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samedi 8 décembre 2012

les experts

C’est un luxe qui ne devrait pas vous coûter trop cher. Vous pouvez vous organiser comme vous voulez (acheter un zoom H2n, ou emprunter un Nagra à la RCF voisine, ou vous rechargez votre Smartphone) et vous vous bloquez une bonne matinée. Peut-être deux. Ou plus mais uniquement si affinités. Et le sourire au lèvres, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre. Enfin, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre si vous êtes de Sottevast. Sinon, ça va être un tout petit peu plus compliqué. André Lefèvre est une célébrité à Sottevast comme quelques villages en possèdent encore. André a été curé de Sottevast pendant 39 ans, puis il s’est retiré sur place, dix ans de plus, jusqu’à ce que sa santé exige un logement plus adapté et accompagné.

Je suis entré hier dans les deux pièces d’André, au troisième étage du centre d’accueil diocésain, avec deux autres confrères. Au perroquet, trois casquettes, dans la chambre à côté, un lit médicalisé, et devant nous un bureau et quelques chaises préparées pour nous accueillir. C’était la journée annuelle fraternelle des prêtres de notre diocèse, nous étions une bonne centaine présents, et pour la première fois, le petit temps d’échange se passait dans les appartements des plus âgés. On devait parler de la joie de croire, et les questions que nous portions. Et André m’a passionné.

Resté 49 ans dans son village, croisant sans cesse les vies des uns et des autres, les accompagnant de moments insignifiants et tournants essentiels, il a vu son village doubler, la population évoluer, les grosses entreprises laitières et nucléaires modifier le mode de vie… Il a accompagné, créé, soutenu, regardé, écouté, rebâti une Eglise dans un si petit coin de Normandie, mais il a vu grandir quelque chose de l’humanité après la guerre. Il avait été vicaire 3 ans, en 1945, puis curé ailleurs une petite quinzaine d’années… Et je suis persuadé qu’il y avait devant moi un expert d’humanité, à force de la côtoyer et de la voir grandir, à force de se passionner pour elle… Parce que toute la vie d’un curé est tournée vers le peuple qu’il fait vibrer vers le Dieu qu’il aime.

Il est probable que vous ne connaissiez pas André Lefèvre, ni même Auguste Lefort, qui est arrivé dans sa paroisse en 1949… votre curé lui même a probablement reçu des missions un chouilla plus courtes, ces dernières années… mais si vous avez du temps à gagner, vous pourriez attraper votre enregistreur et parler longuement avec ce vieux prêtre à deux pas de chez vous, pour l’écouter raconter l’homme qu’il a vu grandir et s’affermir, la France qu’il n’a pas fait que côtoyer, mais qu’il a aimée. Vous avez ce devoir de mémoire.

Nous étions une bonne centaine, hier, pendant ce temps fraternel. Beaucoup moins que les autres années, certains sont morts, d’autres sont fatigués, ou n’ont pu prendre le temps d’être là. Une bonne centaine sur 190 prêtres du diocèse. Sérieux, drôles, dissipés et concentrés, attentifs et différents. Unis, simplement dans cette diversité:

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mardi 23 octobre 2012

in extremis visse

Je ne sais pas si vous vous souvenez de l’église de Vrasville
qui avait la plus MEDEF des plaques de dévotion…
je l'ai déjà publiée en 2008

je ne regrette pas d’y être retourné il y a peu.
En effet, les paroissiens y ont développé deux autres initiatives salutaires:

La première pour lutter contre les tentations de leur curé à épiscopâlir,
pour ne pas dire délayer ses homélies au delà du nécessaire.

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La deuxième est plus vitale encore. En cas d’urgence
visser ce marbre au mur. Vite.

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Save Our Souls!

#edit: grâce à Isabelle, il paraît de plus en plus évident que l'Eglise est depuis fort longtemps 2.0, avec ses wall sur lesquels déposer des posts (que tout le monde peut voir), des veilleuses pour promouvoir, des "amis" pour relayer l'info... Il faudrait que Mark Zuckerberg paie des droits d'auteur à l'Eglise (Note, ici au moins, on peut promouvoir son post gratuitement)

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jeudi 26 avril 2012

Chaire P. Noel

Eduquer un enfant, ce sont des Principes. En Principe. “Surtout avant d’avoir commencé”, stipulent les jeunes parents à leurs amis au sourcil inquisiteur quand le petit dernier tape dans les cacahuètes. Bon, parfois les Principes se monnaient de manière de plus en plus diluée au fur et à mesure de l’arrivée des bébés, surtout du 10e, mais pas tant que ça. Des Principes, on vous dit. Attention. Si tu es catho, tu as souvent des principes en plus. Parfois même, plein. Du genre, on ne leur fera pas le coup du Père Noël, parce que Noël, vois-tu, c’est pas ça, le cocacola, le bonhomme rouge, la consommation, les promos-sur-le-foie-gras-achetez-en-deux-payez-en-trois, Noël, c’est autre chose. Parce que chez toi, on est catholique

Si tu es un peu joueur, tu es même tenté d’offrir à ton neveu un T-Shirt comme ça:

 

Simplement, dans la vraie vie, c’est pas toujours aussi simple, parce que parfois, tu as des cousins qui y croient et tu n’as pas spécialement envie qu’une “vérité” sorte de la bouche de ton enfant pour ses congénères et ruine, salement, l’esprit de Nowel pendant le réveillon en brouillant durablement les relations de famille. Donc tu composes. “Le Père Noël il est passé, et il t’apporte le cadeau que ton tonton a voulu pour toi”. Parce que le Père Noël, il dépose les cadeaux des gens qui nous aiment, et on peut aider le Père Noël en préparant des cadeaux. Du coup, dans le répertoire du téléphone de mon beau-frère, je m’appelle Père Noël, et c’est ma grosse voix qui dit “C’est bon les enfants, les cadeaux sont arrivés”. Par téléphone. le monde moderne, toussa.

Mais parfois, c’est encore plus compliqué. “ton papi est au ciel, et il te surveille, si t’es pas sage, il le dira au Père Noël.” la culpabilité sartrienne pourrait partir avec l’âge de raison, mais l’espérance aussi. Bref. Je préfère ne pas mentir aux enfants, surtout pas sur ces choses là, celles des questions de toute la vie.

J’en étais là quand un tonton lourdingue a décidé de me pourrir un baptême. Le tonton lourdingue, c’est celui qui lâche des vannes pendant les célébrations, à voix haute, pour faire rire tout le monde, en plein milieu des moments stratégiques. Celui là, il voulait me “montrer des trucs” pendant le rite de la croix. Genre les vitraux. Genre je les connais pas. Je l’ai aimablement boulé, parce que c’était vraiment pas le moment.

C’est con, parce qu’il avait LA solution à vos problèmes de conscience.

Alors comme ça, le Père Noël n’a rien à voir avec la nativité?

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vrai vitrail de l’église Notre Dame du Vœu.

dimanche 22 avril 2012

velocipedus memera ?

église Notre Dame du Vœu, dimanche matin, fond de la nef.

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les propriétaires sont souvent assis, par paquets, sur les bas côtés.

lundi 9 avril 2012

un*

Je suis resté bloqué un bon moment, un long moment même. J’avais cette flamme dans les yeux, et la tête ailleurs, quelque part dans l’univers des images circonscrites par les lectures. J’avais pourtant papillonné tout le carême, pas complètement à ce que je faisais. J’avais dû plonger directement dans la semaine sainte, trop peu préparé pour en attendre quelque chose, mais tendu par chaque instant. Juste là. A vide, même de désir.

J’avais assisté à la Cène. J’avais vibré de la sobre esthétique du vendredi, entre Satie et Pergolèse, et le silence était entré de force en moi, par sensibilité. La belle vibration avait désactivé les habitudes et le professionnalisme de celui qui a préparé et qui doit mener. Des notes ineffables pour me courber au pied d’une croix.

Cierge pascal - pasaj - brassus 2011 - photo sylvie fessard-rivollet

et puis en cette nuit, une simple flamme qui lèche la mèche d’un cierge démesuré. Les croisées d’ogives avaient été furtivement nimbées d’une lueur légère quand chacun, quelques mètres plus bas, avait allumé son propre cierge au cierge pascal. Mais on avait soufflé les bougies. Il n’en restait qu’une. L’exultet avait cessé de faire vibrer les piliers. Une simple flamme.

La Genèse, dans l’obscurité, donne des envies de lumignons, de voûte à consteller, d’espace à habiter. On se croirait en pleine littérature, les mots construisent un univers, la Parole dessine le mien. Et sous les yeux, toujours une seule flamme apaisée, imperturbée. Puis dans les eaux une première traversée, puis la tendresse d’Isaïe… toujours entre ombres et lumières, nuée ambiguë, sombre et lumineuse.

Les mots continuent d’étendre l’espace de la rencontre, et je me rassemble à l’intérieur, tout en me sentant membre de ce corps à l’écoute. Du dedans, la présence du Christ, sa résurrection impriment leur évidence, leur actualité et leur acuité m’apaisent. Je sais que cette évidence ne le sera pour personne sauf pour moi, mais cette vérité que le monde dédaigne et humilie me semble d’une douce pertinence. J’ai encore plus envie de vivre, là, dans cette zone de frontière entre justesse cohérente de l’intérieur et justice bienveillante du quotidien. Dans cette lumière unique, quelques traces et reflets de transfiguration.

Le reste est du même allant, les cloches, les fastes des orgues, les volutes des Alléluias, les fragrances du saint chrême qui oint les fronts des cinq jeunes baptisés du matin, le sourire qui se déploie sur eux, la finesse du chant de la chorale.

A Pâques, je suis homme unifié.

*deux lettres, deux dimensions, en symétrie centrale, rondes et réceptacles à la foi(s) pour que l’homme, par le Christ, se découvre être "un" de plus en plus, lui aussi.

samedi 7 avril 2012

Impropères

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Hier soir, c’était vendredi saint. Nous avions fait des choix de temps étiré et de musiques pour faire vibrer le silence. Toucher de notre prière l’Ineffable. Celui qui est le Verbe, qui s’est tu, et que les mots peinent à dire…

Après l’homélie, le stabat mater de Pergolèse, entre chaque intention de la grande intercession, quelques phrases à l’orgue des gnossiennes et des gymnopédies de Satie, pendant la procession de vénération de la croix, une hymne à cette croix, hymne simple et belle. Elle fut trop courte. On chanta encore. Trop court toujours. Et pour la première fois, vite et violemment, pendant que les chrétiens s’avançaient, j’ai lu les impropères, balancés comme ça, à sec, sans musique. Au rythme des vers, sans même m’arrêter pour les répons. Les mots cinglent, les phrases se pressent, le souffle se fait court.

(Chœur)

                                    O mon peuple, que t´ai-je fait?
                                En quoi t´ai-je contristé? Réponds-moi.

Répons 1.

         O Dieu saint,
         O Dieu fort,
       O Dieu immortel,
      prends pitié de nous.

                                  I (Chœur) Peuple égaré par l´amertume,
                                         peuple au cœur fermé,
                                            souviens-toi!
                                          Le Maître t´a libéré.
                                    Tant d´amour serait-il sans réponse,
                                     tant d´amour d´un Dieu crucifié?

                         (Soliste)

                         1. Moi, depuis l´aurore des mondes,
                         j´ai préparé ton aujourd´hui;
                         toi, tu rejettes la vraie Vie
                         qui peut donner la joie sans ombre,
                         ô mon peuple, réponds-moi!

                         2. Moi, j´ai brisé tes liens d´esclave,
                         j´ai fait sombrer tes ennemis;
                         toi, tu me livres à l´ennemi,
                         tu me prépares une autre Pâque,
                         ô mon peuple, réponds-moi.

                                          (Tous) O Dieu saint... !

                         3. Moi, j´ai pris part à ton exode,
                         par la nuée je t´ai conduit;
                         toi, tu m´enfermes dans ta nuit,
                         tu ne sais plus où va ma gloire,
                         ô mon peuple, réponds-moi.

                         4. Moi, j´ai envoyé mes prophètes,
                         ils ont crié dans ton exil;
                         toi, tu ne veux pas revenir,
                         tu deviens sourd quand je t´appelle,
                         ô mon peuple, réponds-moi.

                         5. Moi, j´ai voulu, vivante Sève,
                         jeter l´espoir de fruits nouveaux;
                         toi, tu te coupes de mes eaux
                         mais pour aller vers quelle sève?
                         ô mon peuple, réponds-moi.

                                  II (Chœur) Vigne aux raisins d´amertume,
                                      vigne aux sarments desséchés,
                                            souviens-toi!
                                        La Grappe fut vendangée;
                                     ce Fruit mûr serait-il sans partage,
                                      ce Fruit mûr que Dieu a pressé?

                         (Soliste)

                         6. Moi, j´ai porté le poids des chaînes,
                         j´ai courbé le dos sous les fouets;
                         toi, tu me blesses en l´opprimé,
                         l´innocent tombé sous la haine,
                         ô mon frère, réponds-moi.

                         7. Moi, j´ai porté sceptre et couronne
                         et manteau royal empourpré;
                         toi, tu rougis de confesser
                         le Fils de Dieu parmi les hommes,
                         ô mon frère, réponds-moi.

                         8. Moi, j´ai marché vers le calvaire
                         où mes deux bras furent cloués;
                         toi, tu refuses la montée
                         quand meurt en croix l´un de mes frères,
                         ô mon frère, réponds-moi.

                         9. Moi, je revis depuis l´Aurore
                         où le Vivant m´a réveillé;
                         toi, le témoin de ma clarté,
                         es-tu vivant parmi les hommes?
                         ô mon frère, réponds-moi.

                                     (Chœur) Frère sevré d´amertume,
                                        frère au cœur desséché,
                                            souviens-toi!
                                          Ton frère t'a relevé,
                                    Jésus-Christ, le Verbe et la Réponse,
                                       Jésus-Christ, l´Amour révélé.

et à la fin tous reprenaient, répondaient en frères, en scansion murmurée, sans papier, sans le prévoir… “O Dieu saint, O Dieu fort, O Dieu immortel, prends pitié de nous.” et j’ai fait une overdose de mots puissants, je me suis tout pris dans la tronche. Bon.

dimanche 11 mars 2012

Une Eglise des ors et du chatoiement

Même paroisse, autre église, permettez-moi de vous emmener quelques pas.
Comme quand un touriste me le demande, je dois concéder que je n’ai aucune idée de la valeur historique de ces peintures, sombres, qui ornent les piliers de la Basilique de la Trinité… mais elles attirent le regard… vers le haut, immaculé.

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ou vers le chœur… voire les autels.

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quelques albâtres anglais plus anciens pour une histoire inscrite dans la pierre…
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des dorures, des sculptures…

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et sur les autels, fiers, colorés, s’élancent vers le ciel, des cierges majestueux, irisés, fascinants. Blogdavidlerouge-10-2Blogdavidlerouge-2-3

on pourrait être tenté de croire que tout était mieux alors, plus beau, plus flamboyant, l’Eglise d’alors brillait de mille feux, scintillants et chatoyants, mais à mieux y regarder, parfois, on découvre qu’il n’était pas certain que ces candélabres brûlent d’un feu si ardent.

méfions nous des reflets chatoyants, ils peuvent n’être que les atours d’une simple et froide rigidité de fer.

“je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé.”

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mardi 10 janvier 2012

petite histoire assise de dimanche matin

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Connaissez-vous la star des chaises dominicales ? Large assise, paille thermocompatible pour les séants frileux, petit repose-pied pour ne pas attraper froid aux petons, rebord aplati pour laisser reposer le cantique quand le chant se fait poussif ou la prière ardente.

D’un habile mouvement rotatoire de poignet de chaisière doublé d’une secousse verticale, le siège se faisait prie-Dieu, tout aussi paillé, mais exigeant de l’utilisateur le soupçon de souplesse et d’adresse nécessaires pour éviter de se retrouver les deux genoux empalés sur les montants. C’est éventuellement assez douloureux, et à moins d’avoir quelque pénitence un peu ardue à s’autoinfliger, c’est une souffrance peu recherchée.

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Si aujourd’hui ces chaises désuètes sont si prisées dans la basilique, c’est moins pour leur capacité génuflexatoire que pour leur notable position stratégique au dessus des grilles de la soufflerie du chauffage. On déconseillera toutefois cette place aux Marylin tout de blanc vêtues, l’air chaud ayant des propriétés ascendantes non négligeables.

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Si on s’y assoit volontiers, on ne s’y agenouille plus guère tant le paroissien féru de station à genoux tend à bouder les artifices à tendance confortable au profit de la pierre, rude, virile et spirituelle. Tu es Pierre et tu retourneras à la pierre. En outre, il faudrait alors choisir, entre le tibia sectionné par le rebord quand le pied pose au sol, et l’équilibre sur les rotules, les coudes fermement appuyés sur le rebord large sus nommé, avec une ferme discrétion en endurant la douleur. J’avoue pour ma part, quand la liturgie le permet, préférer aussi m’agenouiller plus simplement, à même le sol. Mais on aurait tort de se priver de ce mobilier, ne serait-ce que pour son nom invitatoire… “prie Dieu!”

Je ne sais quel illustre prédécesseur de mon curé avait pris l’initiative d’investir dans ces sièges double emploi. On pourrait croire leur présence désormais superflue mais les enfants de la paroisse ont su les valoriser à leur mesure : en fauteuils adaptés. vue d’en bas… comme dimanche dernier, parents sur les sièges hauts, grands aussi, petits assis sans pieds ballants, dans un trône pour une fois !

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petite histoire en forme d’hommage aux enfants, mais aussi aux lycéens de l’aumônerie qui, bien souvent, ne se laissent pas enfermer dans la peur ou les idées des adultes mais ouvrent, spontanément, de larges avenues d’espérance.

mardi 13 décembre 2011

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes.
je les ai vues quand il s’est assis pour les lectures, je les ai vues et j’ai souri.

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes.
j’ai peut être d’autant plus remarqué que personne ne s’assoit jamais au premier rang. Pas de garde foi devant, on est précipité dans l’espace liturgique. Au premier rang, on ne s’assoit jamais. sauf lui. et pas qu’aujourd’hui.

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes.
ça tombe bien, c’est la couleur liturgique. Bon, en fait, pour Sainte Lucie, il aurait fallu du rouge, mais je pinaille, il a mis du violet et c’est bien vu.

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes.
elles sont assorties à son écharpe en cache col, et émergent les unes du pantalon sombre, l’autre du manteau noir. C’est classe et joli.

le monsieur au premier rang a mis des chaussettes violettes.
c’est d’autant plus harmonieux que le monsieur du premier rang est aveugle.

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Sa femme a dû les lui choisir, les lui préparer. D’ailleurs, le monsieur au premier rang n’a-t-il que des chaussettes violettes ? ou sa femme fait-elle attention chaque jour ? ou sont-elles rangées par couleur ? C’est un mystère. Un de plus.

Je trouve ça d’autant plus touchant que ma grand-mère perd la vue, totalement et rapidement, ces mois-ci. Elle ne met pas de chaussettes, heureusement, parce qu’elle n’aurait personne pour les lui assortir, mon grand-père est parti avant elle, je l’ai enterré l’an dernier. Ou alors quelqu’un d’autre, l’infirmier rigolo de la maison de retraite, ou l’aide soignante, ou un autre.

Celui qui choisit la couleur des chaussettes des aveugles, c’est le prophète qui voit pour ceux qui ne voient plus, qui invite à l’harmonie, à la fidélité, à la sensibilité, à la conversion dans nos vies aux pupilles racornies, opacifiées par l’habitude. Le prophète ne vient pas toujours de chez soi, mais on a besoin de l’entendre. Et quiconque entend, ou voit, ce que l’Esprit dit aux Eglises a le devoir de le proclamer. Pour que tombent les vieilles peaux de nos yeux fatigués. Pour que d’autres soient parfois nos yeux. Pour mettre de jolies chaussettes à la messe.

“Le prophète païen Balaam était venu pour maudire Israël. Levant les yeux, il vit le peuple qui campait, rangé par tribus. L'esprit de Dieu vint sur lui, et il prononça ces paroles prophétiques :« Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l'homme au regard pénétrant, oracle de celui qui entend les paroles de Dieu. Il voit ce que le Tout-Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s'ouvrent.” et il parle, lui, le païen, au peuple de Dieu. Prophète païen du livre des nombres.

jeudi 6 octobre 2011

la page en plus du rituel

A la fin des baptêmes, il y a toujours la bénédiction.
Ah non, pardon.

Pouf pouf. A la fin des baptêmes, il y a toujours la signature des registres
Ah non, pardon.

Pouf pouf. A la fin des baptêmes, il y a toujours la quête (aux pièces de 2 centimes)
Ah non, pardon.

Pouf Pouf. A la fin des baptêmes, il y a toujours les cloches et les photos, les dragées
Et là c’est bon…
Ah non, pardon.

Pouf pouf. A la fin des baptêmes, même si ce n’est pas écrit dans le rituel, il y a toujours la bénédiction de la médaille du petit, (avec la chaîne, la gourmette, rarement la chevalière). Demande de bénédiction toujours un peu gênée, “parce qu’on n’est pas superstitieux mais bon, ce serait bien vous comprenez.”

En fait, nous comprenons très bien. Et c’est beau, une bénédiction, et cette médaille, qui a souvent coûté un rein est souvent un beau témoignage. Souvent gravée du nom, de la date de baptême pour certains, de naissance pour beaucoup, c’est le cadeau en or, le bijou qui est une promesse de fidélité, et de prière.

Niveau iconographie, on a parfois des surprises et pas toujours des bonnes. Angelots béats, vierges pures, saint Christophe… et parfois : pire. Alors, pour toi, orfèvre qui vend de temps en temps des cochonneries à des gens qui savent pas : petit précis. (basée sur des faits réels)

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non, un bélier astrologique n’est pas un symbole chrétien, alors que l’agneau pascal de Cluny, si. (ça doit être les cornes, le problème)

Agneau de Cluny medaille de bapteme

un angelot, comme ça, c’est un peu pizza kitch mais ça évoque plus l’ange gardien (mignon) que le petit prince… (trop fluet et surtout mortel)

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Non, ami joailler, la croix égyptienne de vie éternelle n’est pas un symbole chrétien qui évoque la résurrection alors que le chrisme, oui (regarde les bras, faut que ça fasse X et pas une croix, je sais, c’est compliqué

le must, à une certaine époque pour les garçons (et les porte clefs de voiture) c’était le méconnu Saint Christophe (c’était qui?), merci de ne pas le confondre avec Napoléon.

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image Colombe dans un cœur mignon et Esprit Saint ne sont pas forcément la même chose…

On essaie toujours de suggérer qu’une médaille à motif chrétien sera plus symbolique et belle pour garder souvenir de ce jour béni… Et parfois, il faut composer dans la bénédiction pour “rattraper le coup” et pouvoir bénir quand même. (peu de trucs vraiment affreux en fait) La bénédiction portera quoiqu’il arrive sur la personne, comblée de Dieu, portée par la prière et l’affection des siens.

On ne trouve que rarement des croix. Mais le top des tops, c’est toujours la vierge Marie, sur des variantes plus ou moins épurées, “la sainte Vierge”. C’est ce que m’a dit une famille il y a peu quand elle m’a présenté la médaille à bénir. “On a une médaille de la Vierge” Caramba. encore raté (et merde au joailler qui n’a pas su dire que ce n’était pas Marie)

Mais pitié, même par une amusante piété filiale mariale régressive, essayez de ne jamais me proposer à bénir ça: je ne serais pas sûr de le faire sans rire.

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