Aller à la recherche

dimanche 28 octobre 2012 18:27

la Bible essoufflée

Il n’est pas rare, quand je dois Saint-Lazarer (attendre longtemps – trois jours en moyenne – que la SNCF fasse quelque chose pour moi), que je fnacque à proximité quelques dizaines de minute. J’erre, louchant sans envie sur les objectifs photo monstrueux, sur la macboukisation du rayon informatique et ses fameuses promos à 2400 euros, ou glissant un sourcil désabusé sur les meilleures ventes poche et bédés. Je vais systématiquement explorer les nouveautés du 9e art et jeter un œil sur le rayon ésotérisme et religions. Je n’y trouve jamais rien de bien, mais ça donne une idée assez claire de ce qui sort de pas terrible[1] .

Cette fois-ci, ce fut un minuscule opuscule pochocompatible qui agrippa (et héroda) mon regard : Les Plus Belles Paroles de la Bible, aux éditions First, dûment sélectionnées et retraduites par Eric Denimal, pasteur de son état et auteur de la Bible pour les nuls. Pour moins de trois euros, vous avez en poche le nec plus mieux de la Parole Divine, classé par thèmes[2] , version first éditions.

Vous l’avez peut être deviné (la collection s’appelle “le petit livre de Culture générale”), c’est un petit live-coach biblique, avec plein de sentences pleines de bon sens gentillet… ne manquent plus que les gifs animés de cœurs, de colombes et d’étoiles pour l’agrémenter. Rassurez-vous, il n’est pas question d’amour de l’ennemi, de feu sur la terre, d’égyptiens terrassés emmerdés, et Jésus ne parle que d’amour et des petits kawai.[3On avait pioché jusqu’alors dans les philosophies exotiques orientales de quoi équilibrer sa vie, et on découvre là que la Bible aurait quelque chose à dire à l’homme d’aujourd’hui. Enfin, pas vraiment à dire, mais un fatras de jolies-citations à étaler dans lesquelles on pourra puiser abondamment des aphorismes qui illustrent joliment nos choix options de vie bien-être.

J’ai embarqué le machin, sans le voler (le vol, c’est pas bien), et l’ai parcouru avec abnégation. J’imagine qu’il y a deux manières de le recevoir: les yeux embués d’émotion devant tant de vérité humaine, mâtinés de “oooh oui, je vais faire ça” ou atterré devant la vertigineuse ascension d’une telle perfection humaine. J’ai été profondément déçu, pour ma part. Il manquait… TOUT, ou plus exactement l’essentiel. On y parle de Dieu qui aime l’homme, de l’homme qui est bon, de comment être bon, de … Mais Dieu n’y parle pas.

Ma Bible n’est pas un recueil de sentences gentillettes, elle est révélation de Dieu pour l’homme, révélation de sa Parole faite homme, révélation d’un Fils qui se fait don, jusque dans la pauvreté de nos humanités. Ce n’est que parce que je découvre cette initiative de Dieu pour l’humanité et pour moi, sa miséricorde, son appel, la révélation de l’humanité libérée en profondeur, le souffle de l’Esprit que je m’engage sur ce chemin de don. Pas parce que c’est gentil.

Alors, first éditions, ton digest Bible Kawai à 3 euros, tu peux le remballer, il ne me parle pas. Or c’était justement tout l’intérêt[4] .

Blogdavidlerouge-13

Notes :

[1] sorties en "office" mises à part

[2] pour quatre centimes de moins, tu peux avoir aussi le Digest version Taizé du Nouveau Testament… mais les choix de Taizé sont exactement motivés par une cohérence opposée à celle de First Editions.

[3] impossible d’aborder l’amour des ennemis, ou la vie donnée pour celui qui te hait, c’est pas humain.

[4] “acclamons la Parole de Dieu, Louange à toi Seigneur Jésus” et pas “oooh comme c’est mignon”.

vendredi 1 juin 2012 09:40

Prière de ne pas me roucouler dans l'oreille

Je tiens à mes neurones. J’en ai pas assez et ne suis pas sûr de vouloir les laisser en viager à qui que ce soit. Je n’ai jamais bien compris comment ils fonctionnent mais me garderais bien, comme firent les grecs en associant les éclairs à Zeus, d’y voir une mécanique divine. Bien sûr, je prie, avec tout ce que je suis, je prie en me tenant en la présence de Dieu, en élargissant l’espace intérieur pour y écouter sa Parole, pour y laisser rayonner son amour et sa lumière, pour apprendre à agir en conséquence. “Ô Toi qui es présent dans le fond de mon cœur, laisse-moi te rejoindre dans le fond de mon cœur”. Je prie l’Esprit de me donner l’intelligence des Ecritures, je lui demande de m’aider à bien connaître Dieu… et à rester juste.

De là à parler d’inspiration, je me tâte. Je me demande même si, quand on évoque ce sujet, on ne serait pas, parfois, à deux clics d’un énorme cliché.

En version conscience, ça pourrait ressembler à un dessin animé, ou à une scène de Pirate des Caraïbes… un petit être vaguement cornu ou ailé qui batifole à deux pas de vos pavillons, et vous susurre vos bonnes ou surtout vos mauvaises actions, une personnification de la bonne ou mauvaise conscience, toute extérieure à soi. Nous sommes le ring d’un combat, avec l’autonomie intellectuelle du ring. C’est pour la version “décision”. Le thème se décline d’ailleurs assez bien, en version intracrânienne, avec la version de Lars Von Trier dans Breaking The Waves: L’héroïne, passablement allumée, parlait à Dieu avec sa petite voix et des larmes dans les yeux, dans le bizarre de sa vie tourmentée, et elle se faisait elle même les réponses, avec une grosse voix toute pathologique en reprenant les mots indigestes et acérés du Pasteur.

pssst

Dans la version inspiration, c’est la colombe, ou le petit Jésus à califourchon sur votre épaule, et qui vous dicte ce que vous avez à dire, les paroles qui toucheront. Dieu se sert du prédicateur, en court-circuitant son cerveau et susurrant “la” Bonne Parole. D’ailleurs, avec une telle vision, on imagine assez facilement les évangélistes soufflés par les mêmes bourrasques. “Ecoute ce que l’Esprit di(c)t(e) aux Eglises”.

Sans aller jusqu’à ce cliché, j’ai pourtant l’impression, quand j’écris mes homélies, que mes neurones sont passablement verrouillés, et peu sujet à manipulation spirituelle. Je choisis, pense, préfère les mots que je vais utiliser. Je n’attends pas qu’ils me tombent dans l’oreille. Les mots viennent de mon écoute de la Parole, que je sers, les mots viennent de mon attention au peuple auquel je vais devoir faire entendre la Parole, que j’écoute aussi, les mots me viennent de choix, d’audace, d’humour, d’écriture. Dans MES synapses.

Mais alors, quid de l’Esprit Saint? Il est présent tout le temps, et plus encore.

C’est avec lui, comme tout un chacun, que je peux comprendre un peu Dieu
C’est avec lui, que je prie, dans l’audace de sa présence
C’est avec lui, que je reste serviteur et adorateur de ce même Dieu

C’est lui qui se saisit de mes mots, de mes mots choisis, et fait que tel ou tel touche. Non pas que j’aie été télécommandé, mais parce qu’il donne la fécondité. Il prend les choses comme il prend les mots pour en faire des signes. ça, je ne peux le faire. Je ne peux que donner. Lui, il donne la profondeur et la justesse que je ne saurais deviner. Et c’est très bien ainsi.

Ainsi, même quand je suis mécontent du propos, untel vient nous dire qu’on a touché juste, ou quand on est content, qu’on a bien cerné le mystère, un autre vous dire “rien compris” “bien aimé ton petit exemple ridicule” ou rien.

Une homélie s’écrit, avec toute l’intelligence du prédicateur, sa foi, sa vie, sa plume. On ne peut pas plus. L’Esprit, lui, lui donne sa fécondité (bis, je sais, mais tout est là)

lundi 9 avril 2012 23:06

un*

Je suis resté bloqué un bon moment, un long moment même. J’avais cette flamme dans les yeux, et la tête ailleurs, quelque part dans l’univers des images circonscrites par les lectures. J’avais pourtant papillonné tout le carême, pas complètement à ce que je faisais. J’avais dû plonger directement dans la semaine sainte, trop peu préparé pour en attendre quelque chose, mais tendu par chaque instant. Juste là. A vide, même de désir.

J’avais assisté à la Cène. J’avais vibré de la sobre esthétique du vendredi, entre Satie et Pergolèse, et le silence était entré de force en moi, par sensibilité. La belle vibration avait désactivé les habitudes et le professionnalisme de celui qui a préparé et qui doit mener. Des notes ineffables pour me courber au pied d’une croix.

Cierge pascal - pasaj - brassus 2011 - photo sylvie fessard-rivollet

et puis en cette nuit, une simple flamme qui lèche la mèche d’un cierge démesuré. Les croisées d’ogives avaient été furtivement nimbées d’une lueur légère quand chacun, quelques mètres plus bas, avait allumé son propre cierge au cierge pascal. Mais on avait soufflé les bougies. Il n’en restait qu’une. L’exultet avait cessé de faire vibrer les piliers. Une simple flamme.

La Genèse, dans l’obscurité, donne des envies de lumignons, de voûte à consteller, d’espace à habiter. On se croirait en pleine littérature, les mots construisent un univers, la Parole dessine le mien. Et sous les yeux, toujours une seule flamme apaisée, imperturbée. Puis dans les eaux une première traversée, puis la tendresse d’Isaïe… toujours entre ombres et lumières, nuée ambiguë, sombre et lumineuse.

Les mots continuent d’étendre l’espace de la rencontre, et je me rassemble à l’intérieur, tout en me sentant membre de ce corps à l’écoute. Du dedans, la présence du Christ, sa résurrection impriment leur évidence, leur actualité et leur acuité m’apaisent. Je sais que cette évidence ne le sera pour personne sauf pour moi, mais cette vérité que le monde dédaigne et humilie me semble d’une douce pertinence. J’ai encore plus envie de vivre, là, dans cette zone de frontière entre justesse cohérente de l’intérieur et justice bienveillante du quotidien. Dans cette lumière unique, quelques traces et reflets de transfiguration.

Le reste est du même allant, les cloches, les fastes des orgues, les volutes des Alléluias, les fragrances du saint chrême qui oint les fronts des cinq jeunes baptisés du matin, le sourire qui se déploie sur eux, la finesse du chant de la chorale.

A Pâques, je suis homme unifié.

*deux lettres, deux dimensions, en symétrie centrale, rondes et réceptacles à la foi(s) pour que l’homme, par le Christ, se découvre être "un" de plus en plus, lui aussi.

lundi 7 novembre 2011 12:10

mon cher Ivan

Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés "sans saveur"

Par Ivan Rioufol le 7 novembre 2011 8h30, le figaro

Les curés sont majoritairement prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique:"L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

Cet aveu d'un conformisme ecclésiastique est évidemment bien tardif, en regard des avancées de la déchristianisation et de la lassitude de nombreux catholiques (dont je suis) face à un clergé pusillanime et politiquement correct, même si je sais qu'il abrite de belles et courageuses personnalités qui œuvrent le plus souvent dans l'ombre. Cependant, le mea culpa est désormais assumé par l'Eglise et cette contrition est un pas important qui vient d'être franchi. Il est piquant de constater que c'est sous l'influence d'un pape plutôt malhabile dans la communication de masse que Le Vatican a décidé de moderniser sa manière de s'adresser aux gens. Reste que cet appel à rendre plus consistantes les prédications dans les églises n'est qu'un retour aux sources du catholicisme et aux méthodes employées par Jésus lui-même, souvent construites sur la provocation et l'exagération.

Dans un livre remarquablement documenté sur Jésus (1), l'historien Jean-Christian Petitfils rappelle notamment ce que fut l'intransigeance du Christ, sa violence verbale parfois, et son goût pour le style apocalyptique. "On se tromperait, écrit Petitfils, en en faisant un doux missionnaire ou un débonnaire professeur de morale (le Jésus sulpicien!). c'est un prophète authentique qui crie, invective, lance de cinglantes diatribes". Jésus ne craint pas le style provoquant, quand il dit ne pas apporter la paix mais "le glaive". Il jette l'anathème sur ceux qui ont refusé son message ou pour secouer les foules de leur torpeur spirituelle. Il prend à partie ses adversaires: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites (...), serpents, engeance de vipères!". C'est pourtant le même Jésus qui, "compatissant, empli d'une infinie miséricorde, appelle à lui toutes les victimes, tous les blessés de la vie", note l'historien. "Il ne cherche pas à instaurer son règne par la force".

Aux prêtres et aux évêques d'être à la hauteur de leur mission, en cessant d'être des robinets d'eau tiède et des enfonceurs de portes ouvertes. Il y a urgence.

(1) Jésus, de Jean-Christian Petifils, Fayard

mon cher Ivan,

je te remercie de soumettre à mon attention cette dépêche AFP, qui, je n’en doute pas, a su restituer la profondeur et la saveur des propos du cardinal Ravasi, qui, étant du Vatican, comme toi tu es du figaro, engage le propos du pape comme tu engages la position de Sarkozy. C’est vrai, quoi.

Soit dit en passant, tu as raison, et Ravasi aussi, on s’ennuie parfois en homélie. Pas tout le temps, mais parfois. Soit que le prédicateur n’était pas en verve ce jour là, ou pas en verve tout court, mais j’y reviendrai, soit que le texte, déjà, à la base, n’était pas facile facile, soit que j’étais pas super dispo pour écouter, agacé derechef par le tic verbal dudit prédicateur. Si ça peut te rassurer, je m’emmerde aussi souvent en écoutant la radio, lisant les journaux, mais jamais en regardant la télé, parce que je ne l’ai pas. Pire, non seulement je m’emmerde mais il m’arrive fréquemment de penser “ce type est un con, et il parle comme un con, et il ne pense pas”. Et autant je m’enquiquine ferme pendant certaines homélies, autant j’y ai plus rarement ce genre de pensées, même si ça finit par arriver.

L’homélie, c’est un truc récurrent, genre quotidien et hebdomadaire, format court, et où le sujet est imposé par la Parole qu’on sert, et le peuple auquel on s’adresse ((nous les cathos on dit peuple quand tu dis lectorat)). Parfois on est bons, on trouve le fil, l’intuition qui rend le propos intéressant, parfois, non. C’est con, j’ai oublié de prendre l’option “génie” au séminaire. Mais bon. Et puis, on est pas là pour qu’à la fin, on nous dise “chrysostome est de retour, mais pour aider les chrétiens à vivre.” Servir la Parole, le Christ, faire entrer dans la profondeur du propos, c’est pas toujours funky, et on n’y excelle pas tous et tout le temps. Mais bon. SI je faisais de la comm, je prendrais un micro HF, je me collerais en plein milieu du choeur, et je te parlerais au coeur, à toi, oui toi au 2e rang, qui veut être converti par Dieu, je serais enflammé, je serais drôle, je serais délicat, je serais… haï au bout de 3 fois du même numéro. Parce que la messe, c’est pas un numéro de charme, c’est l’espace de la rencontre avec le Christ. L’homélie y conduit, mais pas que. Le rite pose cet espace, les paroles du rite le permettent, et s’il est vrai que parfois la forme est franchement hyper ascétique voire repoussante, le fond n’est jamais dans la forme, que veux tu.

L’autre souci, mon cher Ivan, c’est que si on recrute un journaliste à sa plume, on ne recrute pas un curé à sa langue. On est divers, nous les prêtres, certains sont orateurs et bons orateurs, d’autres fédérateurs de communautés, tâcherons de l’unité, bosseurs en sous main, priants à l’extrême, accompagnateurs de génie… et on n’arrive pas à avoir toutes les qualités. C’est bien simple, il me semble bien souvent que toutes me manquent. On essaie d’être bons, mais bon, on fait c’qu’on peut et parfois c’est pas glorieux.

Alors certes, le coup du robinet d’eau tiède, c’est vrai que ça tue, le coup de la comm’ mal assumée, c’est redoutable, la parole qui manque de feu aussi, mais bon, tu vas pas arrêter d’aller voir ta mère parce qu’elle a un bouton sur le nez, voire une langue de vipère. C’est ta mère, t’y vas, et tu vas même t’arranger pour qu’elle ne tombe pas dans ses pires et détestables excès.

Si les curés te balancent de l’eau tiède, c’est peut être que l’Evangile a suffisamment marqué les esprits pour que ce qu’il dit te “tombe sous le sens” mais pas assez marqué les vies pour qu’on soit encore obligés de faire subtil et de le rappeler. Pire pour les portes ouvertes. OK, on les enfonce, mais toi, tu les franchis?

l’homélie est un art, et nous sommes de pauvres artisans. Je te promets qu’on bosse, certains plus que d’autres à ce genre de sujets, et qu’on brûle encore pas mal… mais ce n’est pas suffisant. J’accepte de me faire tancer, et qu’on me dise que j’ai tapé trop souvent à côté, mais je t’en prie, ne me fais pas le coup du “je suis pas venu à la messe, le curé est pire que la tourtel”, parce que c’est peut être ce dimanche là que la Parole que je sers, comme toi, t’aurait brûlé.

PS: si tu veux plus d’infos, pique à Jean Marie Le Guénois un bouquin auquel je viens de participer, “ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux” qu’on lui a envoyés en envoi presse, ça pourrait te réconcilier avec les curés tièdes comme moi, mais qui y croient encore.

PPS: je sais que ma petite réponse est méchante et beaucoup plus incisive que ton propos qui était bien quand même… mais bon, quand je suis agacé, je dis des gros mots, c’est comme ça. Et puis les gros mots c’est dans le langage informatique et télévisuel du temps, c’est “coloré”. Rouge, en fait. voire “exagéré”.

vendredi 3 juin 2011 10:38

marcheurs de Dieu

Cette année, j’ai été faible, manque d’idée, manque de pistes, j’ai repris pour les célébrations de profession de foi l’idée d’homélie à destination de l’assemblée nombreuse, distraite et parfois remuante qui n’a absolument pas écouté l’Evangile.

 Pdf homélie

bon, pour ne pas céder à la tentation de la recaser l’an prochain, je dépose ici mes pistes pour cette fameuse homélie.

 

Tout est contenu dans un sac à dos pour la vie, une (dé)marche, sac à dos à poser contre un pilier, et à donner en ce jour (ou montrer tout du moins) …

 

les parents, amis, famille sont le bâton de marche, toujours aux côtés, parfois en avant, parfois un peu derrière, toujours fidèle, et vrai soutien du quotidien;

 

on ne se met en route que parce qu’on est appelé à aller quelque part, attendu, invité…

 

 

pour avancer, une carte c’est un ensemble de chemins déjà parcourus par d’autres marcheurs, et les chemins à éviter, et notés par ces marcheurs. La Bible, c’est un peu ça aussi.

 

 

pour se rassurer, trouver son chemin dans la nuit, se réchauffer, une vie intérieure éclairée par la foi

 

 

pour ne pas mourir en chemin, l’eau des
  sacrements, souvent, régulièrement

 

 

pour se protéger des intempéries, une bonne cape de pluie, de valeurs, de morale… avancer dans la paix…

 

 

 

et comme on n’est pas seul, bien souvent, avancer en cordée… au pas du plus lent, en se soutenant !

 

hop, emballé c’est pesé.

samedi 13 mars 2010 17:23

SAD*

url[1] hier, rue Christine
un homme se tenait dans le carrefour
dans il regardait les passants, attentif
et aux jeunes, surtout, à d'autres aussi
il donnait, patiemment, le regard appuyé
de petits livres bleus
que les lycéens, peu habitués au gratuit
recevaient.

le soir à l'aumônerie, pas mal de questions,
c'est qui? c'est quoi? c'est bon?
c'était une Bible, siglée Gideons
traduction libre de droits signée Second
distribuée par un protestant, fidèle à son nom
pro testare, celui qui témoigne, par sa Bible.
"ça va, pour le texte, c'est un NT, vous pouvez garder!"

ce matin, rue Christine,
dans le caniveau
une couverture arrachée et plus loin
une Bible abandonnée.

le don de la Parole, c'est pas mal,
et le témoignage, c'est le début d'une relation
mais derrière, faut assurer le Service Après Don...

mardi 9 juin 2009 19:33

une bien belle messe, msieur l'abbé

Il est de bon ton, à la fin d’une messe de mariage, surtout dans un diocèse passablement crotté, rural, pour ne pas dire provincial où même les villes de 100 000 habitants sont dites ‘de campagne’, il est de bon ton, donc, de féliciter, dans la mesure où il ne s’est pas trop emmêlé les pinceaux, le célébrant d’un généreux: “une bien belle messe, m’sieur l’abbé/msieur l’curé/mon père”, qu’il s’agisse d’une célébration eucharistique ou pas. Quelques-uns oseront même s’esbaudir sur l’art du prédicateur, avec les mêmes qualificatifs, peu ou prou! Dans la majorité des cas, ce n’est qu’un soupçon de générosité qui permet audit ecclésiastique de renâcler à la question qui fâche:

“ah oui, et quoi en particulier ?
- tout, mon père…
- un aspect notamment ?
- non, non, l’ensemble était très bien”

s’empêtre le flagorneur sous l’œil narquois du flagorné. Mais on ne pose pas trop souvent la question. Il arrive tout de même de temps en temps que l’écoute a été particulièrement attentive, et un échange commence… mais ce n’est pas si courant!

J’en venais à douter de la franchise des complimenteurs en tous genres qui trouvent tout formidable pour être gentils quand dans un obscur appentis de Brix, sur un vieil almanach du facteur de 2007, avec non pas des chats, mais des pommiers, de la verdure, bref, du régionalisme façon la poste et une belle éloge des quatre coins de l’hexagone…

On y parlait de tout, on y parlait de rien… et comme la poste n’est guère vaticane, il n’y avait pas de mention de l’Evangile d’aujourd’hui où il était question de sel de la terre, ni de mention non plus des chrétiens configurés à l’agneau pascal… Non, non ce n’était que du régionalisme pur beurre, mais dans ces jolies définitions sur les trésors de nos terroirs, une jolie coquille, encore une, nous a fait découvrir que les homélies normandes, certes délicates, avaient naturellement un bon goût de sel

je suis tombé sur une charmante définition.

bon ça va, ça va. je sais c'est illisible et flou. Faut me faire confiance sur ce coup là, il faisait super sombre dans l'appentis en question, alors j'ai complètement foiré la photo, on va pas en faire un fromage!

si les homélies des Normands sont bonnes, c’est qu’elles sont de pré-salé! Tu m’étonnes que les familles parisiennes se pressent dans la région aux beaux jours. C’est pour l’Evangile!

vendredi 19 décembre 2008 09:51

un corps sain(t)

Puisque la Bible inspire les campagnes sanitaires de l’INPES et les publications du BO…

“Il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoa. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant.
L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson fermentée, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils” (première lecture ce matin du livre des Juges 13,2-7.24-25.)

… on va peut être utiliser leurs logos pour renouveler l’art de l’enluminure!

Page top