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#ONLR, ni personne surtout.

A avoir grandi dans un chef lieu de canton tout ce qu’il y a de plus rural, j’ai appris un peu de musique dans un appart de rez-de-chaussée de la cité d’automne (qui était la cité pour les vieux, sic) sans trop de sérieux, ni trop de solfège en fait. Tant et si bien que je compte encore les notes sur la clef de fa, et je bricole le rythme, je pose mes doigts sur la guitare là où on m’a dit de le faire et j’anone quelques arpèges de temps à autres. J’ai même été fier de jouer de la flûte à bec. Si. Mais attention hein, de la flûte alto aussi, avec les doigtés tout décalés, là. 

Bref. J’ai toujours été trop nul en solfège et en sérieux pour y connaître grand chose en musique. C’est pas pour autant que je n’ai pas les oreilles et les tripes qui frisent quand une castafiore liturgique dispute à l’orgue les variantes en 1/8e de ton sur la note, et tout autant quand un stentor massacre allègrement un morceau qu’était déjà pas joli joli. Je n’ai pas l’oreille absolue, mais un poil sensible quand même. D’ailleurs, il m’arrive même de tiquer quand l’organiste d’occasion décide que les touches noires ou blanches, c’est un peu pareil en fait, ou décale artistiquement les accords d’une ou deux mesures.

Note que c’est un peu con de ne rien y connaître en quelque chose, parce que connaître pimente le goût et donne de la profondeur. Je partage cette opinion sur le grec, l’hébreu, la cuisine moléculaire, la théologie de Thomas d’Aquin, les lunettes d’Edmond Prochain, la peinture à l’huile, les grandes idées de plein de gens. En musique, c’est pire ça prive de tout un tas de métaphores tout à fait édifiantes pour la foi.

Par exemple, si je veux obtenir un accord (et déjà on peut sentir le double niveau de lecture)

- Il faut une idée fondamentale
- développée sans omettre une tierce personne qui lui est supérieure. Cette tierce personne peut être majeure (et affirmée) mineure (et plus sensible). La tierce instaure une distance avec la violence de la fondamentale.
- on trouvera encore une quinte, comme une conséquence fixe, pour les autres, de la fondamentale.
- Et puis il y aura des variations qui enrichiront l’accord.

Dans n’importe quelle idée, n’importe quelle décision, n’importe quel accord, on ne peut jamais négliger le tiers qui doit toujours lui être supérieur.

la fondamentale seule n’existe jamais.

Alors ces fondamentales qu’on se balance à la tronche, ou au nom desquelles on crie ou décide, sans tierce ni quinte, elles ne me semblent pas capables de produire ni accord, ni harmonie, ni quoi que ce soit qui me grandisse. Et dans chacune de mes décisions, que mes fondamentales ne se départissent jamais ni des tierces qui les conditionnent, ni des quintes qui en donnent la richesse.

Commentaires

1. Le dimanche 2 février 2014, 00:22 par Zabou

Écho ? http://www.kaamelott.info/livre-2/2...

2. Le mardi 4 février 2014, 10:27 par Taloche

...Et le tout peut donner un accord parfait, mais si l'on file la métaphore, j'en doute beaucoup.

3. Le mardi 4 février 2014, 10:37 par David

si l'on n'obtiendra jamais l'accord, on n'est pourtant pas dédouané de donner, dans chacune de nos décisions ou de nos échanges, de la place inaltérable du tiers (supérieur).

4. Le vendredi 7 février 2014, 21:34 par pascalou

Et ainsi d'un accord mineur on passe à un accord majeur ! C'est plus joyeux les accords majeurs. Mettez des dièses dans vos vies ! Et notez qu'en musique comme à la belote la tierce rapporte des points.

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