C'est triste à reconnaître, mais on n'a pas toujours la lucidité heureuse.
Elle a la fâcheuse tendance de se laisser colorer par l'heur du moment
et pousse souvent le contraste de nos introspections circonstanciées
loin de la tendresse et la douceur du Christ de l'Evangile
Prenez la foi, par exemple...
soumise au néon un peu blafard d'un jugement un peu raide
mon attachement au Christ peut me paraître bien souvent de façade
un crucifix posé sur le mur blanc de mes convictions
visible, solide, mais ne me traversant pas assez en profondeur.
Dans ces moments de fausse lucidité louvoient les tentations
de laisser tomber ce crucifix, le déposer, de continuer sans :
"j'ai essayé, Seigneur, mais ça n'a pas pris,
tu es venu à ma rencontre, et je ne t'ai pas laissé entrer...
il faut se rendre à l'évidence, mon mur est là, intact, tu ne m'as pas transformé..."
et le Seigneur, patient, fidèle, demeure au plus près, dans ces atermoiements
ne se laissant pas abuser par ces raisonnements viciés de défaitisme.
Il offre encore et toujours son amitié, son pardon, sa vie...
"parce que vois-tu ma présence dans ta vie s'est dessinée
éclairant, discrètement, un espace de lumière, un espace où tu restes marqué
un espace où se sont apprivoisés ombres et lumière, pureté et poussières
tu l'as simplement sous estimé... "
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photo prise après avoir décroché un crucifix dans une sacristie, afin de projeter un petit film sur le pardon pendant un temps de réconciliation... (j'ai un peu poussé les contrastes)
et je me dis que si on nous poussait, bêtement, à enlever un peu trop vite les "crucifix" de nos convictions, le signe serait encore plus parlant, encore plus violent!

Pierre, le renégat, Pierre le fanfaron, Pierre le pardonné, Pierre, tête de l’Eglise se verrait nouer la ceinture. D’autres subissent ce dépouillement jusque dans leur foi.
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