La SNCF n’aime pas trop le clergé
(ou alors simplement les gros prêtres cools),
elle ne simplifie plus du tout les trains vers Lourdes (c’est le moins qu’on puisse dire),
ET ne propose jamais de trains aux horaires qui pourraient être utiles à un prêtre cherbourgeois ayant une réunion matinale à Orsay. Bref, j’allais, samedi, encore une fois, me retrouver à aggraver le réchauffement climatique et les trous dans mon budget et mon énergie en roulant, seul, vers Paris. Mais la fatigue et la semaine à venir tendaient discrètement à chercher des pis aller. C’est alors, qu’ex-jeune, je me suis souvenu que j’avais envisagé de faire du covoiturage, façon conducteur, afin de ne pas faire plein de kilomètres seul. Mon emploi du temps étant particulièrement bordélique, je n’avais jamais trop réussi à organiser un voyage mais il était temps de vérifier l’inscription.

Miracle (dirait un charismatique), un chauffeur effectuait un parcours quasiment idéal à des horaires quasiment pas trop mal… J’optais donc pour les économies et le lever matinal. Quelques sms plus tard, je me retrouvais passager, menant une conversation épisodique aussi molle que matinale. Avec le lever du jour, la conversation se fit plus précise. Je m’en étais douté, covoituré, il était impossible de taffer (argl). Puis vint LA question, normale, banale, anodine.

“et vous faites quoi dans la vie ?”

puis deux heures de conversation dense sur la foi, les engagements, les jeunes, les valeurs, la messe, les moines, etc.
Bel échange, profond, juste.
et juste un peu plus rincé après Clignement d'œil

au retour, point de train encore, 2e covoiturage, plus roots, 4 dans la voiture, départ 19h.
La question “et tu fais quoi dans la vie” tomba à 19h20. 
on est arrivés à presque minuit.

trustman

petits lieux de rencontres en déplacements, d’échange, à très courte distance,
le dialogue y est soutenu, l’espace restreint, les échappatoires rares, même quand ça dérape un peu. (alors que dans le train, l’espace permet d’interrompre délicatement la conversation au bout d’un moment, quand il risque de ne plus tant avancer)

et le Seigneur nous conduit sur ses chemins.

Commentaires

1. Le mardi 16 décembre 2014, 00:47 par Laurent

J'ai eu la même expérience en me rendant à l'enterrement de mon grand-père, à ceci près que j'étais le conducteur. Et le même réflexe aussi : j'en ai parlé sur mon blog ;)
En tout cas c'était chouette.

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