevine, catho, pratiquante, investie, et leur choix d'éveiller leurs enfants à la Foi, de la vivre aussi avec eux et pourtant de ne pas les baptiser bébés. Je crois me souvenir qu'ils ont tous fait leur baptême à des âges différents, une fois prêts. C'est un exemple, rare je pense. Et à côté des tas de familles que je croise qui font baptiser leurs enfants, et puis c'est tout. Il n'y a plus rien après. Vraiment rien. Et non pas vraiment rien pour quelques-uns qui un jour (re)commence...Ou encore les jeunes adultes de ma paroisse baptisés à chaque veillée de Pâques. Quand tu les écoutes, des chemins pas possibles...Bref. Peut-être bien que la question du sens ou de Dieu ne surgit pas seulement au moment du deuil. C'est mon optimisme oui qui croit qu'il y a pas mal de coups de bol, en fait. :-)

7. Le lundi 2 décembre 2013, 12:05 par PV

Adressé à des cathos, tout a fait d'accord. Merci pour ce texte que je m'empresse de partager.

Je suis toujours étonné, dans notre accompagnement des familles à la préparation au baptême des tout-petits, de voir certains s'affirmant catholiques sembler avoir des scrupules. Et je leur ressers donc chaque fois un témoignage remuant et dérangeant, presque virulent, d'une mère qui avait rué dans les brancards face à une réaction de ce type, elle-même baptisée tardivement pour cette raison, et heureuse du "gros coup de bol" lié à une rencontre tardive.

8. Le lundi 2 décembre 2013, 14:42 par Vieil imbécile

Adressé qu'à des cathos "pour de vrai"... Je ne sais pas. Il me semble que c'est une apostrophe à adresser aussi aux cathos "pour de pas vrai", si l'on entend par là les cathos non pratiquants qui se contentent, au gré de leurs humeurs, du baptême, du mariage et de quelques grandes fêtes, sans essayer singulièrement et âmement de suivre Jésus.
Contrairement à mon amie Corine :) je ne parviens à croire qu'un athée ne puisse être démuni face à la question du mal. Comment peut-on se réfugier - sans transcendance - ailleurs que derrière des barrières d'indifférence ou d'endurcissement ? Comment ne pas chercher des coupables et des boucs émissaires si l'on pense que le mal est intrinsèquement en nous ? Comment ne pas entrer en conflit avec l'autre si l'on pense qu'on a la connaissance du bien et du mal ? Comment ne pas entrer en indifférence avec l'autre si l'on pense qu'il n'y a ni bien ni mal absolu ?
Viktor Frankl a bien montré que ceux qui tenaient le mieux dans les camps de concentration étaient ceux qui parvenaient à donner un sens à leur vie, un sens à leurs souffrances ( http://j.mp/NC59dy ). Or, comment - sérieusement - donner "un sens infini" à l'homme sans transcendance ? Comment passer de l'espoir trompeur à l'espérance salvatrice ( http://j.mp/135x1ZN ) ?

Je crois que le baptême est une chance, un signe, un soutien ; jamais "rien", même si invisible. Peut-être pas indispensable, mais infiniment fécond. Et qu'il faut nous efforcer, avec toutes nos pauvretés, avec toute la pauvreté de nos mots, de doter le plus de personnes possibles de ce viatique, afin de favoriser "une foi qui pousse vers la vie, vers les autres, vers la joie, vers un “soi-même” audacieux dans un monde en devenir, vers un Dieu qui croit en soi".
Amen :)

9. Le lundi 2 décembre 2013, 15:37 par Anna

David, ton présupposé me dérange. On peut très bien éveiller ses enfants à la foi sans faire pour eux le choix du baptême. On peut aussi d'ailleurs les faire baptiser comme une formalité sans jamais leur en reparler...

10. Le lundi 2 décembre 2013, 16:51 par corine

@Vieil Imbécile: je me suis peut-être mal exprimée: je ne le crois pas, je le vois. Les amis athées ne me semblent pas plus démunis que moi face au mal, à la souffrance, à la mort: pas plus, pas moins. Mais il faudrait leur parler, les rencontrer et parler de tout cela, ailleurs qu'ici . Le billet de David ouvre les discussions et y répondre ici en quelques mots est bien trop loin du complexe du sujet :-) .

11. Le lundi 2 décembre 2013, 16:54 par Vieil imbécile

@Anna Éveiller à la foi sans baptême ? oui, bien sûr, mais avec un problème de cohérence : ce choix de la foi, de la confiance en Dieu (on ne croit pas À Dieu, on croit EN Dieu), je t'y éveille, mais je fais le choix de ne pas te plonger dedans, marquant là une sorte de défiance en Dieu. Un baptême comme une formalité ? oui, au niveau humain ; mais au-delà, l'appel à la Grâce, la main de Dieu posée sur l'enfant, la renaissance à la vie nouvelle, la source infiniment désaltérante, la venue du Mystère, la confirmation de la filiation, l'Incarnation actualisée...

12. Le lundi 2 décembre 2013, 17:01 par Vieil imbécile

Ne vous agacez pas, hein, l'abbé ! Je ne réponds pas à votre place, je place juste le grain de poivre d'un vieil imbécile pontichiant...

13. Le lundi 2 décembre 2013, 18:01 par PV

Ce qui est d'ailleurs demandé au baptême, c'est la foi (Que demandez-vous pour vos enfants?... cf. le rituel). Avec en toute logique par la suite (ce qui n'est pas toujours évident à faire comprendre dans les prépa baptême) pour les parents le devoir de la faire grandir.

14. Le lundi 2 décembre 2013, 20:28 par Anna

@Viiel Imbécile : l'antispam de David a mangé la première version de ce commentaire où je disais en gros que pour moi il ne s'agit pas de défiance envers Dieu mais de confiance au contraire, en mon enfant qui saura trouver son chemin bien mieux si je ne l'y pousse pas trop fort, et en l'Esprit qu'il entend ou entendra un jour.

15. Le lundi 2 décembre 2013, 20:55 par Isabelle

"je ne dis pas que tu as forcément tort, mais…
sache que tu n’as pas nécessairement rendu sa tâche facile"
Rien à ajouter. Merci.

16. Le lundi 2 décembre 2013, 21:13 par Vieil imbécile

@Anna N'est-ce là un défi à Dieu ? Lui dire que votre enfant s'en sortira seul, sans Sa grâce sanctifiante ? Ne pas accepter de reconnaître que votre enfant, comme nous tous, est bien faible et qu'il a vraiment besoin de l'aide de Dieu, cette aide que le Christ Lui-même a réclamée par l'entremise de Jean-Baptiste ?
Certes l'Eglise reconnaît la primauté de la conscience éclairée newmanienne, mais c'est aussi se priver de la sagesse de cette même Eglise qui nous recommande chaudement le baptême des petits enfants pour les armer dans leur chemin vers Dieu. "Désormais tu fais partie de son peuple, tu es membre du Corps du Christ, et tu participes à Sa dignité de prêtre, de prophète et de roi". Pétard, c'est pas rien :)

17. Le lundi 2 décembre 2013, 23:33 par Laurent

@vieil-imbécile : Ne pas faire baptiser son enfant n'empêche pas de reconnaître qu'il a besoin de l'aide de Dieu. C'est plutôt reconnaître qu'en dernière instance le baptême est une affaire entre lui et Dieu. Personnellement je prie chaque jour pour mon fils et j'espère de tout mon coeur qu'il prendra la décision du baptême, signe visible d'une foi qu'il aura placé en Jésus - Christ.

18. Le mardi 3 décembre 2013, 00:03 par Vieil Imbécile

@Laurent C'est toute la vision des sacrements qui est en jeu... le baptême est-il le "signe visible d'une foi", c'est-à-dire - si je ne trahis pas votre pensée - signe pour autrui et pour soi de la réalité de notre foi ; ou bien est-il à la fois "signe visible d'une foi" ET signe de la Main Miséricordieuse de Dieu posée sur nous. Un signe du même ordre que le sang de l'Agneau sur la porte des Juifs en Egypte, j'aurais envie d'écrire. Dans la deuxième acception, le plus tôt cette Main est posée, le mieux ce sera, me semble-t-il.
Après... David est bien plus sage que moi... "Je ne dis pas que tu as forcément tort, mais..." :)

19. Le mardi 3 décembre 2013, 06:56 par David

@corine: je crois que notre différend sur ce sujet vient de ceux que nous rencontrons, et à quel moment nous les rencontrons. je ne doute pas de la qualité de la proposition de nombre de parents. Je crains de ne pas réussir à douter de la non proposition de pas mal d'autres. Le baptême n'est pas tout, mais il est un commencement, et il met le Christ au départ, et pas au bout de la quête. Pas de souci, il devra y être tout de même. Simplement voilà, pour les recommençants, pour les baptisés de la 11e heure, le parcours, parce qu'il n'est pas inscrit mais se surajoute sera souvent plus douloureux. Et si la rencontre ne s'est pas faite grâce à des rencontres, des chrétiens heureux, des communautés chrétiennes accueillantes, je te promets que les questions de qualité de vie (autrement que sur le plan matériel ou bienêtriel) se poseront quand on ne pourra les éviter. Tu sais, il y a beaucoup de gens qui ne choisissent rien. Même pas de se mettre en couple. "ça s'est fait". Ben le "ça s'est fait", ça résiste super mal au sens qui disparait. Je ne t'en veux pas de ton admiration et de ton optimisme, ne m'en veux pas de regretter qu'on fasse souffrir inutilement. 

@PV: oui, c'est un beau cadeau de mettre la personne du CHrist au début de la vie d'un enfant, et qu'il prenne sa place tout au long. 

@anna: comme prêtre, et touché par le Christ, tu ne m'en voudras pas que je pense au baptême comme début d'une vie avec le Christ, comme lieu d'une possibilité de fond, comme appel à aller plus loin. C'est comme quand je m'inquiète que les gens ne viennent pas à la messe. On pourra me dire (tout le monde le dit) qu'on peut croire sans venir... Certes. Mais c'est se priver d'un soutien qui dépasse notre seule volonté, initiative. 
Toute la subtilité repose là, c'est de sortir de "c'est mon choix, je choisis ce que je veux, je mets le sens aussi" pour devenir un "le Christ a transformé ma vie". C'est con, ce souci des prêtres de mettre de l'altérité profonde dans la question du sens. 
je ne dis pas que les autres ne l'ont pas. Je dis juste que "ma" quête du sens est bouleversée parce que je me suis découvert "cherché". 

@Corine: dans la même veine, bien entendu, des hommes et femmes non chrétiens ou non baptisés sont tout aussi capables de vivre avec le deuil, la mort, la souffrance ou l'expérience du non sens. 4000 ans de philosophie sont là pour le dire, sept milliards d'hommes et de femmes aussi. ça ne m'empêche pas de croire que le Christ vient y déposer une lumière qui irradie mes butées. ça m'empêche encore moins de croire que cette lumière a pour but de me faire vivre, et qu'elle est orientée moins vers la gestion de la peur de la mort, que vers la vie. Or, je t'assure, pour beaucoup, de manière fort pascalienne, on évite le sens, on le divertit jusqu'à ce quil vous terrasse. Et mon Dieu ce que c'est triste. 

@isabelle: voilà. 

@Laurent: ou alors on croit que le baptême, mystérieusement, dépose la lumière de la résurrection et de la filiation divine au coeur de la vie, au plus profond, en deça de qu'on en fait. Pour ce qu'on en fait, la liberté de ton fils sera hautement sollicitée. Ton intelligence pour le rendre sensible et bon tout autant. Bonne aventure. 

@vieil imbécile: vous savez que dans "convaincre", il n'y a pas que le mot "vaincre", hein. :) Quelle fougue. Bon, en même temps je me réjouis que vous croyiez au baptême comme profondément agissant... Simplement, quand on joute, il n'est pas rare que le convaincu se considère surtout comme vaincu, c'est à dire coi, mais pas forcément touché. Parfois, il faut savoir accompagner la certitude en face, d'où mon "je ne dis pas...". Bon cheminement avec nous. 

@tous: le choix de chaque famille est hautement respectable, hein, surtout s'il s'assume dans le temps. Je maintiens la vertu d'admiration. ça n'empêche pas de se désoler de passer à côté d'une source merveilleuse pour la vie, oasis bienveillante...

20. Le mardi 3 décembre 2013, 08:19 par Tigreek

La question qui se pose est celle du sens donné à la vie, pas vraiment celle du baptême. D'ailleurs la réponse protestante se fait plus nuancée, cf les mots de Laurent (on n'a pas parlé de la tradition de "présentation" qui se fait dans les communautés réformées, mais il y a cette forme là qui existe, aussi, d'ailleurs en famille multiconfessionnelle c'est parfois une forme de compromis).

Oui, on peut donner du sens à la vie sans foi, sans baptême, comme le dit Corine. Oui, le baptême donne un socle admirable, inépuisable, inaltérable, une grâce immense faite à chaque baptisé. N'oublions pas, aussi, que nous parlons entre gens cultivés, ayant une connaissance certaine de pans entiers de théologie que le "croyant lambda" ne discerne pas (et je dis ça hors de tout jugement de valeur, c'est une simple constatation). Et en ce sens je rejoins David, le baptême, même s'il paraît simpliste, voire dérisoire à certains moments, constitue un outil efficace pour inscrire le début du chemin offert à chacun...

Dans tous les cas, c'est à nous de faire vivre notre baptême, et de donner envie de venir boire à la source ! ;)

21. Le mardi 3 décembre 2013, 09:08 par Vieil Imbécile

Et le rouge renard cloua le bec du noir corbeau... Pardonnez-moi, amis en Christ, de cette pitoyable impression de vouloir vaincre que j'ai donnée, j'en fais un fromage...

22. Le mardi 3 décembre 2013, 09:14 par Anna

David, que fais-tu alors des protestants qui proposent le baptême à leurs enfants quand ils sont capables de le comprendre ?
Et puis quand je vois des gens autour de moi faire le choix de l'apostasie "parce qu'ils ne veulent plus qu'on les compte comme catholiques", je préfère laisser à mes enfants un choix positif qu'un choix négatif...

23. Le mardi 3 décembre 2013, 09:51 par David

@Anna: globalement, sur ce coup là, je m'en cogne un poil, hein. Parce que sinon, faut aussi m'objecter les orthodoxes qui s'embarrassent moins en baptisant-premièrecommunion-confirmation à la naissance, hein. (c'est pas parce que qqn pense pas comme moi que je dois ne plus rien dire). Sans parler de la dimension "étendue" du baptême. Je pense naturellement au baptême républicain, ou à la circoncision d'un petit cousin, parents musulmans, qui avait donné tant de "baptême du petit" dans les discussions familiales. Bref. Sérieusement, je ne me sens pas tenu au consensus mou parce qu'un frère ne pense pas comme moi. D'ailleurs ça tombe bien, régulièrement, ma soeur elle même ne pense pas comme moi (et réciproquement)
et bien sûr que cela pose des questions en tous genres. Je vous rappelle, pour info, que le but de ce billet est justement de se poser la question et de ne pas trop tôt l'évacuer.

@tigreek: +1.

24. Le mardi 3 décembre 2013, 09:58 par Anna

Oh, mais je ne l'évacue pas. Mon mari et moi avons fait un choix en conscience, je respecte tout à fait celui des parents qui en font un autre. Et j'entends ce que vous dites, mais il me semble que ce billet pourrait aussi bien s'adresser à des parents qui font baptiser leur enfant sans "donner suite", si on peut dire, sans les emmener à la messe, leur parler de Jésus, de Dieu, de leur foi. Ces enfants-là aussi se trouvent bien démunis quand la question du sens se pose douloureusement. Le baptême peut être une première étape, mais il ne suffit pas, et l'Esprit sait très bien parler aux non-baptisés quand Il veut.
Pour préciser les raisons de notre choix il faudrait que j'entre dans des détails personnels que je n'ai pas envie de rendre disponibles à tous. Si ça vous intéresse, je peux vous envoyer un mail, cela dit.
(Je me rends compte que j'ai peut-être été un peu plus virulente que je l'aurais voulu, pardon ; pas toujours facile de faire passer sa pensée et l'humeur qui va avec en texte seul...)

25. Le mardi 3 décembre 2013, 10:02 par David

@Anna, je ne juge pas j'interpelle et j'imagine que votre décision est pesée. Ce n'est pas toujours le cas (comment ça je me répète?) (et oui, bien sûr, la suite compte vachement)

26. Le mardi 3 décembre 2013, 22:52 par nicole 86

Juste parce que nous sommes entrés en avent, j'ai envie de rendre grâce à l'Esprit qui a inspiré le billet et (un peu) aussi les commentaires, sans oublier de remercier "le curé" qui l'a écrit sans renâcler.

27. Le mercredi 4 décembre 2013, 20:59 par antoine

Mon Dieu, que tout cela est penible a lire et sent le moisi. Il faut ouvrir les fenetres... Jesus a essaye, mais il n'a pas fait carriere dans l'Eglise...

28. Le mardi 17 décembre 2013, 10:44 par le voyageur

Mais qu'est-ce que le baptême ? Un acte magique ? Un contrat d'assurance garantissant le ciel ? Un laissez-passer pour être au premier rang le jour venu ?

Et qu'est-ce que c'est que cette manière quasi méprisante d'estimer que ceux qui ne sont pas catholiques seraient incapables de donner un sens à leur vie ?
Moi qui ne suis pas catholique, dois-je aller me pendre ?

Je crois qu'avec vos discours boutiquiers, vous êtes largement en dehors de toute une réalité. Que les choses soient claires : j'aime Jésus. Je lis l'Évangile. Je m'en nourris. Mais il y a belle lurette que j'ai quittée toute religion car, comme dit Simone Weil - 1909 -1943 : « Il est écrit que l’arbre est jugé à ses fruits. L’Église a porté trop de fruits mauvais pour qu’il n’y ait pas eu une erreur au départ. »

Pourquoi prétendre que quelqu'un qui n'est pas « des vôtres » n'aurait pas une relation à la dimension de transcendance qui habite chaque personne humaine ? Je lis ici à ce sujet et de ceux qui ne font pas partie de vos adeptes, des propos dépourvus de « toute charité chrétienne » pour reprendre votre jargon.
C'est bien dommage !

Fort heureusement, Jésus a libéré l'homme de toute religion. Fort malheureusement, les hommes ce sont empressés d'en créer une en se revendiquant de lui.
À défaut d'un sauveur, on a eu une institution pléthorique dont les frasques ne sont plus à démontrer.
Bilan : partout sur la planète on continue et continuera à mener des guerres de religion. Voir l'actualité avec la Centrafrique… Entre autres…
Lamentable.
Je retourne méditer l'Évangile, là au moins, fréquenter Jésus m'approfondit, m'invite à tous les possibles, me fait croire en l'homme qu'il est, me fait croire en l'humanité s'humanisant lentement mais sûrement.
Vive le fils de l'homme !
À bas les religions !

29. Le mardi 17 décembre 2013, 11:57 par David

dont acte. 

30. Le jeudi 26 décembre 2013, 16:31 par M-Th

Impossible de commenter pour Emmanuel ...
Sa vie lancée vers le ciel y est arrivée ... il est là dans notre prière de Noël
merci de nous l'avoir confié.

31. Le mardi 7 janvier 2014, 13:58 par Agatheb2k

Que de doutes tout d'un coup entre le 28ème commentaire et le dernier billet, alors qu'après la tempête, le soleil est revenu...
Zoé n'est pas baptisée, sa mère y est farouchement opposée, je lui souhaite de trouver un jour son pilier d'église miraculeux...

32. Le mercredi 8 janvier 2014, 08:43 par Tigreek

@Agathb2k : Zoé a déjà un bon point... Son prénom ! "La vie", en grec, quoi de plus significatif ? ;)

33. Le vendredi 10 janvier 2014, 14:07 par Artémise

Un billet qui résonne en moi... Mariée avec un non-croyant - baptisé et marié à l'Eglise quand même :) - je viens de lui demander si nous pouvions faire baptiser nos deux enfants de 23 et 3 mois. Il a dit oui mais il se pose des questions, de même qu'il a dit oui lorsque je lui ai demandé si je pouvais les emmener à la messe. Il me dit que plus tard il risque de s'opposer à ce qu'ils aillent au catéchisme et à la messe - sauf s'ils le demandent expressément, m'a-t-il dit. Bref. C'est compliqué. J'ai laissé passer du temps (au grand dam de ma mère qui trouve scandaleux que ça ne soit pas encore fait) pour ne pas le brusquer. Pour ne pas faire de forcing. Par faiblesse, peut-être, mais aussi parce que je comprends ses doutes et que j'accepte sa non-croyance.
Enfin, merci pour votre texte.

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