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mardi 6 septembre 2011

le poney de Buridan

la nouveauté de la rentrée dans la paroisse, ce sont les petits billets spi avec lesquels on va décorer la feuille de messe pour occuper ceux qui s’ennuient pendant l’homélie… Je vous avais épargné les homélies, vous allez vous coltiner en avant première les ptits trucs écrits sur des coins de table à cette fin. ça permettra des réactions avant les versions “papier”…

Comme les giboulées d’automne hiver printemps (rayez les mentions inutiles, je suis perdu niveau climat) se pressent à nos fenêtres, les inscriptions se bousculent dans nos agendas : il faut décider de ce qu’on va faire et organiser au mieux les prochaines semaines des uns et des autres… tout l’indique : C’est la rentrée. Ecole, piscine, caté, football, dessin, voile, dix mille activités, trois cents envies, vingt quatre heures par journée.

Et l’Eglise n’est pas en reste. On manque d’un volontaire par ci, première rencontre scoute par là, renouvellement de l’équipe truc, les appels sonnent à toute volée, au milieu d’un tintamarre de sons divers et embrouillés…

Et au milieu de ce charivari de cris d’appels incessants tintinnabulent discrètement mais patiemment les paroles des psaumes 130…  « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. » et 40 « alors j'ai dit : « Voici, je viens. »…

Plus qu’organiser, remplir, saturer un agenda, nous répondons à un appel pressant, un appel à laisser croître et grandir le don déposé en nous, en relation, en humanité, en don, en prière… Je ne saurais recevoir si je ne laisse la place où donner, je ne pourrai donner si je ne garde le temps pour découvrir, aimer, me ressourcer…

A l’appel du Seigneur à me mettre encore une fois en route à sa suite, que jamais je ne sois tenté de répondre, « pas aujourd’hui, Seigneur, j’peux pas, j’ai poney. »

Coloriage pet shop poney a imprimer

samedi 4 juin 2011

Vibrations lumineuses de beauté

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Il faut dire ce qui est, l’amateur de Jazz n’est pas nécessairement grenouille de bénitier, et s’il arpente sans fatigue les rues animées et venteuses de Coutances, il serait capable de passer à côté d’un de ses joyaux, pourtant vibrant de beauté… sa cathédrale…

c’est dans ce sens que fut organisé encore une fois la “cathédrale nocturne” vidée de ses chaises par les paroissiens du jeudi matin, ponctuée de lieux de sens, et de beauté, avec des lumières, des fleurs, des Paroles,
des musiciens pour habiter l’espace…  
et des chrétiens accueillant,
et témoignant de la vie de Dieu en eux
toute la nuit.

amateurs de beauté, laissez vous éclairer, et levez les yeux,
Il veut vous parler…

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un chemin d’eucharistie, accompagné d’un livret…

mardi 22 mars 2011

Même pas peur!

20h29 escalier dévalé
20h30 démarrage de la voiture
1er feu : rouge
20h32 tous les feux à la suite sont verts… ouf je ne serai pas en retard
20h37 arrivée devant l’église de Saint Jean
pour la soirée n°2 initiation prière sur le thème de l’office des heures
prévue à 20h45…
et il y a déjà … UNE voiture

ouuuh, c’est la fête. C'est la fête
5 minutes plus tard, un autre couple arrive.

3 prêtres. 2 couples. On appelle ça techniquement… un bide. Confus

On se dit que pour la comm’, on racontera qu’on était au moins 20, comme dans tout rassemblement qui se respecte. Mais bon, on n’est pas vraiment assez nombreux pour appeler ça un rassemblement, ça va donc être difficile de gonfler les stats. A défaut d’une initiation à l’office des heures (dont on sent ici tout le potentiel commercial, et le fruit d’un mois de messes de vacances/avec l’évêque sans annonces), on a prié les Vêpres. Comme prévu. A sept.

Mais cette soirée n’est pas complètement foutue!

1. je suis rentré super tôt. Sarcastique

2. en fouillant dans le fond de l’église pour trouver l’interrupteur, j’ai poussé le rideau des confessionnaux insérés dans les murs, et là IL M’EST APPARU Surpris


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le premier confessionnal de ma vie

avec un HY-GIA-PHONE!

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pénitents au mal contagieux, Diable venez, venez, venez. Même pas peur!

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Se tordre de rire

vendredi 11 février 2011

canonisons saint valentin

Il y a des saints que la liturgie oublie tous les ans. Heureusement , la société – laïque – est là pour honorer (contre honoraires) Saint Emilion, Saint Estèphe, Saint Exupéry et Saint Valentin, qui va d’ailleurs occuper nombre de fleuristes et de restaurateurs demain. Fête de l’amour, fête des amoureux, fête du chocolat et des fleurs, fête incontournable pour certains et irrespirable pour d’autres avec en prime un Valentin, saint de son état, qui n’a rien à voir avec la fête. D’ailleurs, il est de notoriété publique qu’Eglise et amour ne font pas bon ménage. Elle interdit tout, trouve tout mal, et ne parle que de mariage.

Mais après tout, ce mariage, ne vient-il pas justement célébrer et orienter, donner du temps et de l’avenir à nos sentiments ? Il porte le cadre de la relation (fidélité, désir de vie pour la vie, liberté), il est parole et engagement, il est un lien, précieux, qui se déploie dans le temps. Le jour où on se marie, on n’a aucune idée de ce qu’on va vraiment vivre. On s’aime, complètement, passionnément, follement, au point de s’engager pour la vie, mais cette relation, dans ces règles, va aller grandissant, de plus en plus profond, de plus en plus subtil. L’amour n’est pas aboli par le mariage et par le temps, il s’accomplit. C’est le sens de l’Evangile de dimanche 13, qui parle aussi d’adultère, histoire de rigoler (faites gaffe à vos yeux). La rencontre du Christ vient accomplir, déployer jusqu’à son achèvement, sa perfection, la loi et la règle de la Bible. Parce que c’est ça la fin de l’amour : faire grandir jusqu’à l’achèvement. Tout le reste n’est que conjectures.

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samedi 29 janvier 2011

au croisement de trois projets

J’aime bien être prêtre.
j’aime bien en gros
et aussi en petit.

Je ne renie pas râler un peu quand il faut faire de la paperasse,
ou faire une énième homélie sur les Béatitudes (qui a eu la sage idée de faire sortir ce texte si souvent?),
ou essayer d’apaiser des tensions entre chrétiens de bonnes volontés (antagonistes),
ou aller à une réunion qui fait pas envie,
ou se lever trop tôt,
ou… (pfff, parfois la liste est longue)

Je ne renie pas ressentir des pincements en voyant se déployer de mois en mois la joie des enfants des amis, quand pourraient se déployer de moi en moi le tas d’habitudes de vieux gars… ou parce que j’ai pris le luxe de vides dans mon agenda, réaliser dans l’espace libre qu’il n’est pas peuplé de personnes à qui parler… (oups)

Mais je ne peux cacher ma joie, habitant chaque interstice des instants choisis
en débordements inattendus comme ces derniers jours. Certes, c’était stressant. Mais …

Sentir, en réunion paroissiale, l’importance de la formation aux différentes prières.
Réunir un soir, dans une église que la majorité des chrétiens du centre ville ne connaissaient pas, une cinquantaine de paroissiens, parler 10 minutes d’adoration, ressentir une vraie curiosité pour certains, une sereine habitude chez d’autres, puis éteindre les lumières, sauf un ou deux spots, passer une aube, ouvrir le tabernacle, et se laisser être, tranquillement, devant le Seigneur. C’était une prière habitée, accompagnée, douce. C’était presque trop court. C’était une première. C’était bien. (et l’église était chauffée)

Le lendemain soir, soirée aumônerie. 12 à l’heure. 50 au repas. YEAH! Mais ça le fait. Après la prière, passer une vidéo des enfoirés esquintant Jean Ferrat avec un clip de gens amoureux, dans l’obscurité (zut, j’ai oublié d’éteindre les bougies, ça vire au romantique) puis lancer une soirée sur “amour et sexualité, les chrétiens peuvent en parler”. Pour une fois, on brise les groupes constitués, pour parler de ce sujet avec ceux qui ne sont pas les amis habituels, pour d’autres paroles… Et je laisse traîner une oreille. Du réalisme, de grands projets, de l’idéalisme, de la sincérité, de la fidélité, des incompréhensions… L’échange prend, et c’est fichtrement respectueux, malgré quelques rires gênés, comme tout le temps. Réussir enfin à dire à cinquante lycéens que c’est important, beau, et pas anecdotique, que la parole d’Eglise protège et élève, qu’il n’est pas question de jugement, mais de parole et d’échange, parler d’amour, de mariage, de sentiments… non au nom de ce que je sais, mais des histoires traversées par mon ministère, et des richesses de la délicatesse de la parole ecclésiale. Même parler un peu d’homosexualité… C’est un peu sur le fil… mais intéressant. A la fin, leur laisser quelques papiers, des liens, des lieux de parole… ça valait le coup de prendre le risque de cette aumônerie.

et dans quinze jours, une soirée encore, organisée par la paroisse pour tous les couples mariés, afin de rendre son auréole à Saint Valentin. Une messe d’action de grâce pour le sacrement du mariage reçu, vécu, fatigué parfois, blessé aussi, rayonnant, ressuscité… Une soirée pour que la grâce continue de couler.

J’ai pas osé proposer cette affiche pour la soirée… Mais bon, ces temps ci, il est question d’aimer.

 

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dans un tabloïd anglais “She” pour la saint Valentin (Publicis, pillant l’idée d’une autre)

et si je l'avais découverte hier soir, je leur aurais bien passé cette petite vidéo (festivalNikon.fr, de Carlos Chapman & Estelle Pesquier)

samedi 4 décembre 2010

Araignée du matin...

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A délaisser sans attention les espaces de nos vies spirituelles, nous n’en fréquentons plus que rapidement les lieux communs, laissant poussières et araignées en peupler les recoins. Peu de conséquences dans les lieux de grand passage mais… Nécessairement, à courte échéance, les voûtes auxquelles on aspire mais que l’on néglige se strient de sombre, rayant notre espérance joyeuse d’une noirceur désagréable. 

Si nous n’inondons de lumière les recoins de notre ici bas, nous laissons s’encombrer, sans le faire exprès, notre chemin vers le ciel.

pensée du matin, lors d’une heure trente réfrigérante à attendre le pénitent dans une église dont la voûte était joliment tendue de toiles d’araignées

vendredi 19 novembre 2010

feu et eau (#900)

(pardon par avance pour le coup de gueule, mais bon, ça ira mieux en le lisant, je ne doute pas que les décisions prises dans ces situations le soient "au plus juste" et "pour le mieux"... c'est juste qu'on découvre, de l'extérieur, que ça sonne un peu "pas si juste")

Parfois, parce qu’ils sont plus dou(cereu)x, plus évocateurs, moins violents, on remplace les textes des inhumations par des méditations, attribuées par l’omniscient internet à des auteurs plus ou moins célèbres, de William Blake à St Augustin (paix à leurs âmes). Ils sont souvent jolis comme des textes de Christian Bobin : jolie image, joliment tournée, avec un je ne sais quoi de joliment… désagréable. Je pense notamment à ce texte sur la pièce d’à côté, et surtout au bateau qui disparaît à l’horizon. Je comprends qu’ils soient parlants, ils disent l’absence et la non disparition… mais ce matin, j’ai compris pourquoi ils étaient finalement “urticants”.

Ce matin, l’enterrement, c’était celui d’un ancien pêcheur (je ne fais pas de faute d’accents, là)… et l’intention de prière inhabituelle, au cours d’une messe très très très préparée, était pour les hommes ayant péri ou disparu en mer. Cimetières aux tombes vides des bords de mer, vous égratignez la mémoire et la fidélité. Vos tombes sans corps sont encore plus violentes.

Il nous fallait votre corps pour entretenir notre mémoire, garder le sens de notre blessure, nourrir notre attente et notre espérance.

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alors par pitié, arrêtez de jeter vos cendres n’importe où, faites mémoire, et cessez ces méditations à court terme.

On a besoin de chair pour aimer. Elle a son prix, même avilie.

voutch incinération

dimanche 13 décembre 2009

rares averses, minimum 5°C, maximum 8°C

IMG_9997Même si Météo France semble annoncer que les températures les plus clémentes du Nord de Marseille sont à Cherbourg, il y a dans l’air un je ne sais quoi qui me décourage un peu d’aller prendre le frais à l’extérieur. Ce n’est pas tant une question de lumière que de doute : les gouttes de pluie sont-elles au courant qu’ici, en bas, il est sensé faire moins froid?

Au moment où je déclenche l’obturateur pour illustrer ce billet d’eau et de lumière, je réalise que le compteur de l’appareil vient de passer les 20 000 clichés. Bien sûr, j’en ai gardé moins de la moitié (et je ne suis pas assez sévère), et peu dans l’ensemble valent vraiment le coup qu’on s’arrête sur elles, mais je note, avec joie, qu’il me faut toujours du temps et de l’entraînement, pour mieux apprendre à regarder, à partager la beauté… 

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Ce blog lui aussi est un lieu d’apprentissage, du regard, de l’écriture, de la sensibilité, d’une volonté de partager, en douceur, l’émoi d’une vie de prêtre sans plus d’éclat qu’une autre.

Je reste surpris qu’au bout de trois ans, vous soyez bientôt un cumul de cent mille visiteurs  à être passés par ici, à raison de cent ou deux cents par jour. Encore merci de me permettre ce partage…

mardi 3 novembre 2009

je prie comme une baleine

le cétacé, échoué sur une plage, se souvient de la grâce avec laquelle il se jouait des profondeurs,
de sa vitesse incroyable, de sa légèreté quand, immergé, il côtoyait les amis à branchies du monde des mers.
Sa nourriture, il la trouvait à toutes les profondeurs et de bien des manières, mais le combustible se trouvait “ailleurs”.

car si la mer était son univers, il devait sa vie à un “en haut”,
il ne tenait sa survie qu’aux respirations choisies, de temps en temps, et surtout régulièrement. 

L’humain partage avec les cétacés la nécessité d’aller respirer en hauteur,
et le devoir de décider de s’aérer les poumons sous peine d’asphyxie
Comme sa respiration de prière nécessaire n’est pas un automatisme,
il s’arrange bien souvent pour remonter “en surface” avec des congénères.

Puisqu’il faut choisir de respirer, autant que cet office se fasse en communauté
ça peut, de temps en temps, éviter la tentation d’oublier!

mardi 27 février 2007

L'annonce de la second life du nonce

Le nonce vieillissait tranquillement. De sa vie romaine, il avait appris l'art d'agrémenter une conversation avec culture, goût et discrétion. L'humour était fin, les engagements discrets. Il goûtait les "Monseigneur", appréciait les discussions historiques sur le Saint-Lô dont il se considérait comme un des fils et meilleurs connaisseurs, supportait les innovations pastorales qui n'étaient pas de son goût, et allait de plus en plus lentement au travers de la rue Amiard, perdant les kilos amassés au cours des années, dans une maladie dont il ne se plaignait jamais. Chaque samedi, il venait picorer 3 grammes de viande et à défaut des plats, on lui passait ses répétitions et ses emportements, ses souvenirs largement enjolivés et ses victoires supposées, menant le dur combat du plus sourd qui parlera le plus longtemps.

Hier matin, à 5 heures, le nonce a poussé cette discrétion qu'il ne cessait de cultiver jusqu'à s'éteindre sans bruit. Le rythme s'est ralenti à l'extrême. On remise les anneaux et les crosses, les surplis et liserés, on s'inquiète de la bibliothèque à l'annonce du trépas du pro-nonce émérite, archevêque d'Abbir Majus.

Si tout se fit dans le frou-frou discret d'une mort sans éclat, dans cet étirement extrême du temps qui suggère l'éternité, pourquoi cette urgence des médias qui, affamés, avaient besoin "d'un max d'infos avant 19h56, parce que sinon, on ne pourra mettre ça en ligne que demain après 10h30, et ça, c'est pas possible. Vous avez appelé La Croix? les journaux nationaux?" ?

L'hommage est beau au temps de l'indifférence pour une vie qui ralentit, il devient indécent dans le ram-dam et l'effervescence des news qui pourraient défrayer la chronique.

Sortir du temps en le ralentissant à l'extrême, c'est risquer de le voir s'emballer dans une emphase et une pagaille qui siéent aux médias en chasse de scoops. La mort est rappel de la vanité des choses et appel à la vanité des autres!

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