Don de soi - edito journal de Pâques

Noémie, 24 ans, dans un bidonville de Jakarta. Bernadette, 80 ans, au téléphone. Sébastien, 40 ans, lisant à l’enterrement de son grand-père. Michel, 90 ans, embrassant son fils. Timéo, 9 ans, qui tient la main de sa maman. Bénédicte, 30 ans, qui sourit alors que sa chimio la transperce. Lucien, 85 ans, qui attend le coup de fil de son fils fâché. Daniel, 60 ans, qui parle de sa foi. Matthieu et Claire, à peine cinquante ans à eux deux qui s’engagent pour la vie. Michel et Jeanne, qui célèbrent leurs 68 ans de mariage. Marie, presque 40 ans, qui court tout le mercredi pour que ses enfants puissent faire leurs activités. Monique, 95 ans, qui prie fermement. Fleur, trois ans, qui prie tout autant. Roger, qui ne se plaint pas de sa goutte. Et Colette qui vous a apporté ce journal. Paul, qui veut s’engager en politique. Didier, qui fait avec toute l’équipe, le plus beau char de l’année.

Il faudrait prendre le temps de raconter tous les héroïsmes ordinaires de ceux qui choisissent de donner, alors que tout devrait les inciter à se replier, se calfeutrer, et renfermer la violence en soi, au risque de se faire défigurer. Ils ouvrent, sans prétention, une de ces trouées dans notre quotidien où perce une chaleur solaire et salutaire.

Dans la fête de Pâques, les chrétiens célèbrent Jésus, sa vie donnée, gratuitement, dans un temps tout aussi violent. Ils célèbrent aussi la fidélité d’un Père pour son Fils, et la Bonne Nouvelle que les ténèbres ne peuvent éteindre, quoi qu’il arrive. Une Vie, une Fidélité, une Espérance. Les chrétiens ne sont sans doute pas franchement mieux que tout un chacun, ils sont juste censés laisser cette espérance transformer leur vie, et aider à ce qu’elle se déploie tout autour d’eux.

Belle fête de Pâques à chacun.

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