Aller à la recherche

mercredi 23 avril 2014 08:56

Chercher le Christ

BlogDavidLerouge-297

Que chaque âme qui cherche Dieu sache qu'elle a été devancée par lui, qu'il l'a cherchée le premier... « Durant les nuits, j'ai cherché celui que mon cœur aime » (Ct 3,1). L'âme cherche le Verbe mais c'est le Verbe qui d'abord l'a cherchée... Laissée à elle-même, notre âme ne serait plus qu'un souffle qui s'en va au hasard et ne revient plus. Écoutez les plaintes et les supplications de celle qui erre et qui a perdu sa route : « J'ai erré comme une brebis perdue ; cherche ton serviteur » (Ps 118,176). Ô homme, tu veux revenir, mais si cela dépendait de ta seule volonté, pourquoi demanderais-tu le secours ?... Il est évident que notre âme veut revenir mais ne peut pas ; elle n'est qu'un souffle errant et qui d'elle-même ne reviendra jamais...

     Mais d'où lui vient cette volonté ? De ce que déjà le Verbe l'a visitée et cherchée. Cette recherche n'a pas été vaine, puisqu'elle a suscité la volonté sans laquelle il n'y a pas de retour possible. Mais il ne suffit pas d'être ainsi cherchée une fois ; l'âme est trop alanguie, et la difficulté du retour est trop grande... « La volonté est en moi, dit saint Paul, mais je ne parviens pas à faire le bien » (Rm 8,18). Que demande donc l'âme, dans le psaume que je citais ? Rien que d'être cherchée ; car elle ne chercherait pas si elle n'était pas cherchée, et elle ne recommencerait pas à chercher, si on l'avait assez cherchée.

Saint Bernard
Serm. 84 sur le Cantique des cantique
s

BlogDavidLerouge-304

dimanche 6 octobre 2013 21:04

une ballade sur le chemin perdu

CirquePlume©YvesPetit (19)

Je vais finir par être jaloux du talent que Dieu dépose dans la vie de tant de personnes qu’Il s’acharne à mettre sur mon chemin… parce que ça tient du miracle. Il a dû décider, depuis le début de ma vie, de me sauver même quand je n’ai même pas l’impression d’être perdu. Il l’a fait en me tapant sur l’épaule dans le coin d’un oratoire parfois, en patientant que ma nuque se déraidisse souvent, en papillonnant d’un cil discret en orée d’un coucher de soleil mirobolant, d’un bout de Parole glissée au coin de l’oreille, d’un arpège de poète libre et chantant. Il l’a fait d’un sourire au bon moment, d’un téléphone qui a sonné à vide, d’un bout de papier griffé d’encres adressées, d’une vibration au fond de la poche. Il l’a fait au bas d’une page cornée, d’un cd retrouvé, ou dans une photo, ou quelques notes offertes par un artiste vrai et vibrant. Il l’a fait dans l’horizon balinais.

Samedi, tout allait bien avec ce qu’il faut de boulot par dessus la tête. C’était mon seul soir libre de toute la semaine, parce que la veille, c’était un beau moment d’aumônerie, mardi, des lumières estudiantines sur le récit de Cana, mercredi des étudiants célébrant leur année en commencement, jeudi un dîner de confiance délicate dans une famille engagée. Et lundi, j’avais reçu un email à durée de vie limitée, qui annonçait un ami, un spectacle, une ville, et le tout uniquement pour cinq jours. C’était le dernier soir. J’ai foncé, en retard comme parfois vers Caen, le coeur léger de revoir Greg, le génial pianiste-trompettiste-danseur-joueur_de_gamelan-percussionniste_corporel que j’avais reçu comme ami à Bali. Je suis arrivé à Caen, le moteur essoufflé de s’être hâté, et 1/4h avant le début, c’était archi complet. Grégoire avait griffonné mon nom pour l’ouvreuse, et m’avait invité d’un coup de fil tonitruant, à me faufiler pour trouver une petite place. J’ai grimpé quatre à quatre les gradins et demandé au sourire qui m’accueillait au sommet si elle n’avait pas une idée pour un tout seul et tout maigre. Deuxième rang, parfait. La famille à mes côtés était tout sourire, tout heureuse d’être là. Un papa, quatre enfants arrivés depuis pas mal de temps. On a bavassé les dernières minutes, je devais être le seul parmi les mille spectateurs entassés à ne pas savoir ce que je venais voir… le cirque plume.

Il faut dire que je n’aime pas le cirque, les hommes qui maîtrisent fauves et animaux, qui maîtrisent le corps, qui maîtrisent le rire, le strass et les airs, et concluent, bras et mains tendus, victorieux, d’un sourire en TADAAAAM, j’ai peur des clowns parce que leur identité s’inscrit sur leur peau, ils cachent l’intérieur sous l’emphase, et le maquillage démesuré fait obstacle à ma sérénité. Je suis moins impressionné que perturbé par cette excellence vibrionnante. Je n’aime pas le cirque.

Et la lumière s’est éteinte sur le plateau encombré vers lequel descendait un piano à queue suspendu, et où oscillait une larme de verre. ET TOUT A COMMENCE.

C’était encore une fois, comme à chaque fois que je suis touché, d’une sensibilité et d’une légèreté sans nom. Pas de brio, pas d’excellence tapageuse mais des talents qui s’expriment dans des sourires complices, un clown émouvant, des artistes-musiciens-circassiens qui laissaient se déployer leur talent dans une poésie sans mot, dans une douceur ébouriffante.

Il y avait cette femme qui jouait avec les flots, avec la mort, avant de s’élever aérienne vers des cieux sans effort, ou ces personnes traversant le plateau en rythme effréné, il y avait de l'air, du son, du talent, il y avait ce second degré léger, il y avait ce rythme, celui de Greg, mais partagé avec des talentueux du corps et du reste. Parce que c’est cela qui m’a touché avant tout. C’était tout l’homme, de la moindre fibre de ses muscles à la délicatesse de son mouvement, du pétillement de ses yeux aux harmoniques de ses ensembles musicaux, on sourit, on rit, on vole un peu.

CirquePlume©YvesPetit (7)

On se dit surtout que l’on doit, dès le retour, vaquer à cette occupation fondamentale, de donner le sourire, de sourire en donnant, de permettre à ceux que l’on rencontrera de déployer en eux le don qu’ils ont reçu, de concourir, comme Eglise, à quelque chose de cette joie qui est don de Dieu. Je vous assure que parfois, il y a des gens qui ont une manière de vous regarder et de vous donner, qui vous permet de deviner sous tant de talent quelques reflets des cieux. Un cirque d’une humanité bercée d’infini, tendre, léger, donné.

Le plus beau, c’est de croiser au sortir des étudiants du mercredi, ou un ancien élève qui me reconnaît, puis de parler en vérité avec l’ami retrouvé. Parce qu’il est doux de se laisser sauver.

et comme dans toute ballade, à la fin de l’envoi, ils touchent.

ça se passe là.

vendredi 7 juin 2013 09:07

de hominis dignitate et de gratia

tout petit traité d’anthropologie et de théologie de la grâce en une image.

ni par puissance ni par force, mais par la grâce du Seigneur.

image
pas tant pour ce que je sais faire, ou ce que je saurai faire
mais pour la vie où Dieu m’appelle, et se saisit peu à peu de ce que je ne sais pas lui donner.

mardi 19 mai 2009 11:51

1/5760

A ne pas aimer la demi-mesure, tel un Buridan
on meurt d’estime pour les moines brûlés de silence,
les saints donnés complètement aux autres,
les intellectuels qui brillent au firmament du savoir,
les éducateurs à la patience bienveillante et inaltérable,
mais devant tant de perfection, on reste pétrifié dans sa vie telle qu’elle est

“Je n’ai pas assez de temps pour prier
ni de disponibilité, de ressources pour comprendre
je n’arrive pas à me libérer”

l’infime fricote avec l’infini…

à défaut de m’être laissé complètement habiter
il m’a suffi, hier, de 15 secondes au soir d’une journée
garé sur le port du Becquet
pour insuffler un air d’éternité dans une poignée d’instants
Dans la brise du soir, retrouver un souffle de créé.

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