Mot-clé - France Inter

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 2 novembre 2012

râpes ta gangue

Hier soir, j’ai pensé à toi.

toi qui te balades tout le temps avec un machin dans les oreilles et une pokerface dans les transports en commun. Je ne sais pas trop si c’est un iPod, un mptruc, un téléphone, ou rien au bout du fil qui sort de ta poche, histoire de murer ton regard derrière une écoute attentive, bref, toi qui te cloîtres dans ta gangue sonore chaque fois que tu sors de ton antre. Je me suis souvent demandé ce que tu écoutes, et si tu réussis à sourire à l’intérieur tout en bougonnant à l’extérieur. (mais ça marche aussi pour toi qui écoutes des trucs et des machins à la maison)

En fait, hier soir, on m’a posé un lapin, un lapin tout mignon et tout jeune, avec des yeux attendrissant et tout, un lapin de 6 ans. Et l’agenda en dilettante, j’ai rien fait (sauf penser à toi, mais pas trop quand même, c’était pas le moment). L’orage grognait, des monceaux de glace tombaient du ciel (ça tiendra jamais jusqu’au 21 décembre 2012, avec ce temps), le froid s’infiltrait par tous les interstices de ma masure, et j’ai décidé, foutu pour foutu de prendre un bain. Voilà. un bain chaud (le monde est condamné, on est déjà le jour d’après, alors j’ai abandonné la douche écologiquement responsable pour ce soir là, j’avais trop froid). Optant pour un ramollissement du bulbe, j’ai fui la radio, et envisagé un podcast en décor sonore. A la coule.

Pendant les premières secondes, j’ai cru que je m’étais trompé, que j’avais encore opté pour un truc abscons de France Culture, avec un anglosaxon qui se fait un devoir de parler français avec un accent overseas pour aborder des questions ultraspécialisées. Et puis j’ai reconnu la voix de François Busnel, le ton de France Inter, et j’ai écouté Alexandre Jollien. Francophone (quoique suisse), handicapé, souriant jusque dans la voix. Ecrivain? maître zen? spirituel? ça collait bien pour France Inter. Et peu à peu, Alexandre Jollien, la voix envoûtante, le clin d’œil aux lèvres, la liberté intérieure plein la gorge a fait déraper France Inter. Il parlait d’abandon, d’autres logiques, de Dieu, de foi, de silence, de méditation… et à chaque tentative de renvoyer Dieu dans les limbes du “enfin, vous êtes sympa, mais Dieu, dans tout ça, c’est pas très nécessaire, non?”, Alexandre Jollien remettait tout au centre et flinguait le cynisme bien-pendant franceinterien.

Alors voilà, dans mon bain, j’ai pensé à toi. La flotte était froide, certes, mais une voix, saturée de joie, avait su faire résonner la figure du Christ entre mes oreilles, via le paganisme bien pensant de France Inter. ça tient du miracle. C’est pourquoi si tu n’as pas peur de télécharger une soixantaine de Mo, si tu n’as pas peur de prendre une petite heure à te laisser mener par le bout des tympans, si tu n’es pas définitivement allergique aux interviews de France Inter, tu devrais peut être écouter. C’est con, tu pourrais même en sourire. (j’y crois peu dans le métro, mais on sait jamais). Pour ce qui est du bain, ce n’est pas nécessaire.

Comme je suis sympa, je te mets les liens là:

sur le site de France Inter, avec le podcast
le site d’Alexandre Jollien 
et si tu détestes iTunes, j’ai téléchargé le MP3 pour toi et je l’ai mis en téléchargement

fais gaffe, un tel témoignage joyeux, ça pourrait râper ta gangue de l’intérieur.
sur ce, j’te claque une bise. (parce que la bise est carrément venue, ces jours-ci)

vendredi 24 décembre 2010

Radio Judée Live

je vous ai déjà dit que j'aimais beaucoup François Morel... Oui? ben oui. 


Nativité
envoyé par franceinter

en attendant la reprise des billets

mardi 2 juin 2009

Bis dat qui cito dat

Le soleil a beau darder tout ce qu’il peut dans mes rideaux dès potron-minet, les matins restent obstinément le lieu d’un grand combat spirituel: il faut se lever! Et une fois la première victoire obtenue, les occasions de chuter, nonobstant les cafés serrés, se multiplient jusque dans les sacristies. Dans la série, les matinées ne manquent pas de piquant, ce matin à l’aube, juste avant la messe, une sœur, d’une communauté où les ordinateurs ne sont pas légion, vient me saluer :

alors, ça marche le bogue?
le bogue ?
Ben oui, dans le journal!
ah oui! :)

Heureusement, même au plus fort de week-ends très agités et compressés, de bonnes surprises viennent saisir les neurones, quand le poing résigné cogne sur le radio réveil et lui donne voix. Dimanche matin, Sandra Freeman et Pierre Weil avaient axé leur matinale autour du plaisir des mots, de la sémiologie à l’Oulipo. Qui ne se réjouirait de se réveiller en étreignant son cerveau autour d’une contrepèterie ou d’un slam québécois qui ouvre des perspectives internationales.

C’est du Mathieu Lippé. ça fait du bien.