mercredi 16 mars 2011

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Cher Dieu,

Tu permets que je te tutoie, vu qu’on se fréquente depuis pas mal de temps, et que tu es, comme qui dirait, un intime? Même plus intime à moi-même que moi-même dit-on (jolie phrase dont on n’est jamais sûr de bien savoir ce qu’elle veut dire, mais qu’on dit quand même, parce qu’elle est sûrement vraie). Bon, en fait, tu es plus sérieux sur le côté intime que je ne le suis, mais bon, puisque tu es toujours là, même quand je suis ailleurs, ou absent, ou fermé, ou dérangé, ou occupé, ou tant d’autres choses, je reste convaincu de cette intimité. C’est presque déjà un acte de foi, hein? Donc je te dis tu. Note bien que je dis “vous” à des gens intimes aussi. Mais pour toi, je préfère ‘tu’, ça me permet de rester à ‘tu et à toi’, ce qui est pas si mal. “pouf pouf”.  

Cher Dieu,

Je t’aime bien, tu sais, et je trouve que tous ces petits messages que tu m’as adressés depuis quelques années étaient vraiment sympas. Ils ont un petit côté “sms du nouvel an”, envoyé le 1er jour du temps, et qu’on reçoit bien plus tard, au gré de la connexion au réseau. Bien des fois, je suis pas sûr de voir le rapport, et puis très souvent, ça tombe juste, comme il faut, pile poil, nickel chrome. Pour être franc, je dois en recevoir certains avant la date prévue, vu que je ne les comprends que bien plus tard. Tout le temps Parfois, j’en reçois en numéro caché, et j’ai encore plus de mal. Mais au bout d’un moment, je finis par comprendre et hop, le coup de grâce. Sans parler des messages que je zappe, récepteur sur vibreur, mais vie trépidante. Et puis, en plus des sms impromptus, il y a aussi les longs messages, et les silences parlants, mais parfois, je fais pas gaffe, et là aussi je les rate. Pardon. Pouf pouf.

Cher Dieu,

J’aime bien ta Bible, je la trouve sympa et bien écrite, parfois un peu obscure ou compliquée à comprendre mais ça va. Le jour où j’ai réalisé que tu savais manier les genres littéraires, via les gens qui ont mis toute ton histoire sur papier, j’avoue que ça a été plus facile. J’ai encore souvent un peu de mal, mais ça va. Un des trucs que je trouve balaise, ce sont ces petites questions franchement rhétoriques qui ponctuent ce beau texte, genre “tu peux choisir la bénédiction ou la malédiction”, ou encore le coup du Bon Samaritain. A tous les coups on est d’accord avec toi, et c’est vachement (je suis normand) bien trouvé.

Il y en a juste une qui me défrise les poils des oreilles ces derniers jours, et même un peu trop souvent, c’est celle que tu as soufflée à Paul quand il nous cause via les corinthiens. “O mort, où est ta victoire?”. Ben, euh, comment te dire sans te froisser, ces jours-ci, j’ai du mal à retrouver l’aspect rhétorique. J’ai envie super fort de répondre: “un peu trop partout, surtout là où il ne faudrait pas”. J’avoue en avoir un peu marre, et j’aimerais bien que tu me fasses recevoir le message suivant, celui où je reprends pied, celui où je vois la force et la promesse tenue dans la résurrection de ton Fils, celui où tu me mènes sur un chemin vers toi et qui me fera dire “c’était un sacré ravin, j’y ai beaucoup perdu, mais tu m’as bien récupéré sur ce coup là, et je me sens en confiance pour le prochain”. Là, je me sens un peu Icare qui croyait qu’avec quelques plumes, ça allait le faire. Et Paf.

A ce moment là, comme je ne m’ennuyais pas, on a décidé, dans la paroisse, de proposer des offices supplémentaires dans les églises, et c’est bibi qui s’est coltiné la constitution d’un hymnaire. Quelques heures devant le PC, (facebook globalement éteint pendant le carême) à mettre en forme des hymnes en tous genres, pour pouvoir prier. Et dans la période “temps pascal”, (Pascal qui était super fort sur les questions rhétoriques, ça aurait du me mettre la puce à l’oreille, c’est fou, on n’est pas attentifs parfois), dans la période temps pascal, le temps où tu gagnes, je suis tombé sur ça:

Fini le temps du Golgotha,
fini le cri du Fils de l'homme,
     finie la croix,
     sinon pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité ?

Fini le temps du Serviteur,
fini le soir du Fils de l'homme,
     finie la peur,
     sinon pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité?

Premier réveil au Dieu de vie,
premier matin du Fils de l'homme,
     premier réveil
     aussi pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Encore le temps des Golgotha,
encore la soif au cœur de l'homme,
     immense croix
     du Fils de l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Viendra le temps de nos soleils,
viendra ton Jour, ô Fils de l'homme,
     en toi réveil
     de tout cet homme
     que nous sommes.
Ton souffle est notre Pâque, Jésus Ressuscité.

R/ Lumière aux nuits de mort,
feu de Pâque aujourd'hui,
allume un chant d'espoir,
Dieu de Pâque dans nos vies.

(Claude Bernard)

Ok, message reçu. “sinon pour l’homme que je suis”. Ta victoire, va falloir que j’apprenne à la recevoir, dans mon histoire.

merci.

je te claque une bise. Embrasse Jésus, sa mère, le Saint Esprit et les bienheureux de ma part,

Bisous,

David.

samedi 12 mars 2011

l'Ecrin Ecrit de Dieu

Mercredi des cendres.
La salle qui héberge l’eucharistie dominicale de la Rosière est squattée par un spectacle d’enfants.
Nous n’avons pas de lieu pour célébrer…

Au soleil couchant, nous installons une table devant la porte de la minuscule chapelle
- exvoto de retour après guerre des hommes d’une famille savoyarde -
un calice, une patène, du buis sec, quelques chaises.

Trop nombreux pour l’intérieur, nous voilà condamnés à célébrer sur le monde
sous les derniers rayons d’un soleil qui réchauffe à peine
mais embrase, encore, toujours, les cimes qui nous servent de piliers

il fait froid, et mordus par la bise, personne ne s’assiéra
Cène debout, chaussures (de ski pour certains) aux pieds, manteau sur les reins
un enfant s’assoupit, épuisé par les cours, un autre joue, entre neige et herbe.

la Parole est offerte, les fronts sont cendrés, l’eucharistie célébrée

Le carême, chemin intérieur, se fait chemin dans le monde
vers un ciel dont on devine qu’il ne faut le chercher (uniquement) les yeux fermés
il sera lumineux, orienté, rassemblé.

S’il faut aller dans le secret pour écouter la voix de Dieu
il faut tout autant emmener au grand jour, au grand vent
son attention pour lire dans Sa Lumière sa Parole écrite, son chemin vers les Cieux.

carême,
redécouvrir ce monde comme l’écrin des cieux, et celui de Dieu.

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(le premier qui se plaint du froid dans nos églises, je lui rappellerai ce souvenir…)

samedi 4 décembre 2010

Araignée du matin...

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A délaisser sans attention les espaces de nos vies spirituelles, nous n’en fréquentons plus que rapidement les lieux communs, laissant poussières et araignées en peupler les recoins. Peu de conséquences dans les lieux de grand passage mais… Nécessairement, à courte échéance, les voûtes auxquelles on aspire mais que l’on néglige se strient de sombre, rayant notre espérance joyeuse d’une noirceur désagréable. 

Si nous n’inondons de lumière les recoins de notre ici bas, nous laissons s’encombrer, sans le faire exprès, notre chemin vers le ciel.

pensée du matin, lors d’une heure trente réfrigérante à attendre le pénitent dans une église dont la voûte était joliment tendue de toiles d’araignées

samedi 13 novembre 2010

t'es encore rentré à pas d'heure, hier!

Aux plages riantes et bruyantes de l’été, sous le soleil tapageur, j’ai longtemps préféré la morsure du froid et son silence nocturne.

C’est pour cela qu’au volant de ma première voiture (une superbe fiesta millésime 1981, 4 vitesses, se traînant au super), je goûtais d’aller m’asseoir pendant la nuit, une fois tout le monde couché, hiver comme été, sur le sable invisible. Je me souviens d’une nuit, il était tard, et pour une fois je n’étais pas seul. Je rêvais chantonnant sous les étoiles, il s’était assis pas loin. Peu de paroles, juste l’éclat bref d’une cigarette allumée de loin en loin, et quelques propos sur la foi. Témoignage sans visage. Une autre nuit encore, en son milieu hivernal, le temps s’était fait plus opaque. Vent de front, glaçant, nuages bas ou embruns, je ne voyais ni mes pieds, ni la frange de l’eau à quelques mètres, ou plus loin peut-être. Dans mon dos une falaise, puis des frissons. La poisse de nuit était telle qu’on ne pouvait rien deviner, sauf la griffure du froid et le chant du ressac, renvoyé par les falaises derrière, jusqu’à la peur d’un son allant augmentant. j’avais fini par fuir, en perte de repaire. Sans rien voir, le bruit se fait obsédant et l’obsession idiote. C’était il y a longtemps, quand les téléphones étaient encore attachés à leur fil et n’éclairaient rien, quand il fallait choisir entre un livre ou une chemise pour ne pas ruiner le budget, quand j’aimais chercher dans l’infini regardable de la mer, des étoiles et du sable, des renvois d’une quête fort adolescente, finalement. L’infini, ce soir là, colmaté dans l’impossibilité à voir, s’était fait oppressant.

Maintenant, j’ai une voiture économique qui m’a coûté beaucoup plus cher, des chemises dans mon armoire, un emploi du temps à la con, un sommeil raisonnable de vieux qui ne me donne pas le goût des balades nocturnes, et un téléphone brillant qui ne se contente pas de sonner, mais illumine, et me rappelle mes rendez-vous à rater. Jeudi dernier, il m’a même rappelé l’anniversaire de mon grand-père, mort en début d’année. Alarme oubliée. C’est con parfois la technologie.

Con mais pas inutile. Comme on était à deux pas du 2 novembre, en rentrant de réunion, j’ai décidé de m’arrêter le voir, gisant, sous une dalle du cimetière. La dalle, je la connaissais, j’avais présidé l’inhumation. Le cimetière était vide, à minuit, et pas éclairé pour deux sous. L’église, au cœur de l’enclos était nimbée d’un halo inquiétant, reste de luminosité, ou fruit d’un réverbère, derrière, oublié. j’ai enjambé des tombes, imaginant des sentiers qui sans doute n’existent pas, et me suis posé devant la chape de béton, avec pas mal de fleurs en ornement. La famille est fidèle, c’est bien. Je lui ai parlé, ou parlé à Dieu, je ne sais pas. Des vivants, de lui, de sa femme, mes cousins, de moi. Je me suis trouvé timbré, le cul dans l’herbe, devant une tombe, en pleine nuit, et me suis fait doucement sourire. Si jamais je me vautrais, le front sur un angle saillant, j’étais bon pour attendre le levant avant que quelqu’un me retrouve.

Je ne suis pas resté longtemps. En remontant dans la voiture, j’ai désactivé l’alarme, décidé d’écrire à ma grand-mère, et béni le temps où j’avais apprivoisé l’immensité de la nuit, n’ayant plus peur de n’y être qu’un rien, pour pouvoir, une nuit glauque de novembre, oser me tremper dans un cimetière.

on ne sait jamais la fécondité de nos mauvaises idées.

Blogdavidlerouge-14

lundi 11 janvier 2010

Serais-tu aussi chaste que la glace et aussi pure que la neige, tu n'échapperais pas...

par Martin Vidberg, in son blog de patates

dimanche 10 janvier 2010

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on peut y perdre du temps. Au programme de ce week end, il y avait une soirée aumônerie sur le thème des vœux de bonne année, le baptême de Gersende, fille d’ami, du côté de Caen, une soirée catéchuménat avec Sophie, quelques messes en pagaille… Et les intempéries faisant leur joli ouvrage, rien ne se goupille comme prévu.

le baptême est reporté, les convives, parrains et marraines compris ne pouvant se déplacer, et on soupçonnait l’eau d’être gelée (je ne sais pas si on a le droit de baptiser avec des glaçons), la soirée aumônerie a bien rassemblé les jeunes mais pas les animateurs, bloqués, donc on a regardé un film après les galettes, la catéchumène étant enneigée elle aussi, réunion reportée. Mais comme il fait un froid de gueux et un vent à décorner… ce que vous voulez, pas question de balades vivifiantes. on ne rêve que de comater sous la couette.

Comme s’étaient libérées quelques heures, j’ai fait du tri dans mes photos et je me suis acharné sans succès sur un article que je n’arrive pas à écrire sur les églises playmo (oui, je sais, ça tient de la névrose), alors le soir venu, j’ai été tenté d’aller voir Avatars, comme tout le monde. Oui mais voilà, il fallait aller dans l’usine à cinéma, voiture pop corn et compagnie… je me suis rabattu sur mon petit ciné du coin et bien m’en a pris.

J’avais la tête et les yeux en vrac et l’image était belle, un noir et blanc soigné travaillant avec délice sur les ombres, les reflets de lumière, les mises au point sur les yeux, le travail sur les corps. Les images de Patagonie sont un régal, les dialogues en VO aussi. On y parle de relations de famille, de “dit” et de “tu”, de lumière qu’on ne peut voir dans les yeux, de salut, de vérité, d’amour avec ou contre gré. Pas si facile d’aimer sans risquer de détruire. Pas si simple de se laisser aimer. Pas si simple de dire et vivre avec la vérité. Pas si simple parce que … assumer est une histoire de temps. Le film est long, les flash-backs colorés, les entrelacs de musique et de danse, les génériques de beaux objets. On y pense même aux clichés léchés de fred Béveziers.

la petite déception sera venue de ma voisine qui continuait à répondre au téléphone en se raclant la gorge. Mais c’est moins insupportable que le pop-corn. J’en suis sorti ébloui, et ébouriffé par un vent qui n’avait pas faibli.

mardi 3 février 2009

Il pluvine, il neigeotte (sic), L'hiver vide sa hotte.

"la pluie du matin n'effraie pas le pèlerin."
la neige, si.

l'eucharistie matinale a vu son assemblée
par les intempéries sensiblement diminuée,
qu'importe le nombre, on a la qualité
quand deux ou trois en Son nom se sont rassemblés!

(photo du jardin de l'aumônerie © C.Ferey)

dimanche 4 janvier 2009

gélifiant

que l’hiver se fasse sentir, j’y consens;
qu’il cajole de ses petites températures les plus septentrionales contrées continentales, je trouve ça normal;
que les skieurs aient des engelures au nez, cela va de soi;
que les bactéries subissent ces jours-ci une belle hécatombe, peu me chaut;
que la ventilation de ma voiture me chahute la voix, je m’y fais;
que le rassemblement de Taizé se soit mué, par la grâce de ce petit groupe hyper réactif et généreux en une course à travers la foi, je le paie mais m’en réjouis…

Mais qu’il fasse tellement froid que dans la célèbre ville de Cherbourg (connue pour la tempérance de ses températures pendant l’hiver) même la mer gèle… ça me fait quand même un peu bizarre.

Ce matin, pour aller à la messe de 9h30, en longeant le bassin du commerce, une couche de glace le couvrait intégralement. brr