dimanche 9 juin 2013

une porte

Bali 1999 kursus tari 2 par David Lerouge

La beauté fait signe, sans cri ni gesticulation ; elle murmure, elle chuchote, elle nourrit notre contemplation...

Paul Valadier cité par Paul-Louis Rinuy, le 23 Avril 2013

de loin en loin, dans les mondes arides où parfois l’on le cherche, Il vient et nous ouvre des portes vers lui, chemins de lumière, chemin sans heurt, la beauté, la beauté, la beauté… et le creux de mystère qu’elle ouvre.

citation trouvée au gré d’un passage épisodique sur http://www.narthex.fr/

vendredi 7 juin 2013

jadis

si un jour, par mégarde, vous étiez tenté de penser que c-était-mieux-avant
que tout-allait-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes
entrez dans une église, levez les yeux, et regardez la danse macabre
et dites-vous que si les pasteurs installaient déjà de telles sculptures en 3D dorée,
la conversion de chacun, et même de la société, à l’époque, c’était pas gagné

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vendredi 15 mars 2013

32 000 km plus tard

Paris Londres 1h, Londres Singapour 14h, Singapour Batam 1h30 de bateau, Batam Jogyakarta 2h, Jogya Bali 50 minutes, Bali Maumere 2h (avion à hélices), Maumere Larantuka 3h30 de voiture, et retour jusqu’à Bali, Singapour, Londres, Paris, Caen, Saint Lo, Cherbourg… et transits passablement rallongés par les intempéries

et toutes ces heures m’ont ouvert des univers encore inconnus… chez les javanais du pied du Merapi, à l’Islam en dialogue avec la culture du volcan…

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ou plus connus comme le petit temps passé avec l’Arja de Keramas… blogdavidlerouge-115blogdavidlerouge-116blogdavidlerouge-113blogdavidlerouge-114

les villages qui descendent sur la plage pour Melis…

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et il faut encore que je digère l’expérience inédite à Florès, en terre chrétienne, en terre loin de Java. C’est décidément une belle mission. (encore quelques photos à venir Sourire)

vendredi 8 mars 2013

photo de profil

ce moment avant que tout ne commence…
ce moment où la danseuse commence à disparaître derrière son personnage
ce moment …

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lundi 4 mars 2013

de l'improbable

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partager sa chambre pendant cinq jours au pied d’un volcan avec un acteur du TNP qui excelle au pencat silat.

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rencontrer des jeunes brillants, qui se donnent totalement dans l’engagement, du ménage quand la pluie submerge la scène, à l’accompagnement des plus jeunes, de la confection des costumes à la préparation de la semaine sainte, du jeu rigolard des “rustres” à la perfection du wayang orang le soir qui suit, de l’accompagnement de chaque instant dans la simplicité et le sourire aux heures passées à l’hôpital

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se retrouver à un wayang kulit de luxe au pied de Borobudur, organisé par la mohammadya en présence d’Amien Rais, chef d’un parti musulman assez raide,  vivre cinq jours en pleine zone extraordinaire en matière de tourisme, ne visiter aucun des lieux superconnus

concélébrer une messe mi javanaise, mi indonésienne.

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imiter le chien, le chat et la grenouille avec des enfants, s’apprivoiser par les percussions corporelles

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déplacer vingt fois un gamelan

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parler avec une vieille javanaise, moi en indonésien, elle en javanais

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faire des exercices de théâtre avec un groupe de jeunes chrétiens qui veulent s’essayer au théâtre naturaliste pour la semaine sainte, découvrir qu’ils dansent les “esprits” avec une classe inouïe

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voir un homme en transe égorger un poulet avec les dents

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débarquer à Bali, assister à une répétition géniale d’Arja…

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avec Nicolas, on utilisait souvent le mot… “improbable”

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le songe d'une nuit d'été

La force de ceux qui ont de la culture, mais je veux dire vraiment  de la culture, c’est qu’ils peuvent voir des ponts, des échos, des miroirs là où le péquin moyen ne voit que la surface des choses. Genre, dans le théâtre balinais ou javanais. J’aime beaucoup la musique, je goûte la délicatesse des gestes ou leur force, et leur justesse, j’entrave un peu l’histoire, je vibre de concert, et toute cette beauté me fait encore plus aimer l’homme, et Dieu. Bon. Mais Shakespeare là-dedans ?

De Shakespeare, je ne connais rien. Je crois avoir lu sur le frigo d’Elodie des magnets reprenant les insultes les plus savoureuses issues de ses pièces, mais ça doit s’arrêter là. Pire, je n’ai jamais vu une seule représentation de lui. Nada, quedchi. La honte. Alors de là à voir des liens… c’est définitivement foutu pour briller en société.

J’ai débarqué à Yogyakarta pour la première fois de ma vie lundi dernier. Je ne savais que ça, et la présence de Kati quelque part dans le coin. A l’aéroport, un gars m’attendait. La voiture a filé vers… je ne sais pas où. Je n’ai quasiment aucune idée de l’endroit où j’ai passé la semaine, sur une carte, tout du moins. Sinon, j’étais au pied d’un volcan, le Merapi,  que je n’ai aperçu que quelques minutes/heures par jour, par effraction au milieu des nuages. A 6 kilomètres du centre du cratère qui a encore explosé il y a à peine trois ans… et comme les éruptions ont lieu tous les quatre ans, j’ai un an de marge, à une vingtaine de kilomètres de Borobudur, dans la montagne. C’est tout. En revanche, à 800 mètres d’un espace consacré à la danse, et au théâtre javanais. C’est là que Kati et Nicolas m’attendaient.

Kati ose créer ici, au bout de la route qui mène au volcan, le songe d’une nuit d’été, une pièce de Shakespeare, en mêlant danses javanaise et théâtre à l’européenne, musiques, costumes, personnages issus de la tradition artistique javanaise et même plus particulièrement liée à l’espace du volcan. C’est audacieux, extraordinairement difficile à monter, car les ponts à tendre sont légion. Les soubresauts amoureux et les enjeux divins de Shakespeare à la sauce indonésienne… relevé et sucré !

Mais le pari le plus fou, sans avoir beaucoup de sous, c’est d’avoir demandé à des lycéens, totalement débutants artistiquement, de tenir tous les rôles. Seuls quelques musiciens et danseurs locaux les accompagnent, mais il faut leur faire découvrir la danse, leur faire apprendre les chants en français, les initier au théâtre et au jeu d’acteur, traduire le texte en indonésien et javanais, le répartir, le convertir pour qu’il puisse être reçu, jouer sur les conventions. C’est un travail titanesque qui doit se faire dans une urgence absolue, puisque la représentation sera le 11 mars, à Sumber (si vous voulez y aller, laissez un message Clignement d'œil) et d’ici là, ils ont une semaine d’exams. Forcément, rien ne peut se passer comme prévu, le chorégraphe, notre hôte a chopé le typhus, les jeunes ont une semaine d’examens juste avant le spectacle, etc, etc.

Un ami de Kati, Nicolas, acteur au TNP, a pris quinze jours de vacances ici pour faire découvrir aux jeunes l’art du théâtre. Ils n’en ont jamais eu/vu, il n’y ont jamais eu accès alors tous les après-midis, je traduis ses indications, ses recherches avec eux pour qu’ils puissent se dépasser, jouer au plus juste. L’aventure est passionnante, tellement passionnante que je n’ai même pas eu l’occasion d’aller visiter les grands lieux touristiques des environs. Tant pis, ça sera pour une autre fois.

Au milieu de tout cela, loin du monde et de ses soubresauts, petites rencontres avec les chrétiens du coin (il y a une chouette paroisse dont le curé précédent a ouvert des ponts de rencontre extraordinaires avec la culture autour du volcan, c’est assez décapant) notamment pendant la messe matinale. Je sais qu’il se passe de grandes choses, au-delà des mers… elles sont comme des vibrations en deçà de cette expérience humaine et chrétienne.

Ah, et forcément, qui dit répétitions et truc extraordinaire dit public, et qui dit public dit enfants, et qui dit enfants dit … photos.

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jeudi 28 février 2013

l'instant d'avant

l’instant d’avant le surgissement du tigre blanc
l’instant d’avant les trombes d’eau s’abattant sur le cimetière
l’instant d’avant la prière rituelle au pied du volcan
l’instant d’avant le monde qui se compresse avant d’exploser.

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dimanche 17 février 2013

ikebana

Aube de carême, premier dimanche
l'eucharistie rassemble toute la paroisse
musiciens, chanteurs, servants, prêtres,
chrétiens unis pour un même appel

les vitraux léchaient les piliers de lumière,
les voûtes étaient immaculées
et sur la nappe d'autel, sous mes yeux,
l'ombre de la croix,
et d'une branche presque nue

Blogdavidlerouge-86.

mercredi 16 janvier 2013

lux in the sky

Dieu que les temps sont troublés, Dieu que les gens sont troublés
Du plus juste de leurs convictions, du plus profond de leurs paix vécues
même manifestées dans la joie, ou apeurées dans l'effroi
l'altérité se fait altercation,
le dépit dégoût,
l'envie de débat une débâcle,
la paix épée,
l'affirmation sereine vitupération malsaine
chacun est dépouillé de sa foi et de ses convictions, par des réductions et des insinuations.

Certains ont réfléchi, pesé, mûri, et voudraient le partager,
d'autres l'ont moins fait, d'autres encore ont l'épiderme brûlé d'un jugement, une infamie,
certains rusent et trichent, d'autres blessent, acérés, sans le désirer
on excommunie et/ou vomit le frère qui n'aurait pas la même idée,
on le somme de s'expliquer, pour autant qu'il se range de son côté

le pouvoir ne se fait plus serviteur, mais arrogant,
pouvoir du nombre, pouvoir en place, illusions abimées de force
et les petits trinquent.

mon ciel en est troublé,

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alors je continue ma quête de lumière.

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samedi 8 décembre 2012

les experts

C’est un luxe qui ne devrait pas vous coûter trop cher. Vous pouvez vous organiser comme vous voulez (acheter un zoom H2n, ou emprunter un Nagra à la RCF voisine, ou vous rechargez votre Smartphone) et vous vous bloquez une bonne matinée. Peut-être deux. Ou plus mais uniquement si affinités. Et le sourire au lèvres, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre. Enfin, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre si vous êtes de Sottevast. Sinon, ça va être un tout petit peu plus compliqué. André Lefèvre est une célébrité à Sottevast comme quelques villages en possèdent encore. André a été curé de Sottevast pendant 39 ans, puis il s’est retiré sur place, dix ans de plus, jusqu’à ce que sa santé exige un logement plus adapté et accompagné.

Je suis entré hier dans les deux pièces d’André, au troisième étage du centre d’accueil diocésain, avec deux autres confrères. Au perroquet, trois casquettes, dans la chambre à côté, un lit médicalisé, et devant nous un bureau et quelques chaises préparées pour nous accueillir. C’était la journée annuelle fraternelle des prêtres de notre diocèse, nous étions une bonne centaine présents, et pour la première fois, le petit temps d’échange se passait dans les appartements des plus âgés. On devait parler de la joie de croire, et les questions que nous portions. Et André m’a passionné.

Resté 49 ans dans son village, croisant sans cesse les vies des uns et des autres, les accompagnant de moments insignifiants et tournants essentiels, il a vu son village doubler, la population évoluer, les grosses entreprises laitières et nucléaires modifier le mode de vie… Il a accompagné, créé, soutenu, regardé, écouté, rebâti une Eglise dans un si petit coin de Normandie, mais il a vu grandir quelque chose de l’humanité après la guerre. Il avait été vicaire 3 ans, en 1945, puis curé ailleurs une petite quinzaine d’années… Et je suis persuadé qu’il y avait devant moi un expert d’humanité, à force de la côtoyer et de la voir grandir, à force de se passionner pour elle… Parce que toute la vie d’un curé est tournée vers le peuple qu’il fait vibrer vers le Dieu qu’il aime.

Il est probable que vous ne connaissiez pas André Lefèvre, ni même Auguste Lefort, qui est arrivé dans sa paroisse en 1949… votre curé lui même a probablement reçu des missions un chouilla plus courtes, ces dernières années… mais si vous avez du temps à gagner, vous pourriez attraper votre enregistreur et parler longuement avec ce vieux prêtre à deux pas de chez vous, pour l’écouter raconter l’homme qu’il a vu grandir et s’affermir, la France qu’il n’a pas fait que côtoyer, mais qu’il a aimée. Vous avez ce devoir de mémoire.

Nous étions une bonne centaine, hier, pendant ce temps fraternel. Beaucoup moins que les autres années, certains sont morts, d’autres sont fatigués, ou n’ont pu prendre le temps d’être là. Une bonne centaine sur 190 prêtres du diocèse. Sérieux, drôles, dissipés et concentrés, attentifs et différents. Unis, simplement dans cette diversité:

2012_12_07

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