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vendredi 1 mars 2013

les doigts dans le nez

acheter un billet d’avion au pied du Merapi en 20 leçons

  1. laisser le portable et le téléphone charger toute la nuit puis de bon matin,
  2. allumer les deux, brancher la connexion sur la 2G indonésienne
  3. trouver le site de voyages low costs
  4. laisser l’ordinateur mouliner, la connexion est digne d’un fax
  5. trouver le vol, cliquer, attendre
  6. remplir les champs du formulaire, réaliser qu’il faut un numéro de téléphone local, courir fouiller dans son sac pour retrouver le numéro noté sur un bout de carton
  7. relancer le téléphone parce que la connexion s’est essoufflée
  8. sortir son portefeuille, inscrire le numéro de sa carte bancaire, valider, prier pour que ça ne plante pas
  9. ça plante, reprendre au 4. ça passe, réaliser que le secure code de ta banque va t’envoyer un sms avec un numéro à noter. Réaliser que depuis trois jours, ton téléphone français ne capte pas. Tout est à l’eau, éteindre l’ordi, choper le téléphone, descendre à la paroisse, 200 mètre plus bas, pour trouver une solution. En route, ton téléphone français se met à capter, alors pour lui forcer la main, appeler le fixe de la maison pour faire repérer le téléphone et retrouver le sms, qui arrive.
  10. Joyeux, demander à la paroisse de piquer leur connexion internet pour enfin réussir ton coup.
  11. Depuis trois jours, l’internet est planté. Demander l’autorisation de bosser avec les deux cartes SIM actives  depuis la paroisse
  12. tout reprendre depuis le bédut. Réaliser que la SIM française fait planter la 2G indonésienne de manière totalement aléatoire. Le processus 4 plante trois fois de suite, la connexion française disparait de loin en loin.
  13. Quitter la paroisse, et, en remontant, recevoir un sms de France en relançant son téléphone.
  14. demander s’il y a ici un café internet, on me répond “oui” et c’est une petite fille de trois ans et demi qui me guide à petits pas dans le village jusqu’au café en question, mais fermé.
  15. rentrer à la maison. Choisir le "sport"
  16. déconnecter la sim française, se connecter via la 2G, choper le site, tout remplir, valider, éteindre la 2G, rallumer la sim française courir dans le village, forcer le téléphone, recevoir le sms, courir vers le PC, éteindre la sim française, rallumer la 2G, reconnecter le PC, entrer le numéro, valider…
  17. la connexion plante.
  18. réessayer
  19. c’est passé.
  20. cool.

dimanche 16 décembre 2012

Twitter, le pape y est virtuel

L'un des Le buzz de la semaine, ce fut l'arrivée de Benoît XVI sur twitter, le site de micro-blogging. Pseudo "vérifié", avatars par langues, l'évêque de Rome a emboîté le pas de Mgr Giraud, l'évêque twitto aux twithomélies si célèbres. Toutefois, si les "followers" se sont abonnés peu à peu à l'évêque de Soissons, par ouï-dire de la qualité de ses méditations, la célébrité du pape l'avait bel et bien précédé et les affaires ont été plus rapides. Plus de 650 000 followers avant la première parole, le double après ce fameux premier twitt. Le pape a donc tweeté, confirmant son désir de faire résonner la parole de Dieu par toutes les voies, à la manière de ses prédécesseurs ouvrant les voies télévisées. L'Urbi s'étend à l'orbi, et tout le monde s'extasie.

A vrai dire, tout le monde ne s'extasie pas et les faux comptes se sont multipliés, ainsi que les centaines de parodies. Etre à une blague potache du pape qui constitue LA figure du christianisme (si possible poussiéreux) est une aubaine à la portée du moindre rigolo en mal de pochetronade, et du premier militant PS. Je me souviens avoir mis, il y a deux ans, mon numéro de portable sur une affiche destinée à des étudiants. Des rigolos, déjà, avaient anonymisé leur téléphone pour me faire une blague. Qu'est ce qu'on rigole.

Bon. Le pape a twitté, et il a un peu grugé. 140 caractères, ce n'est pas vraiment assez pour un esprit habitué à la finesse du propos, et à la justesse de l'adresse. 7 twitts, donc, nombre symbolique. 12/12... tout aussi symbolique. Bien ouèj, Ben'.

Benoît XVIBenoît XVI@Pontifex_fr

Chers amis, c’est avec joie que je m’unis à vous par twitter. Merci pour votre réponse généreuse. Je vous bénis tous de grand cœur. Comment pouvons-nous mieux vivre l’Année de la Foi dans notre quotidien ? Dialogue avec Jésus dans la prière, écoute Jésus qui te parle dans l’Évangile, rencontre Jésus présent en celui qui est dans le besoin. Comment vivre la foi en Jésus Christ dans un monde sans espérance ? Avec la certitude que le croyant n’est jamais seul. Dieu est le rocher ferme sur lequel construire sa vie, et son amour est toujours fidèle. Suggestions pour être plus assidus à la prière quand nous sommes très pris par les exigences du travail, de la famille et du monde ? Offre ce que tu fais au Seigneur, demande son aide en toute circonstance de ta vie, et souviens-toi qu’il est toujours proche de toi.

Le pape m'a tutoyé, et j'ai écouté.

Alors les médias ont repris l'info, les radios ont appelé au téléphone tout ce qu'elles avaient comme prêtres déjà twittos (j'avais vraiment autre chose à faire mercredi) et on a loué l'Eglise qui se met enfin aux médias sociaux. Le pape qui parle directement au vulgum pecus et se met à distance d'un @... tellement moderne, et inattendu d'une église supposée sénescente.

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Mais à bien y réfléchir, ce n'est pas Benoit XVI qui a rejoint twitter mercredi, mais bien un autre pape qui l'a, globalement, inventé:

une phrase courte, un motif, enraciné dans un corpus plus long, adressé en tutoiement à des centaines de milliers de personnes instantanément, amenant un bruissement de réactions qui n'entraveront pas la suite des publications, réactions qui ne recevront pas de réponse personnelle de l'auteur mais un mouvement d'ensemble, le premier twitt du pape n'est pas l'œuvre de Benoit le seizième, mais du deuxième Jean Paul.

Jean Paul II a inventé les JMJ, invitant des centaines de milliers, des millions même de jeunes à le suivre pour écouter les messages courts, puisés dans l'Evangile, qu'il adressait. Suscitant la réaction de chacun puisque la parole atteignait chacun sans intermédiaire, suscitant la parole entre nous, puisqu'il était encore un peu loin pour nous répondre. Le premier twitto, c'est Jean-Paulo.

Certains chrétiens répondront en son nom aux #askpontifex, le buzz fera parler tout un chacun... Bon, ce n'est pas nouveau. C'est exactement le mouvement des JMJ, le premier réseau pontifical où les chrétiens répondaient aux questions suscitées par le pape.

Néanmoins, et plus profondément, cela met en lumière un grand glissement qu'a initié le pontifex d'avant : mettre la parole du Saint Père en accès direct, en écoute directe sans intermédiaire ni relais, pour chacun. Cela a donné une force prédominante à la parole romaine, et une voix à l'Eglise, shuntant probablement beaucoup de paroles intermédiaires. Avant, on entendait parler du pape par son curé qui le tenait de son évêque, maintenant, on le sait par l'AFP, ou par twitter d'ailleurs. La voix de l'Eglise, c'est le petit accent allemand chantant du pape, et ses phrases hautement ciselées, adressées...

Mais cette compression de l'épaisseur de la structure de l'Eglise à la seule parole personnelle du pape n'est pas sans poser de questions. D'abord, le pape ne s'adresse que rarement "à tout le monde", et cette divulgation au monde entier de propos adressés aux Africains/évêques/prêtres/jeunes italiens/ou/ou/ou amène des ambigüités que tous ne savent interpréter. Le pape parle précis, et il ne joue que très peu du mode de la petite phrase médiatique. Et sans vecteur de lecture, ça va pas être simple.

Ensuite, il y a cette histoire de proximité absolue. L'idée même, par exemple que Cécile Duflot puisse lire un tweet que je lui adresse, et me répondre personnellement est à la fois intéressant, grisant mais en même temps embêtant. En effet, les médiations plus proches, humaines, ont elles aussi leur pertinence. une figure lointaine et impersonnelle est plus facile à puncher qu'un visage au plus près. Mais ça nourrit aussi l'idée commune que les prêtres sont des portes voix papaux. J'en veux pour preuve une question qui m'a été adressée par un journaliste d'Europe 1: "quels sont vos rapports au quotidien avec le Vatican?" – euh...

Alors je ne sais si je dois me réjouir que le pape vienne sur twitter.

Pour ma part, je me suis toujours situé sur internet un peu en franc tireur, comme David, prêtre à Cherbourg, et qui parle en ce nom. Ni comme le curé que je ne suis pas, ni comme parole officielle de l'Eglise que je n'ai pas, mais essayant d'accueillir le mystère dans l'embrouillamini de ma vie et de mes engagements. Là, ce sera un compte twitter officiel. Reste à voir ce qui en sortira.

Mais bon, après tout, s'il n'y en a qu'un à suivre, vraiment, c'est pas le pape, c'est son patron. @, DM, twitts, il fait ça mieux que tous. Sans perte de qualité.

lundi 18 juin 2012

catholol

Avant, c’étaient rien que les méchants punks, les anars, les socialomaçonniques, les laïcards, les velus soixantehuitards de Fluide, ou les perfides Monty Python qui se poilaient sur Jésus. Parce que comme le disait le vénérable Jorge “Le rire est la faiblesse, la corruption, la fadeur de notre chair. C’est l’amusette pour le paysan, la licence pour l’ivrogne… le rire reste vile chose.”
Maaaîîîîîtreeeeeeesse, Ils font rien qu’à se moquer de la religion, et c’est pas gentil.

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A dire vrai, dans le secret des tables de presbytères, le cosy des bars de séminaire, au dessert des tables avinées, on échangeait bien quelques “bons mots” quelque peu irrévérencieux, de calembours en contrepets, à hauteur de collège du genre “tes vacances de Pâques, Jésus, tu peux faire une croix dessus” et autres vannes bibliques, mais ça restait discret.

Et puis, il y avait eu la période de la paraphrase édifiante. On traduisait en kikoolollangage l’Evangile pour le faire lire par les djeuns déjà convaincus. Métaphores en tous genres, sourires amusés. Je me souviens d’ailleurs d’une mise en scène actualisée du Fils Prodigue tout à fait pertinente… mais d’une manière générale, c’était mignon. Souvent culcul. Mais mignon.

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Ce n’est qu’ensuite qu’on a commencé à se prendre un peu moins au sérieux, mais avec une certaine application. Ce fut le premier tome du voyage des pères de David Ratte que j’ai particulièrement apprécié, les disciples ou le blog d’Edmond Prochain (que nous félicitons pour l’ensemble de son œuvre)... La grande histoire vue par le petit côté, le second degré au service du premier… Et il se passait quelque chose, puisqu’on s’en voulait, après chaque case, d’avoir zappé ces petits détails de l’histoire. Qui avait apporté les 12 paniers dans la montagne, que sont devenus les convertis de Jésus, et ses ennemis? tant de bonnes questions laissées en suspens et en sourires par l’Evangile. Tout à coup, à force de talent, et d’humour bien senti, on se sentait des velléités, sans honte de partager nos sourires de cathos. Ils avaient pris pas mal de qualité. Bon, forcément, à jouer sur le terrain de l’humour, ça s’essouffle parfois, ou passe à côté, mais c’est frais, et drôle. On y fait du lourd légèrement, du profond qui décolle. Bref, je suis fan.

le voyage des pères

Mais ça ne pouvait pas s’arrêter là. L’écrit, le dessin, il fallait aller dans le plus animé et les cathos se sont saisi, comme tout le monde de la vidéo. Faut être lucide, peu de propositions surnagent et survivent. Souvent, ce sont de petites vidéos de délires en interne qui ont bien fait marrer ceux qui les ont réalisées. Et surtout eux. ça bricole, quelquefois avec talent, et on peut tomber sur de petites pépites. Certaines ont voulu aussi animer de jolies réflexions sur l’Eglise. Je pense notamment aux travaux de pas mal de protestants vraiment bien réalisées. Pro, équilibrées, bien pensées… Le terrain de jeu était enfin ouvert.

Et l’humour s’y est mis aussi. Parodies réussies de Bref, parodies ratées aussi et tout récemment, une petite série sous les augustes insignes de l’1visible et Kto, sponsorisée par le CNC. Faut le dire, ça sonne et c’est pro. C’est THE Cathologue.

En trois minutes, Jérôme, Damien, Chloé et Hugo, dans leur appart’ rangé brodent autour d’une question bien sentie de la foi chrétienne, avec la volonté délibérée, et délibérément foirée de nous éclairer dessus. Jérôme y est plein de bonne volonté et de clichés, de vannes moisies, et plante ses explications pour le grand sourire de tous. Damien instille, en semi voix off et assourdie le thème qu’il voudrait voir passer, mais sans succès.

C’est pro. Les persos sont pas mal campés, le positionnement est clair, et les vannes plus qu’abondantes. C’est super bien réalisé, avec de jolies incrustations de texte amusantes comme tout (des illus sonores un poil agaçantes), et ils naviguent dans un univers culturel influencé par pas mal de films, jeux, références bien fun et partagées par beaucoup. Si on lit la citation qui gît sous la vidéo, dans leur blogue, on trouve même le texte sur lequel ils se sont appuyés pour délirer ainsi, et nous faire rire. Parce qu’il faut le dire, les sujets sont vachement bien trouvés, et les questions pertinentes en fait, et les vannes sur Bob-dit-l’âne ou l’ornithorynque inédites et amusantes.

Simplement, même si je devine qu’ils jouent à tourner autour du thème, en se plantant avec talent et délibérément pour ne pas dire le “what-you-must-believe”, je reste systématiquement sur ma faim. D’abord parce que finalement, à vanner sur “ceci-en-fait-n’est-pas-la-vraie-réponse”, je reste à chaque fois à la fin de chaque vidéo sur un “so-what?”: une bonne question, pas de réponse. Je regarde alors la vidéo une deuxième, une troisième fois et je devine les harmoniques de réponses susurrées par Damien, ou par la négative par Jérôme. Du coup, les vannes qui distraient me font moins sourire, ou très subrepticement. Parce que c’est un cathalogue de vannes pour des vannes, parce que la vérité n’y est plus vibrante, mais affadie par le fait qu’elle devient le prétexte à se marrer.

C’est dommage, j’aurais bien aimé aimer. C’est vraiment compliqué de faire juste là dedans. Ou alors j'ai pas capté le projet. Ou alors je suis trop vieux. ça doit être ça, je suis trop vieux, ou trop curé. Désolé. Ce qui constitue, donc, un appel à être contredit. 

jeudi 29 mars 2012

quel avenir pour le livre ?

beaucoup des commentateurs l’ont dit, à lire beaucoup de blogs,
cheminant d’incises spirituelles en grégeois éphémères
on lit moins de papier étiré, ou pas autant,
et ma bibliothèque tend un peu à se pétrifier,
les pavés de la philosophie blêmissent à la lune,
les BD s’adossent paisiblement,
les usuels rivalisent de mode avec les usités
et les petits polars finissent par caler le trépied photo.

Blogdavidlerouge-119

je ne lis pas encore de livre par écran interposé, j’y diagonalise, parcours et shunte
j’y laisse moins au mot le temps de sonner. Et c’est un peu gâcher.

Néanmoins, j’ai encore suffisamment d’affection pour le livre, même virtuel
pour avoir le poil plus qu’hérissé quand ce distillateur d’imagination
se retrouve à ce point humilié jusqu’en ses couvertures.

une tapisserie de mur d’hôtel pour faire cosy, intelligent et joli.

Blogdavidlerouge-2-4

un panneau pour des chiottes d’autoroute.

Blogdavidlerouge-118

dimanche 13 mars 2011

самокритики 3

image
(trouvé là: http://thisisnthappiness.com/)

héhéhé Clignement d'œil

puisqu’on n’est pas …, on peut:

  • aller puiser dans la retraite dans la ville (point org) des idées de rangement de carême,
  • ET ne pas se borner à se restreindre dans les limites de l’ultracatho pendant les quarante jours, mais ouvrir les yeux pour voir en quoi la création ne cesse de se rapporter au créateur. Quitte à se recentrer sur Dieu, autant ne pas lui couper la parole en l’enfermant… Donc
    • écouter ses vieux CD et sourire des portes qu’ils ouvrent : David Sire, ses immenses et ses poussières, JJG qui oscille entre gris clair et gris foncé, Dick Annegarn, les Têtes Raides…
    • piquer la Bible d’un ami, avec une traduction qui défrise notre histoire avec les textes, juste pour ne pas savoir avant de redécouvrir.
    • ou…

Blogdavidlerouge-98

lundi 28 septembre 2009

je ne sais pas si mon évêque me lit ; ma mère, oui.

J’avais pourtant pris des mesures drastiques.

J’ai changé d’ordinateur avec un écran moins haut. J’ai changé changé mon bureau de place (les yeux perdus sur la canopée rougissante au-dessus de la webcam). J’ai ajouté un plug-in dans Firefox pour apaiser la tentation de laisser certaines fenêtres virtuelles longtemps ouvertes (on prend vite des courbatures de cerveau)… Et pourtant, je suis encore victime du syndrome de l’écran total. Mode protection maximum.

Rudoyer seul son clavier en s’adressant à un ‘tout’ planétaire, écrire en pensant à des commentateurs, des lecteurs, qui ne sont pas là, s’imaginer que ce sera lu, sans savoir ni quand, ni comment, ni par qui, ni pourquoi. C’était déjà vrai en petit blog isolé, c’est encore plus vrai depuis que je traîne dans la sacristie.

on tisse, plume à plume, de jolis petits liens
entre le quotidien et l’écriture,
entre ce qu’on était (et que les fidèles ont vu naître) et ce qu’on est devenu,
entre ce qui nous empêtre, et là où nous nous sentons appelés,
entre l’aventure spirituelle, et la délicatesse pour le raconter,
entre ce que l’on lit, et ce qui nous fait bouger.

j’ai changé d’ordinateur, avec un écran plus bas, et je reste encore surpris quand à la fin d’une messe, un paroissien s’avance pour me dire: “ah mais pour l’homélie, là, vous avez réutilisé la fin de votre billet de blog, non? parce qu’on vous lit!” Gloups. un lecteur, un vrai, qui commente en direct, signe que le planétaire commence à ma porte, que les propos lâchés dans le vague où l’on surfe tombent dans des histoires particulières avec lesquelles d’autres liens, moins virtuels, se sont tissés.

Eh non, je n’ai pas réutilisé le billet sur la petite sœur. C’est la petite sœur qui m’a tellement marqué qu’elle prend ses marques dans le blog, et dans ma vie spirituelle, et forcément dans ce que je peux en partager en tentant de redire l’Evangile pour aujourd’hui.

L’écran total, c’est de croire que les mondes sont séparés, qu’on peut y vilipender, louer, réfugier, ou y raconter ce que l’on veut. Le témoignage n’aura de profondeur qu’ancré dans l’expérience humaine et spirituelle dont il émane. S’il se gausse d’idées, c’est qu’il a pris trop de hauteur, ou qu’il s’est réfugié derrière l’écran protecteur.

Savoir, à temps et à contre temps, oser fermer ou laisser ouverte une fenêtre, sauf quand le courant d’air guette, celle des yeux, celle du cœur, celle sur la cour (avec les odeurs de poubelle), celle où l’on surfe… Qui sait, on pourrait s’y laisser évangéliser. En tout, de la mesure, une bonne dose, loin de l’over-.

vendredi 22 mai 2009

En devanture

Quand la journée est officiellement fériée, on peut prendre le temps de marcher moins vite dans les rues pour rentrer, une fois la messe terminée. L’heure est à la flânerie légale. (Enfin presque, puisque les magasins sont quasiment tous ouverts). Le regard paresse sur les devantures habilement travaillées pour faire entrer le chaland. “Soldes” collé ici, “nouvelle collection” là, “le 3e T-shirt offert”, ou une palanquée de mannequins costumés de sweats roses à 39,90€. Un papillon sur une des vitrines a pourtant retenu mon attention. Pas de couleurs, du texte, du long… Pas de doute, c’est une librairie…

Et le propos est audacieux. Même pas une critique de livre, une pub pour un festival quelconque… non, tout simplement une citation qui invite à ne pas se laisser faire par le prêt-à penser, le prêt-à-absorber charrié en masse. La citation est séduisante, finalement… Qui n’a pas senti, au travers de la lecture de tel ou tel livre, une justesse qui ne ne se laisse pas découvrir au premier abord? et la libraire nous offre toute une citation pour flatter le lecteur qui, un jour au moins, est entré dans le secret d’un auteur.

En même temps, il me reste un doute… je ne suis pas si sûr. Le problème n’est peut-être pas tant que ça dans le média ou le moment que dans le regard posé sur lui. C’est le propos du dernier billet de Frappat. Le quotidien porte son lot d’insignifiants qui veulent bien être parlants si on leur prête attention, sens, si on les laisse s’incrire en histoire. C’est même un des objets de ce blog.

Il est souvent si rassurant de se plonger dans de grandes idées, dans des livres ou des propos éthérés, pour vérifier ensuite s’ils s’appliquent dans la vie d’aujourd’hui, dans des situations simplifiées pour leur coller…
Il est plus enrichissant de regarder autour de soi sans savoir ce qu’on va y trouver, car les harmoniques qui s’en dégagent feront sans doute avancer.

“Like a hint of e-

oups, ah non:

Famille Chrétienne a publié un article sur les blogueurs cathos aujourd’hui… un article qui tendrait donc à prouver qu’Internet, tout comme le Nutella, ne rime pas avec péché! L’article parle d’Edmond, Coolus, Zabou, Emmanuel et Véronique (via mes rencontres), et me qualifie de “Delerm du Web”… Sourire de la journée!

vendredi 1 mai 2009

le nouvel Arsenal de Cherbourg

en trouvant sur internet ce petit article:

Un moine catholique recelait un arsenal dans sa cellule

Un chanoine de l'ordre catholique de Prémontré a été suspendu après la découverte d'un véritable arsenal dans sa cellule d'un monastère d'Innsbruck, en Autriche, rapporte le quotidien Kurier jeudi.
Plus de 50 fusils et pistolets, ainsi que de nombreuses munitions, y ont été découverts ainsi que dans le presbytère de la paroisse dont l'ecclésiastique de 60 ans était le curé, selon les autorités.
Le moine, qui a été suspendu de ses fonctions d'aumônier par sa hiérarchie, a indiqué collectionner compulsivement les armes depuis l'âge de 15 ans mais ne jamais s'en être servi, selon un porte-parole de la police, Ludwig Spörr.
L'arsenal, découvert à l'occasion de travaux de rénovation dans le monastère Wilten d'Innsbruck, au Tyrol, était en assez mauvais état. Le chanoine, qui est passible de poursuites pénale, a indiqué l'avoir constitué principalement en chinant sur des marchés aux puces. (belga)

7s7 Insolite - Un moine catholique recelait un arsenal dans sa cellule (838545)

je ne peux que nourrir une crainte légitime… Le capharnaüm de matériel et munitions utilisé pendant les soirées aumônerie, retraites de profession de foi, et camps en tous genres qui encombre l’escalier de l’entrée peut il être considéré par les forces de l’ordre comme offensif, étant donné leur caractère pléthorique et amphigourique ?

mercredi 4 février 2009

de la créativité au royaume du fast thinking

il est de bon ton dans les milieux autorisés et culturisés, voire catholicisés (ou pas) de s'inquiéter de l'influence de l'Internet, de "l'écran" et du temps que passent "les jeunes" sur leur ordinateur. Certes, la question de l'occupation téléphonique a notamment régressé, mais tout de même, "y z y passent beaucoup de temps et l'utilisent n'importe comment".

S'il y avait une vraie modification dans les comportements, je la verrais moins dans le temps consacré à un média identitaire (y a eu la BD, la télé, le téléphone, le portable, les jeux électroniques, etc.) que dans une modification du rapport au savoir. En effet, la culture Google passe dans les habitudes et l'on se met à réfléchir par association de mot-clé/banque de données accessible immédiatement et non triée. Google simplifie les questions à leur plus simple expression, leur faisant perdre toute problématisation pour en faire des réservoirs à opinions toutes aussi peu fondées les unes que les autres. Je verrais bien un second inconvénient, de mon côté à l'utilisation abondante du clavier, c'est un manque d'effort dans la recherche orthographique! Le souligné rouge me dira ou non mon erreur. Et à ne plus chercher, on finit par oublier.

Bref.

Nonobstant ces réserves préliminaires, je me dois de constater avec joie une inventivité qui n'a pas de limites au service d'idéaux qui n'ont pas de chapeau! Je viens d'accepter sur Facebook de devenir ami avec "Eglise catholique en France", avatar du service de communication de ladite institution, mais aussi avec "Esprit Saint", profil créé par un étudiant qui veut évangéliser. J'ai plus de réserves avec ce dernier, tant il pourrait, à son insu, être tenté de donner à l'Esprit en question une "couleur" plus restreinte que l'originale!

Je suis donc un nami de l'Esprit Saint, mais aussi de Koz, et d'Edmond Prochain qui tient un blog sympathique, décalé et profond sur wordpress. Mais comme je soupçonne Edmond d'avoir adopté un nom d'emprunt (je sais, quelle clairvoyance), je réalise que se mouillent pour l'Evangile non seulement des chrétiens réels mais aussi leurs émanations virtuelles, qui peuvent se permettre une liberté de ton, et de proclamation, sans la crainte d'être par leur vie témoignage amoindri. Cette audace est sans doute salutaire dans un monde où le quotidien a du mal à se faire charmeur! En disant cela, je ne fais pas le moindre procès d'intention à Edmond, qui se garde bien d'être caricatural, mais je découvre que la piste "incarnée" n'est pas si simple à tenir!

Néanmoins, quand je réalise que bon nombre de recherches qui arrivent ici se font sous le terme: "soeurs de l'agneau", je me dis qu'il y a une complémentarité qu'il faudra continuer à soigner entre ceux qui frappent aux portes, virtuelles et réelles, et ceux qui relient, enseignent, relisent, édifient, amusent, provoquent, décalent, (s') inspirent, interpellent, enseignent, réfléchissent…

Les portes ouvertes sont parfois surprenantes. Hier, un billet très amusant laissé par Boulet à propos de son anniversaire présentait sa vie comme un combat (à mort) avec la camarde! à gauche, ledit Boulet, à droite, la camarde, avec 100 milliards de victoires et aucune défaite. Un commentaire laconique
"100 milliards de victoires,
6 milliards de combats en cours
1 défaite" me valut de me faire identifier comme prêtre par Boulet… quelques uns de ses lecteurs sont passés ici, pour vérifier. ils sont passés sur un blog de curé! Il était question d'eucharistie, de neige, de scouts, de fusée… ce n'est rien mais deux mails ont suivi. Avant d'honnir un média, osons nous en servir intelligemment, et ne pas, comme le soulignait Emmanuel Pic (avec qui j'aimerais bien boire une bière avant peu), le laisser aux fondamentalistes.

dimanche 25 janvier 2009

Windows Live

Internet propose vraiment des services innovants et inédits… et on se surprend à ne plus savoir comment on a pu vivre sans, avant. Dans l’interface Live Spaces (ou même sur le bureau de Vista, paraît-il), en plus des commentaires et des statistiques, une nouvelle fenêtre est apparue qui indique d’une icône expressive le temps qu’il fait, la température extérieure, le tout réglé par défaut sur le lieu où vous habitez.

Une fenêtre qui, automatiquement, à longueur de journées, indique le temps qu’il doit faire dehors, voilà qui est révolutionnaire. On peut savoir qu’il fait froid, sans le ressentir, qu’il pleut, sans être mouillé… Pour avoir toutes ces informations, il vous faut un ordinateur allumé, une connexion internet… c’est vraiment formidable! Comment, ça existait déjà? une fenêtre? non, je vois pas.

Alors, puisque le temps que ma fenêtre non virtuelle révèle est parfois peu enthousiasmant le matin, j’ai réglé le machin sous d’autres latitudes, pour ne pas oublier que le monde ne se réduit pas à celui que je ressens, perçois, subis (parfois) et que l’espérance se reçoit aussi d’ailleurs… J’ai songé à mettre “Vatican”, ou “Tamanrasset”, c’est Denpasar, Bali qui ouvrira chaque matin d’autres horizons hivernaux: Brr 31°C.

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