jeudi 29 mars 2012

quel avenir pour le livre ?

beaucoup des commentateurs l’ont dit, à lire beaucoup de blogs,
cheminant d’incises spirituelles en grégeois éphémères
on lit moins de papier étiré, ou pas autant,
et ma bibliothèque tend un peu à se pétrifier,
les pavés de la philosophie blêmissent à la lune,
les BD s’adossent paisiblement,
les usuels rivalisent de mode avec les usités
et les petits polars finissent par caler le trépied photo.

Blogdavidlerouge-119

je ne lis pas encore de livre par écran interposé, j’y diagonalise, parcours et shunte
j’y laisse moins au mot le temps de sonner. Et c’est un peu gâcher.

Néanmoins, j’ai encore suffisamment d’affection pour le livre, même virtuel
pour avoir le poil plus qu’hérissé quand ce distillateur d’imagination
se retrouve à ce point humilié jusqu’en ses couvertures.

une tapisserie de mur d’hôtel pour faire cosy, intelligent et joli.

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un panneau pour des chiottes d’autoroute.

Blogdavidlerouge-118

samedi 17 mars 2012

le silence feutré du lecteur

Depuis quelques semaines, avec Anne-Claire, nous nous posons des questions sur l'interactivité des blogs. Même si d’aucuns persistent toujours à en prophétiser la fin et la mort, on note finalement une fréquentation plutôt en hausse. Les réseaux sociaux, et le microblogging de twitter en particulier, tendent à relayer plus largement les billets, les coups de cœur, les découvertes. Facebook quant à lui donne une bonne visibilité dans un réseau moins orienté “web”.

Sans curiosité exacerbée, on se retrouve à lire en tous sens, y compris et surtout sur des sites et blogs auxquels on n’est pas affilié.

Certes, j’ai l’impression que je continue à lire, ou tout au moins survoler systématiquement les billets de certains sites et blogs, par accointance, sensibilité, confiance dans le regard ou la plume de l’auteur… et mes flux rss ponctuent assurément mes journées. Mais je lis aussi les “RT”, les liens des amis au goût sûr et à l’enthousiasme mesuré.

Simplement, il me semble, alors même que les visiteurs sont assez nombreux, que les réactions et interactions sont dispersées et raréfiées. Moi-même, je commente peu, je partage les découvertes, les enthousiasmes sur twitter ou facebook, je suis de nouveaux blogs, twittos, me désabonne de certains avec lesquels je consone moins. Je “like” peu, ou en clin d’œil.

Certes, le contenu a une grosse influence. Les billets "sur l'Indonésie" ne sont pas représentatifs, ils amènent en général peu d'interaction (hélas pour moi, mais c'est ainsi)... mais je reste toujours surpris des commentaires, ou de leur absence sur certaines autres prises de parti. On devine la lecture, qui vous dépasse un peu.

L’intérêt du blog, comme du web 2.0 repose sur cette proximité entre celui qui écrit, qui partage, et le lecteur qui peut faire écho à sa manière, dans une simple interaction. Est-ce l’assurance d’une réponse, qui atteste d’une lecture attentive du blogueur qui pousse à réagir, ou autre chose? ou au contraire, l’intérêt des blogs est-il de pouvoir découvrir la diversité tranquillement ?

Mais alors, vous, comment lisez-vous ? réagissez-vous habituellement et comment ? qu’est ce qui vous pousse à commenter / partager / relayer / agréger sur scoopit / fuir ? un commentaire qui vous ressemble vous dispense-t-il de le faire ? ça prend déjà pas mal de temps pour lire, ce n’est pas la peine d’aller plus loin ? Amis de passage, lecteurs réguliers, partagez vos manières de lire en ligne.

lundi 5 mars 2012

Parental ContrLol - WTF

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What the Fuck? Rire

mardi 31 mai 2011

le bonjour d'Emile #1000

jauk“J'ai dansé le Baris ce week end à Marseille........ !
Si tu as des restes de Jauk ce serait rigolo
que tu viennes danser à Marseille !”

si vous croyez avoir tout compris de la vie des prêtres que vous côtoyez à la lumière de leurs homélies, ou de la face sacerdotale qu’ils vous confient, donnée, il vous faudrait sans doute traverser en douceur leurs épaisseurs d’histoires en marées pour en découvrir les vrais courants…

l’unité d’une vie, traversée de lumière, s’irise en éclats
de rire ou de colère,
de beauté et d’enthousiasme
de peur brute ou de nuits
d’instants ou de temps étiré
de prières et de déserts
de fatigues ou de fougues
de vieilles passions ou nouveaux entrains

danseur balinais ? indonésianophone tenté si longtemps et si souvent d’y rester ?

guitariste ? photographe ?

billettiste ? en coups de sang, enthousiasmes, regards poétiques sur le quotidien, variations, coups d’œil, voyages, décalages, sourires ?

lecteur de Desproges ? Barbery, Audeguy, Cheng, Scholtus, Lépront, Fournier, Makine, Singer, Garcia Marquez, Thévenot, Gaudé Baricco, Gailly, Lecler, Hillesum, Boris, Balthasar, Rémond, Sepulveda, Claudel, Sijie, Cassingena, Radcliffe, Rimaud, … ;

voix virtuelle consonnant avec Emmanuel, Edmond, Koz, Zabou, Anne Claire, Véronique, Henri, Fredsab, FrEricOp, Marc, Natalia, Benoît, et autres blogueurs et twittos…

animateur de professions de foi, sweat à capuche et pantalon de rando, ou le même, costume sombre, cravate ou col, souliers cirés, ou encore randonnant, sac au dos, canon au poignet…

bdvore des tanigushi, Guibert, Boulet, Tan, Tardi, Diaz, Makyo, Schuiten, Larcenet, Rabate, Gorce, Davodeau, Ka, Chabouté, Pedrosa, Ileana, Sfar, Masbou, …

traversé par les sourires d’Anne, Fabien, Anne-Marie, Benoît, Sophie, Elodie, Michel, Anne-Claire, David, Marie-Pierre, Matthieu, Amandine, Romain, Amélie, Peggy, Made Bagus, Kati…

complètement influencé par deux maîtres Robert Scholtus et Patrick Prétot

et en chacun de ses instants, prêtre. Tout autant qu’en prêchant, présidant…

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Tout pourrait n’être que lest
pensanteurs, épaisseurs de résistance à la grâce
ou constellation où la lumière scintille.

1000 billets pour le déposer, le partager, en faire une histoire
sans apesantir les relations du quotidien.

merci de votre fidélité, et de votre délicieuse mise en écho
vous les 200 000 à être passés par ici…

parce que la lumière qui traverse une vie a pour prétention de maculer le monde de ses taches de beauté.

Bonjour des Mille… et amitiés à vos zygomatiques.

mercredi 9 mars 2011

sur des chemins inconnus

C’est l’histoire d’un mail inattendu que je n’aurais pas dû recevoir. J’étais en retraite dans une abbaye de Normandie et j’avais vérifié ma boîte mail par acquit de conscience. On a beau vouloir passer une semaine en direct avec Dieu, on ne veut pas oublier pour autant ce qui se passe là bas, dans ce lieu qu’on vient de quitter. Un dominicain m’écrivait. 

Les dominicains ne m’écrivent jamais. ou rarement. ou parce que ce sont des amis. Mais ce dominicain là, je ne le connaissais pas. Il me parlait d’un projet, en lien avec la retraite si célèbre qu’ils allaient ouvrir pendant le carême. Ils voulaient proposer un concours photos d’homélies de carême.

Je me suis baladé pendant des jours sur les chemins de Normandie, entre deux prières et topos, en tournant dans ma tête cette impossibilité. Une homélie en image, c’est si compliqué. Passer de l’impression, du laisser voir au discours me semblait si ardu, et opposé [1]. A force de tourner tout ça dans ma tête, j’ai un peu triché. J’ai composé une homélie, autour d’un thème, le carême comme mise en creux… creux de l’attente et du don, creux de la faim et du désir de Dieu, et je me suis baladé encore dans les environs et dans mes archives, pendant plusieurs jours, pour dégoter ce qui serait l’expression des 3 attitudes du carême. Et j’en ai fait un montage.

 

et ce matin, sur le blog, l’homélie n’est plus sujet, mais on nous propose une méditation. Sourire  Chouette, finalement, je suis hors sujet. L’écho, tout sonore soit-il, est une harmonique de la photo. Plus de discours, mais des impressions, du beau, du sensé.

Bonne retraite de carême sur le net, à ceux qui la prendront, et si l’Evangile vous parle en photo, un simple cliché en écho, n’en faites pas une homélie Clignement d'œil, mais donnez à voir un peu de votre intériorité [2].

 

Notes :

[1] j’avais tellement tourné que j’en avais écrit un billet le viaduc de Millau

[2] c’est un peu le projet de ce blog, des touches de vie chrétienne, par un simple prêtre de la Manche, au travers de tout ce qu’il est

dimanche 18 avril 2010

Ecrire petitement sur le précieux infime

encore des mots que j'adopterais volontiers pour un projet de blogSes citations fleurissent régulièrement sur tous les blogs cathos, en aphorismes bien sentis, en méditations attirantes où l’on sent dans la profondeur des traits spirituels une densité toute monastique. Par certains côtés, l’écriture est un peu agaçante, en tournures précieuses mâtinées de latin, mais on trouve en se laissant bercer par ces pages de ces petits trésors que l’on se réjouit d’avoir lus… Comme professeur, il était impossible à prendre en notes… mais on peut picorer les dernières étincelles de Frère François :

“Dans l’ordre de l’écriture,
comme en celui de l’existence qui la porte,
lorsque l’on s’est aperçu que l’on habitait
bien chétivement
les grands mots,
l’on se met en devoir et en plaisir
d’habiter spacieusement les petits.

Ce n’est pas seulement
que l’on se sente de plus en plus en retrait
sur les grandeurs véritables,
mais l’on se sent de plus en plus à l’étroit
dans les grandeurs officielles.”

François Cassingena Trevedy,
Etincelles III, Ad Solem, p.349

dimanche 29 novembre 2009

le rendez-vous raté

Ça aurait pu être parce que j’ai perdu mon téléphone pendant plus de 24 heures. Il a dû sonner, mais je l’avais mis en mode absolument silencieux. J’ai essayé de m’appeler. Rien. D’autres ont dû le faire aussi, ils sont tombés sur mon message enregistré il y a tant d’années !  Entre le train, le squattage dans des maisons parisiennes, le métro, il pouvait être n’importe où. Il aurait fallu le désactiver.

C’est fou ce que ce machin peut prendre comme importance. Les données qui sont dedans sont certes copiées sur le PC (au cas où), les messages sont toujours accessibles depuis le site web (ce qui me permet de les trier quand ils sont trop nombreux et de les écouter par ordre d’importance), mais je l’avais perdu. Et mes rendez-vous noté dessus aussi. Deux jours plus tard, il revenait, planqué sous une pile de papiers à jeter ranger. Bardé de messages. Pas un seul pour un rendez-vous manqué. Ouf. J’ai fait tout ce que j’avais à faire. Emploi du temps serré, que des rencontres intéressantes et fructueuses. Dans l’intervalle, j’ai même vidé ma boîte mail… En temps presque utiles !

C’est d’ailleurs une joie de prêtre de voir que tout va globalement bien. Voir que les signes qui vont dans le bon sens sont largement plus nombreux que les autres, que les projets qui avancent en rejoignent quelques uns et les font avancer.

Comme ce sondage par exemple que je me suis amusé à lancer ici… Les résultats sont fort intéressants.

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D’abord, malgré tout ce qu’on peut dire sur l’évangélisation sur Internet, et l’alibi que ce serait pour un prêtre, vous êtes surtout des cathos à venir régulièrement ici, lire tout ce qui se dit dans la cathosphère… Dans tout ce petit monde, un bon nombre me connaissait « dans la vraie vie » et vient voir ce que je peux raconter ici, dont une inquiétante partie (10) se prend pour ma mère ;) , et peu de paroissiens… Sinon, il y en a aussi pas mal qui ont cliqué sur un lien (sacristains ou d’autres amis comme Matthieu Lefrançois, Edmond Prochain, Frédéric ou Véronique), une invitation FaceBook ou dans un article de presse (il n’y a pas si longtemps, « prêtre blogueur » était encore assez insolite pour en faire un article)… Parmi vous, un bon nombre vient finalement découvrir « de l’intérieur » la vie d’un jeune prêtre, dans ses fondamentaux comme (et surtout) dans ses accessoires… ça me plaît parce que ça a toujours été le projet : au travers de mes rencontres, lectures, photos, heurs et malheurs, des petits riens de chaque jour racontés, que Dieu se dise, et se fasse une place ! Le tout avec un certain humour pas toujours drôle, mais apprécié notamment par les 26 pingouins transsexuels de Tasmanie.

Les mécontents sont part infime… les arrivants par hasard, ou pas du « sérail » aussi… ou tout au moins ne répondent pas à ce sondage. Voilà les chiffres de la majorité. Ils sont intéressants, ils alimentent ma manière de vivre ce projet de blog…

Mais voilà aussi le rendez-vous manqué. C’est celui qui bouleverse toujours un prêtre de l’intérieur. Il ne va jamais bien parce que « tout va globalement bien », il attend toujours parce qu’il en manque un, parce qu’un enfant de six ans est mort sans raison, parce qu’une jeune pourrait se retrouver sur ce chemin là, parce qu’un seul a été blessé, parce qu’un seul manque à l’appel.

Celui qui manque, ce « un » qui vous fait tout quitter pour le retrouver, il est toujours là, en creux dans mon ministère, dans mon écriture. Creux parce que je n’ai pas su le voir, parce qu’il ne s’est pas laissé approcher, parce que mon ministère en course m’a fait oublier sa lenteur, parce que ce n’est pas « moi » qui sauve, mais le Christ qui me fait collaborateur de son œuvre. J’y suis pour quelque chose, ou pas tant que ça. Mais il manque.

Alors je pourrais écrire pour la majorité, pérorer pour ceux qui sont en vie, rire avec les joyeux, et je le fais. Mais je veux, comme prêtre, teinter ce rire, cette écriture, cette fierté des petits manques qui nous tendent comme de vrais vivants. J’ai raté le rendez-vous avec le manquant. Et rien ne saurait s’arrêter tant qu’il ne sera pas retrouvé.

lundi 28 septembre 2009

je ne sais pas si mon évêque me lit ; ma mère, oui.

J’avais pourtant pris des mesures drastiques.

J’ai changé d’ordinateur avec un écran moins haut. J’ai changé changé mon bureau de place (les yeux perdus sur la canopée rougissante au-dessus de la webcam). J’ai ajouté un plug-in dans Firefox pour apaiser la tentation de laisser certaines fenêtres virtuelles longtemps ouvertes (on prend vite des courbatures de cerveau)… Et pourtant, je suis encore victime du syndrome de l’écran total. Mode protection maximum.

Rudoyer seul son clavier en s’adressant à un ‘tout’ planétaire, écrire en pensant à des commentateurs, des lecteurs, qui ne sont pas là, s’imaginer que ce sera lu, sans savoir ni quand, ni comment, ni par qui, ni pourquoi. C’était déjà vrai en petit blog isolé, c’est encore plus vrai depuis que je traîne dans la sacristie.

on tisse, plume à plume, de jolis petits liens
entre le quotidien et l’écriture,
entre ce qu’on était (et que les fidèles ont vu naître) et ce qu’on est devenu,
entre ce qui nous empêtre, et là où nous nous sentons appelés,
entre l’aventure spirituelle, et la délicatesse pour le raconter,
entre ce que l’on lit, et ce qui nous fait bouger.

j’ai changé d’ordinateur, avec un écran plus bas, et je reste encore surpris quand à la fin d’une messe, un paroissien s’avance pour me dire: “ah mais pour l’homélie, là, vous avez réutilisé la fin de votre billet de blog, non? parce qu’on vous lit!” Gloups. un lecteur, un vrai, qui commente en direct, signe que le planétaire commence à ma porte, que les propos lâchés dans le vague où l’on surfe tombent dans des histoires particulières avec lesquelles d’autres liens, moins virtuels, se sont tissés.

Eh non, je n’ai pas réutilisé le billet sur la petite sœur. C’est la petite sœur qui m’a tellement marqué qu’elle prend ses marques dans le blog, et dans ma vie spirituelle, et forcément dans ce que je peux en partager en tentant de redire l’Evangile pour aujourd’hui.

L’écran total, c’est de croire que les mondes sont séparés, qu’on peut y vilipender, louer, réfugier, ou y raconter ce que l’on veut. Le témoignage n’aura de profondeur qu’ancré dans l’expérience humaine et spirituelle dont il émane. S’il se gausse d’idées, c’est qu’il a pris trop de hauteur, ou qu’il s’est réfugié derrière l’écran protecteur.

Savoir, à temps et à contre temps, oser fermer ou laisser ouverte une fenêtre, sauf quand le courant d’air guette, celle des yeux, celle du cœur, celle sur la cour (avec les odeurs de poubelle), celle où l’on surfe… Qui sait, on pourrait s’y laisser évangéliser. En tout, de la mesure, une bonne dose, loin de l’over-.

vendredi 22 mai 2009

En devanture

Quand la journée est officiellement fériée, on peut prendre le temps de marcher moins vite dans les rues pour rentrer, une fois la messe terminée. L’heure est à la flânerie légale. (Enfin presque, puisque les magasins sont quasiment tous ouverts). Le regard paresse sur les devantures habilement travaillées pour faire entrer le chaland. “Soldes” collé ici, “nouvelle collection” là, “le 3e T-shirt offert”, ou une palanquée de mannequins costumés de sweats roses à 39,90€. Un papillon sur une des vitrines a pourtant retenu mon attention. Pas de couleurs, du texte, du long… Pas de doute, c’est une librairie…

Et le propos est audacieux. Même pas une critique de livre, une pub pour un festival quelconque… non, tout simplement une citation qui invite à ne pas se laisser faire par le prêt-à penser, le prêt-à-absorber charrié en masse. La citation est séduisante, finalement… Qui n’a pas senti, au travers de la lecture de tel ou tel livre, une justesse qui ne ne se laisse pas découvrir au premier abord? et la libraire nous offre toute une citation pour flatter le lecteur qui, un jour au moins, est entré dans le secret d’un auteur.

En même temps, il me reste un doute… je ne suis pas si sûr. Le problème n’est peut-être pas tant que ça dans le média ou le moment que dans le regard posé sur lui. C’est le propos du dernier billet de Frappat. Le quotidien porte son lot d’insignifiants qui veulent bien être parlants si on leur prête attention, sens, si on les laisse s’incrire en histoire. C’est même un des objets de ce blog.

Il est souvent si rassurant de se plonger dans de grandes idées, dans des livres ou des propos éthérés, pour vérifier ensuite s’ils s’appliquent dans la vie d’aujourd’hui, dans des situations simplifiées pour leur coller…
Il est plus enrichissant de regarder autour de soi sans savoir ce qu’on va y trouver, car les harmoniques qui s’en dégagent feront sans doute avancer.

“Like a hint of e-

oups, ah non:

Famille Chrétienne a publié un article sur les blogueurs cathos aujourd’hui… un article qui tendrait donc à prouver qu’Internet, tout comme le Nutella, ne rime pas avec péché! L’article parle d’Edmond, Coolus, Zabou, Emmanuel et Véronique (via mes rencontres), et me qualifie de “Delerm du Web”… Sourire de la journée!

mercredi 4 février 2009

de la créativité au royaume du fast thinking

il est de bon ton dans les milieux autorisés et culturisés, voire catholicisés (ou pas) de s'inquiéter de l'influence de l'Internet, de "l'écran" et du temps que passent "les jeunes" sur leur ordinateur. Certes, la question de l'occupation téléphonique a notamment régressé, mais tout de même, "y z y passent beaucoup de temps et l'utilisent n'importe comment".

S'il y avait une vraie modification dans les comportements, je la verrais moins dans le temps consacré à un média identitaire (y a eu la BD, la télé, le téléphone, le portable, les jeux électroniques, etc.) que dans une modification du rapport au savoir. En effet, la culture Google passe dans les habitudes et l'on se met à réfléchir par association de mot-clé/banque de données accessible immédiatement et non triée. Google simplifie les questions à leur plus simple expression, leur faisant perdre toute problématisation pour en faire des réservoirs à opinions toutes aussi peu fondées les unes que les autres. Je verrais bien un second inconvénient, de mon côté à l'utilisation abondante du clavier, c'est un manque d'effort dans la recherche orthographique! Le souligné rouge me dira ou non mon erreur. Et à ne plus chercher, on finit par oublier.

Bref.

Nonobstant ces réserves préliminaires, je me dois de constater avec joie une inventivité qui n'a pas de limites au service d'idéaux qui n'ont pas de chapeau! Je viens d'accepter sur Facebook de devenir ami avec "Eglise catholique en France", avatar du service de communication de ladite institution, mais aussi avec "Esprit Saint", profil créé par un étudiant qui veut évangéliser. J'ai plus de réserves avec ce dernier, tant il pourrait, à son insu, être tenté de donner à l'Esprit en question une "couleur" plus restreinte que l'originale!

Je suis donc un nami de l'Esprit Saint, mais aussi de Koz, et d'Edmond Prochain qui tient un blog sympathique, décalé et profond sur wordpress. Mais comme je soupçonne Edmond d'avoir adopté un nom d'emprunt (je sais, quelle clairvoyance), je réalise que se mouillent pour l'Evangile non seulement des chrétiens réels mais aussi leurs émanations virtuelles, qui peuvent se permettre une liberté de ton, et de proclamation, sans la crainte d'être par leur vie témoignage amoindri. Cette audace est sans doute salutaire dans un monde où le quotidien a du mal à se faire charmeur! En disant cela, je ne fais pas le moindre procès d'intention à Edmond, qui se garde bien d'être caricatural, mais je découvre que la piste "incarnée" n'est pas si simple à tenir!

Néanmoins, quand je réalise que bon nombre de recherches qui arrivent ici se font sous le terme: "soeurs de l'agneau", je me dis qu'il y a une complémentarité qu'il faudra continuer à soigner entre ceux qui frappent aux portes, virtuelles et réelles, et ceux qui relient, enseignent, relisent, édifient, amusent, provoquent, décalent, (s') inspirent, interpellent, enseignent, réfléchissent…

Les portes ouvertes sont parfois surprenantes. Hier, un billet très amusant laissé par Boulet à propos de son anniversaire présentait sa vie comme un combat (à mort) avec la camarde! à gauche, ledit Boulet, à droite, la camarde, avec 100 milliards de victoires et aucune défaite. Un commentaire laconique
"100 milliards de victoires,
6 milliards de combats en cours
1 défaite" me valut de me faire identifier comme prêtre par Boulet… quelques uns de ses lecteurs sont passés ici, pour vérifier. ils sont passés sur un blog de curé! Il était question d'eucharistie, de neige, de scouts, de fusée… ce n'est rien mais deux mails ont suivi. Avant d'honnir un média, osons nous en servir intelligemment, et ne pas, comme le soulignait Emmanuel Pic (avec qui j'aimerais bien boire une bière avant peu), le laisser aux fondamentalistes.

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