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mercredi 16 janvier 2013

lux in the sky

Dieu que les temps sont troublés, Dieu que les gens sont troublés
Du plus juste de leurs convictions, du plus profond de leurs paix vécues
même manifestées dans la joie, ou apeurées dans l'effroi
l'altérité se fait altercation,
le dépit dégoût,
l'envie de débat une débâcle,
la paix épée,
l'affirmation sereine vitupération malsaine
chacun est dépouillé de sa foi et de ses convictions, par des réductions et des insinuations.

Certains ont réfléchi, pesé, mûri, et voudraient le partager,
d'autres l'ont moins fait, d'autres encore ont l'épiderme brûlé d'un jugement, une infamie,
certains rusent et trichent, d'autres blessent, acérés, sans le désirer
on excommunie et/ou vomit le frère qui n'aurait pas la même idée,
on le somme de s'expliquer, pour autant qu'il se range de son côté

le pouvoir ne se fait plus serviteur, mais arrogant,
pouvoir du nombre, pouvoir en place, illusions abimées de force
et les petits trinquent.

mon ciel en est troublé,

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alors je continue ma quête de lumière.

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dimanche 25 novembre 2012

le beau est-il divin?

Cette semaine, j’ai entendu parler de François Cassingena Trévedy, un professeur qui m’a mené par le bout de sa pensée il y a quelques années, lui qui écrit à la lisière de l’Esprit et de la poésie en traits tirés entre la vibration d’une émotion esthétique et la fulgurance spirituelle…
Qu’on lise ses étincelles, on y pressentira un feu intérieur. Beau et vrai.

François vibre en ces linéaments de la vérité où tout fait écho
une note, un frissonnement, un mot
comme si Dieu habitait chaque instant. C’est faux,
il habite chacune de ses respirations : tout prend alors sens, surtout le beau.

ce n'est pas mon cas.

Ce soir, d’un bref coup d’œil par le velux
le ciel était beau, il avait été terne tout le jour, à quelques arcs en ciel pluvieux près.
Il y avait une telle lumière que j’ai attrapé l’appareil photo, et d’une main, j’ai saisi l’instant,
de l’autre je tenais mon téléphone dans lequel je racontais des bêtises.

Il y a des moments comme ça, dont on pressent qu’ils sont précieux…
sans doute saturés, mais on ne sait pas de quoi…

la beauté? Dieu? toussa… c’est un raccourci qu’on fait souvent
au grand dam de ceux qui n’y voient que du beau.

à ma mesure de petit croyant.
Ce n’était pas Dieu,
C’était un espace ouvert, lumineux,
un lieu qui (r)appelle la beauté et l’espace intérieur,
un espace où on peut le rencontrer

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dimanche 18 novembre 2012

ce non lieu en bord de monde

Depuis quelques temps, je nourris une défiance assez marquée
pour les quelques outils pourtant fort utiles supposés me dire où je suis sensé être… 
(comme pour les personnes qui s’essaient aussi à le dire plus existentiellement, d’ailleurs)

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C’est pourquoi je n’ai accordé une confiance que circonspecte à mon GPS quand il m’a dit…

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dimanche après midi, comme promis, je suis parti flâner.

C’est la première fois de ma vie que j’habite dans un port. A ma surprise, un port n’est pas la mer, on la voit peu. Il est point d’accès à des mers, celle du travail des pêcheurs, celle des dimanche des plaisanciers, celle, violente, qui malmène ses usagers, celle qu’on traverse pour accéder à l’ailleurs où la vie continue. La mer est un travail dans un port, mais la mer n’y est pas visible, ou pas vraiment.

Il y a un port que je ne connaissais pas du tout,
le port que l’on longe, que l’on n’effleure que par des voies trop rapides,
c’est la zone portuaire,
une friche industrielle de bord de monde,
où s’échouent quelques projets,
où l’espace, vaste, est abîmé,
où la modernité laisse gésir, rouiller et pourrir ses outils fatigués…

ça ne se visite pas,
on y erre, on y boit, on y tague,
c’est un terrain vagues,
grillagé vers la terre, dont il n’est plus,
bétonné vers la mer, dont il n’est pas.

c’est la civilisation par une de ses orées,
elle mérite qu’on s’y arrête.

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un bateau, oublié sur des roues aux pneus crevés
incapable de tout ce mouvement qui était sa raison d’être

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rien n’arrête vraiment le regard.
Ni les terrils de sable, ou de pierre,
ni les espaces, ni les grillages,
ni les grues plus loin.

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ni le vieux fort abandonné,
barricadé, attirant, comme un aimant,
des architectures broyées d’autres structures
triées, empilées… abandonnées

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et quelques mètres plus loin, c’est la fin de l’ambigüité
c’est le monde de la mer, qui encore une fois,
était absent de ces espaces abandonnés.

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et un peu plus loin, un homme lance son lien…

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dimanche 6 novembre 2011

vestibule et paillasson

Cherbourg,
il pleut[1] .

Mon manteau ruisselle du grain imparable, subi et traversé, 
parapluie d’autant plus inefficace que je l’avais oublié  
chaussures maculées de poussière collée,
de résidus d’une flaque gerbée par un automobiliste indélicat
et un peu de boue mal évitée dans ma hâte…

Il est 20h, coup de sonnette, j’arrive chez les amis qui m’ont invité.
on se salue à la porte, paroles et gestes rituels de fraternité,
un pas à l’intérieur, je dépose mon manteau imbibé dans le vestibule,
frotte mes pieds sur le paillasson, consciencieusement,
même si ça ne m’évitera pas un bon recirage[2] en rentrant plus tard à la maison,
mais le cœur léger, dispo et moins crado pour le salon de mes hôtes,
je peux prendre part à la fête.

rite pénitentiel[3]

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Notes :

[1] c’est pour les besoins de l’histoire, il ne pleut pas à Cherbourg

[2] voire un ressemelage plus fondamental à moyen terme

[3] je vous laisse le soin de faire vous-même le parallèle, et la différence entre rite pénitentiel et sacrement du pardon... ;)

lundi 11 avril 2011

Jesus' "walking on sea" training camp

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à noter: disponibles aussi les modules “ascension” et “descente du Thabor”.

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lundi 8 novembre 2010

un cœur qui (me) bat

blogDavidLerouge-fr-tousdroitsreserves_107Je connais mal la ville où je suis.

Je la connais mal en prenant toujours les mêmes chemins pour aller d’un point à l’autre, cernant de mes habitudes des ilots d’ignorance floue. C’est ainsi. Au début, on erre en quête d’une boulangerie, puis les repères se posent et l’on saute de l’un en l’autre, sans surprise, efficacement. Il y a tant à découvrir dans la tâche pour ne pas se laisser perdre.

sauf quand inopinément la rupture se fait:

quand il faut aller non pas “à” mais “chez”, quand on ne se satisfait plus de directions, on gratte dans les pâtés de maisons.

ou encore allant à la gare, à pied un jour de grand froid, on évite les espaces découverts, on guette les raccourcis, suppute une allée pour s’éviter une risée. Ce n’est guère pourtant de l’errance, c’est de l’efficacité. et au détour d’un pas pressé, dans le renfoncement d’un bâtiment, sous le auvent hasardeux et sans attrait d’une entrée fermée, on aperçoit un tas de couvertures, pimpant, et quelque part en dessous un homme, dormant, à peine. Il n’est pas là car tout le monde l’ignore. Il n’est pas là car je ne pouvais le voir. Il n’est pas là et pourtant…

Il a déchiré ma certitude de son absence dans mon quotidien. Il est un cœur qui n’a pas encore cessé de battre.

Ma ville va mal et je ne le savais pas,  

et je comprends mieux ce pincement, discret, que je ne m’expliquais pas; cette vibration en contrepoint.

qu’il en aille de même dans mon existence me transit.
Qu’ai-je laissé mourir, oublié, au détour de ma vie,
allant au grand pas de mes engagements?

mercredi 20 octobre 2010

un col italien, c'est un col romain, en plus large

maillot%20%e9t%e9[1]Jeudi dernier, j’étais avec un autre prêtre dans le pizza rabbit du coin, j’arborais mon sweat noir à capuche des jours de crève, bardé d'une écharpe, et lui un parfait col romain. Nous venions de préparer dans le jeûne et la joie la première soirée des étudiants. Nous étions transis et affamés, en quête de calories. Une fois la commande effectuée, le pizzaiolo, depuis le fond de l'échoppe est venu vers moi… et m’a dit: "vous êtes prêtre, vous, hein?" C’était un vous de politesse pour ma tronche, pas un vous collectif pour les 2 prêtres affamés. Le col romain a levé un sourcil étonné, moi aussi. A l'insu de mon plein gré j'étais devenu signe ostensible. Nous voyant médusés, et pour maintenir une conversation somme toute improbable dans ce quartier populaire, il me dit être l'oncle ou le cousin d'un petit baptisé récemment par mes soins. Je me souvenais bien dudit baptême car l'enfant portait en 4e prénom "Anakin", ce qui lui promettait un avenir compliqué dans la gestion de la force. C'était pas un baptême où ça avait beaucoup chanté mais il avait marqué.

IMG_2439web(c)DLerouge Cette charmante anecdote venait en écho à un cri, une scansion, une ovation quelques jours plus tôt. Répondant à l'enthousiasme général d'Anne Claire, j'avais accepté de me rendre à un concert de pop louange. Le chanteur est un type vraiment bien, qui avait touché tous ceux qu'il avait rencontrés. en aumônerie les jours précédents.  N'ayant pas réussi à convaincre de cherbourgeois, je me pointais avec mon appareil photo, histoire de regarder avec mon outil préféré. J'étais donc lesté de mon gros sac, en tenue shooting, gardant ma veste crucipin'sée pour le baptême du lendemain. Au début du concert, les organisateurs me tombent sur le dos : on cherche un prêtre pour un temps de prière dans les loges et j'étais le seul en avance. Hop, le temps de me coltiner 3 fois le vigile peu conciliant et je me retrouve avec les trois artistes à prier pour que le temps soit de grâce pour tous ceux qui seraient présents le soir. Beau moment.

Le concert ne fut pas complètement à mon goût [1]... mais je pouvais photographier. Il y avait du monde, de toutes générations dans cette salle, haut lieu de tous les concerts djeuns de Saint-Lô. Les Associations familiales catholiques avaient su faire fonctionner leur réseau, et pas mal semblaient apprécier.  

IMG_2511web(c)DLerougeA la fin du concert, le chanteur appelle le P. Olivier, jeune frère en sacerdoce et aumônier de quelques établissements publics et privés du patelin pour un temps d'action de grâce final. Il avait pas mal promu le concert... mais finalement n'avait pu y assister, malgré son statut Facebook... Faute du premier curé, on se rabat sur le second! C'est au P. David de se retrouver convoqué sur scène, sans préavis... et comme je mettais longtemps à me défaire de mon sac, les jeunes de l'aumônerie commencèrent à gueuler. Mon nom. Par scansions. Faut dire que beaucoup me connaissaient à l'époque où j'étais moi même aumônier ici... J 'étais mal. j'avais pas tant aimé le concert, et j'allais rendre grâce. Je le fis avec toute la justesse possible... et ce fut finalement amusant et émouvant de réciter un notre père dans une salle plus habituée normalement aux éructations dues au houblon.

Finalement, le signe explicite et ostensible, c'est avant tout une présence assumée, et un témoignage, jouant entre les qualités personnelles et les responsabilités liées à la mission, au gré de l'insertion dans la communauté qui vous est donnée. Même si je n'ai pas toujours tous les atours du sacerdoce [2], le témoignage finit par passer, et le lien se fait. ça doit être une histoire de Christ qu'on revêt.

Notes :

[1] (J'ai trop d'appétence pour les textes en allusion pour complètement entrer dans le style "louange" et la musique n'était pas trop mon truc mais c'était pro, et bien fait)

[2] je mets aussi le col romain de temps en temps. question de discernement. 

mardi 28 septembre 2010

Ohé Ducon

Même si les tontons flingueurs et Audiard tiennent le haut du pavé dans le panel de mes citations favorites, je suis tenté depuis la rentrée d'en mettre une à mal, tant elle me semble parcellaire et finalement assez peu exhaustive.

les cons ça ose tout et c'est même à ça qu'on les reconnaît.

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J'ai peur de devoir discerner d'autres critères à la connerie, la bêtise, ou la pauvreté aveuglantes qui assaillent depuis quelques temps écoles, maisons et églises... car que voulez-vous, les chrétiens sont comme les autres, ils n'échappent pas à la règle. 

J'en veux pour attestation la 5e effraction en deux mois dans les églises de ma paroisse, toute provinciale soit elle, et dans une ville on ne peut plus benoîte. Tristes effractions d'ailleurs qui cassent une porte, une fenêtre, un verrou d'un coup d'épaule ou d'outil, et visite nuitamment l'édifice, à la recherche de liquidités qu'ils ne trouvent jamais. Ils ne s'attaquent pas aux troncs, trop solides, ni au coffre... ils ne prennent pas d'objets liturgiques, dinanderie ou orfèvrerie qu'ils seraient incapables de revendre, mais retournent les sacristies en quête d'un magot improbable ou d'un machin qui pourrait être revendu.

Je les inviterais bien à compter la quête le dimanche, pour réaliser qu'on n'y trouve que rarement des mille et des cents, ou alors oui, des 5 cents, 10 cents d'euros. D'ailleurs, en voyant régulièrement des pièces de 1 centime ou 2 centimes, je me demande parfois pourquoi on n'a pas plus de boutons de chemises. Certes, mais les temps sont difficiles et même les minicentimes sont soigneusement utilisés. Alors ils repartent avec rien, ou la débroussailleuse, mais nourrissent une fascination pour toute porte fermée, surtout si elle ne pèse pas 300 kg, rivets de mise et clés de 150 g en pêne.

Placards à balais, escaliers de clochers, portes de cagibis, tout se force, pour en déployer la béance. ça, et les tabernacles. Je les soupçonne vraiment ne pas savoir ce que renferment ces boîtes métalliques et fermée à clef. ça doit être pour ça qu'ils les ouvrent, pour ne pas en voler le contenu, finalement pécuniairement décevant. On ne trouve pas de sacrilèges flagrants, mises à part ces serrures abîmées, obstinément, connement.

La nuit dernière, un de ces olibrii a soulevé avec méthode la sertissure autour du tabernacle d'une des églises du centre-ville, pour en subtiliser les pierres précieuses qui l'ornaient. Ouvrage sûrement difficile, et pénible en stress... pour quelques strass.

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Cette obnubilation pour les portes fermées m'évoque d'ailleurs l'obstination de certains à ne se focaliser que sur les portes encore assez peu ouvertes de l'Eglise, quand les verrous ne donnent que sur des béances. Il y a tant à découvrir, pour peu qu'on ne force, mais qu'on en soit!

Peut-être auront-ils honte quand nous accueillerons leur désir de se marier, ou leur deuil, si puissant, peut-être découvriront-ils un jour notre vrai trésor, plus grand et digne que les strass? Sans doute alors que la miséricorde de Dieu sera plus grande que le pourpre de leurs consciences. 

Ducon, Ami visiteur du soir, c'est ballot, mais le trésor, pour l'instant, tu l'as raté!

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jeudi 19 août 2010

Sur le quai. The place to be?

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"vous devez être déphasé..."
"un peu... oui"    

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je me demande si la question posée par des paroissiens sur le quai ne serait pas la même que celle à laquelle les skippers doivent répondre...

parce qu'en arrivant sur le quai, le son, c'était ça:

Fichier audio intégré

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"vous devez être déphasé..."
"un peu... oui"                                                                                                                              surtout envie de pleurer...

mardi 29 juin 2010

sébile

Les plus fidèles de l’eucharistie dominicale ne s’assoient pas tous devant. Certains se tiennent en retrait, quelque part, vers le porche, on les connaît sans en savoir plus. Au mieux un prénom, jamais de nom, toujours un état. SDF, “pauvre”, “aviné”, “perdu”,  “A la rue”, rue de leur vie, rue de la société, ils s’égarent en périphérie tant des eucharisties que des avenues, vous disent invariablement “bonjour mon prêtre”, se fendent d’un sourire abîmé. Ils apparaissent quelques minutes dans nos vies hebdomadaires. En dehors, on ne sait rien, sauf les blessures ou cicatrices qu’ils exposent en ouvrant leur main, quémandant quelques euros… Une famille? un logis? une histoire? des liens?  Peut-être, on n’y a jamais réfléchi. On les croise parfois dans un magasin, flânant eux aussi, on bougonne qu’ils ne sont pas toujours là où on les avait cantonnés. Et le dimanche d’après, ils sont encore là. Ou pas.

Parfois, ils sont plus amochés que d’habitude. Bras cassé, gueule de travers, sale odeur de vin. Parfois, on se surprend à réaliser que ça fait des semaines qu’untel n’était plus là. Et il revient. “Bonjour mon prêtre”.

Certains sont organisés. Ils “font” toutes les messes… entrée de celle-ci, sortie de celle-là, ils s’inquiètent des changements d’horaires pour s’organiser. Parfois, souvent même, ils entrent, suivent la messe depuis le fond. On les voit même s’avancer dans la file de communion, bras croisés, “non” de la tête. Je ne peux communier, je veux la bénédiction, parce qu’une paroissienne leur a indiqué comment faire. Christelle d’ailleurs nous avait demandé de préparer son baptême. Le lendemain, elle n’y pensait plus. Le surlendemain, ça revenait. On en parlait, quelques minutes par semaine…

Hier, j’ai appris que Christelle, la trentaine abîmée, fidèle de nos portes ne reviendrait plus. Elle était morte d’un arrêt cardiaque. A l’hôpital. Elle avait été inhumée, après une célébration à Octeville. Pour une fois dans le chœur, pour une fois avec un nom, pour une fois avec ses deux enfants… Je ne connaissais que son prénom, je n’ai même pas su, je n’y suis pas allé, et je découvre que la main ouverte d’une minute hebdomadaire avait deux enfants qui ont perdu une mère, une mère abîmée qui était à ma porte.

Et je rage de ne pas avoir su le demander. Demain, et dimanche, son nom, je le dirai dans le chœur, pour que sa main ouverte soit redécouverte comme une vie, pour arrêter de ne pas voir les invisibles de nos vies.

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