Même si par principe et par chanson, le jeune™ est con, je dois avouer que je suis plutôt verni de ce côté là. Les jeunes que je côtoie ont plutôt tendance à ne pas l'être, voire à briller plus que par intermittence, dans leur joie de vivre, leurs engagements, leur sens du service, et leurs idées. Bon, à vrai dire, il faudrait un peu relativiser, mais je le jeune™, globalement, il assure. J'en veux pour preuve la soirée d'aumônerie que nous avons organisée sur le thème du mariage gay bien avant les vacances de la Toussaint. Petit sondage à la louche, au tout début, et ça votait 50-50 pour contre. OK. Il faut dire qu'à l'aumônerie, y a des cathos de familles cathos, y a des cathos de familles pas cathos, y a des enfants pas trop catho de familles cathos, y a les potes, et dans tout cela, un éventail idéologique assez large, du militant mjs au militant ump (voire...) (mais ils se reconnaîtront).
Grand objectif de la soirée, les aider à se parler. Et pour cela, la technique fut simple. temps A:
1. prendre une dizaine de phrases de l'Evangile et leur demander lesquelles pourraient avoir une réelle pertinence pour la société d'aujourd'hui, et lesquelles seraient mal reçues aussi
2. découper en 10 le petit raisonnement ecclésial qui lui fait dire (à la fin) qu'elle n'est pas pour cette extension du mariage
3. faire causer entre eux, mais uniquement avec des arguments
ils ont tellement bien causé qu'on n'a pas eu le temps de poser le temps B qui voulait être un temps de questions réponses où on pourrait expliciter un peu mieux les tenants et aboutissants, et leur livrer un petit papelard pour faire réfléchir.
Comme on n'avait pas fini, j'ai cédé aux sirènes de la facilité et reprogrammé une deuxième soirée sur le sujet, pour mettre les choses plus au clair. Entre temps, Bernheim avait écrit, l'actu s'était un peu affolée, on avait du grain à moudre. Cette deuxième soirée fut un bide pour la simple et bonne raison qu'ils avaient simplement continué (sans se faire mal, hein, ce sont des lycéens) à cogiter de leur côté. Pas besoin de mâcher des réponses, les questions avaient ouvert leur réflexion. A mort le prêchi prêcha.
Supers, ces jeunes, je vous dis.
Bon, vu que ça s'affole médiatiquement, et que les manifs jouent à celle qui aura la plus grosse, ils montent aussi un peu dans les tours et dans les cars, et se promettent bien d'aller défiler, les uns en décembre, les autres en janvier. Ils sont sans doute assez grands pour savoir ce qu'ils font, et la force de leurs convictions ne laissent que peu de place à une moue ou à une mollesse de quiconque. ça va manifester, point.
Faut dire qu'il va falloir se lever de bonne heure pour les empêcher de participer à leur #premièremanif (conséquente). Ils croient en leurs convictions, et tout le monde est content de leur motivation, ça promet d'être joyeux et #theplacetobe. Bon.
N'empêche que comme aumônier, et prêtre, je suis un peu plus réservé. Ce n'est pas mon habitude, il faut dire, de pousser les gens à aller manifester dans la rue. Je déteste les mouvements de foule, et être associé à des slogans idiots que des imbéciles ne manquent jamais de scander. Rarement ça vient de l'organisation, mais des imbéciles, dans un groupe, y en a toujours suffisamment, et avec des voix puissantes ou des marqueurs (in)dé(lé)biles.
Si bien que des questions me viennent pour ces jeunes. Comment les aider à prendre place dans un mouvement de foule qui ne sera pas un lieu de dialogue mais de scansion, et éventuellement d'opposition? Comment les aider à gérer la violence éventuelle qui leur sera adressée personnellement par des militants opposés et rendus agressifs par un rapport de force perdu? Comment les aider à discerner pour ne pas se laisser emporter par leur propre enthousiasme, et finir par crier des slogans auxquels ils ne croient pas, posant des gestes qu'ils n'assumeront pas? Bref, il y a un devoir des parents et des adultes pour accompagner ces jeunes. On ne peut pas les laisser aller ainsi. On ne peut pas les laisser aller seuls. Ou alors on ne les laisse pas aller. C'est trop important.
Et on le voit, les glissements sont à portée de twitpic. C'est la poussette gazée par les femen et qu'on a mise en valeur d'un rond rouge pour dire qu'elles étaient pas gentilles, les femen. (Il faut dire, que foutait cette poussette dans un rassemblement militant potentiellement mouvementé?) C'est le jeune garçon qui brandit une affiche, avec enthousiasme dimanche dernier, et sa photo multidiffusée et multihuée pour l'irresponsabilité des parents. Ce sont les deux minettes qui se roulent une galoche affriolante devant alliance Vita à Marseille. Dites les filles, j'espère que votre premier employeur aura la mémoire courte ou n'était pas trop connecté. L'image des enfants, dans des lieux aussi médiatisés, c'est pas sans poser de questions.
Je sais bien que l'enjeu de ces réformes touche les familles et que les familles peuvent vouloir manifester leur mécontentement. Je sais bien que les têtes jeunes, ça fait moins réac de droite, je sais bien que la manif est bon enfant, et qu'elle est bien encadrée... N'empêche que ça mérite un poil de discernement. Décidez, et accompagnez, (et pour les jeunes, laissez-vous accompagner). Sinon, vous êtes les irresponsables que vous dénoncez à force de twitpics.
En version plus courte, c'est ce que j'ai dit, dimanche, à la messe, pendant les annonces. Parce que justice et justesse sont bien faites pour aller ensemble. Parce que même si la chaire est faible, j'ai pas envie qu'on les livre.

rassemblés, et ont accompagné l’engagement de plusieurs des leurs. Un engagement à une vie marquée par l’Evangile, une vie ouverte sur les autres, librement mais avec ses responsabilités, un engagement à vie de jeunes, main levée, donnant une direction et un souffle à leurs prochaines années. Main levée, vie offerte
en short. 2°. C’était bien viril, tout de même, et émouvant dans le sérieux de la parole de ces jeunes. il y a donc des hommes heureux au fond des bois(sons froides).
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