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passe ton deuil d'abord

« Il faudrait que tu y arrives à ne plus y penser, et finir ce travail de deuil »… les proches nous enjoignent bien souvent à passer à autre chose, rapidement, après le décès d’un être cher. C’est souvent très difficile d’ailleurs tant on n’a ni les outils, ni les ressources pour réussir ce fameux « travail ». Il n’empêche, le deuil, le manque, et cette cicatrice intérieure n’ont pas beaucoup de place dans notre société, dans notre vie, dans le modèle de bonheur qu’il est bon que tout le monde ait.

Le modèle ambiant résonne bien avec le mot que l’on entend parfois dans la bouche de plus jeunes « ça va ? trop ! »… Pour être heureux, il faut l’abondance, l’abondance de biens, l’abondance de relations, l’abondance de tout… et le manque, la peine et ce qui ne peut se remplir trouvent difficilement leur place. Comme nous n’arrivons que rarement au « résultat idéal », la solution proposée est alors de sortir, de s’éclater, de remplir ses soirées à force de bruit et d’alcool, et tout semblera, provisoirement, plus léger.

Faut-il pour autant se résoudre, comme on nous y invite implicitement, à évacuer la vie quand elle est moins facile, évacuer la mort comme on a évacué les morts ? Dans une société pourtant sans tabous, elle est devenue une grande muette, qui fait peur, et qu’on doit cacher… Ne doit-on garder dans son cœur que ceux qui sont bien, qui vont bien, qui peuvent nous remplir de leur amour ?

Le Christ, en passant au travers de la mort, pour nous dire la fidélité de Dieu au-delà de tout ne nous invite pas à une humanité dont on a oublié le moins riant, le moins brillant, le moins souriant… Le Christ nous invite à nous remettre, tout entier, avec nos « pleins et nos déliés », avec nos richesses et nos fragilités entre ses mains, pour y découvrir que nous sommes appelés à être bien-heureux, appelés à une unité qui n’oublie rien, personne, et qui prend en compte l’homme de sa naissance à sa vie éternelle…

Dans la prière, nous faisons cette expérience de cette unité face à Dieu, un moment où l’on peut se recentrer, se « concentrer » et expérimenter qu’il nous aime entièrement, avec nos forces et nos manques… Mais plus encore, quand nous prions avec les autres, les dimanches, nous découvrons que cette unité se joue dans la communion de tous, les vivants et les morts, dans une unité qui dit notre profonde identité…

Alors, n’hésitons pas à répondre à l’appel du Christ à nous laisser unifier par Lui. Vivre heureux, c’est ne pas oublier la fidélité à ceux qui, par leur amour, nous ont édifiés…

(billet pour la presse de la manche, dimanche prochain)

Commentaires

1. Le dimanche 2 novembre 2014, 08:44 par David
  1. paru2nov dans la Presse de la Manche.
2. Le lundi 3 novembre 2014, 22:01 par Anne So

Merci !

3. Le mercredi 5 novembre 2014, 03:58 par Nanegrub

Un merci tout particulier pour ce billet !

Non, faux ! La cathédrale de Coutances n'est pas la plus belle du monde; c'est celle de Strasbourg qui est la plus belle...Comment t'as fait pour deviner que j'habite en Alsace ??? :)

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