Aller à la recherche

samedi 8 décembre 2012 14:46

les experts

C’est un luxe qui ne devrait pas vous coûter trop cher. Vous pouvez vous organiser comme vous voulez (acheter un zoom H2n, ou emprunter un Nagra à la RCF voisine, ou vous rechargez votre Smartphone) et vous vous bloquez une bonne matinée. Peut-être deux. Ou plus mais uniquement si affinités. Et le sourire au lèvres, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre. Enfin, vous allez frapper à la porte d’André Lefèvre si vous êtes de Sottevast. Sinon, ça va être un tout petit peu plus compliqué. André Lefèvre est une célébrité à Sottevast comme quelques villages en possèdent encore. André a été curé de Sottevast pendant 39 ans, puis il s’est retiré sur place, dix ans de plus, jusqu’à ce que sa santé exige un logement plus adapté et accompagné.

Je suis entré hier dans les deux pièces d’André, au troisième étage du centre d’accueil diocésain, avec deux autres confrères. Au perroquet, trois casquettes, dans la chambre à côté, un lit médicalisé, et devant nous un bureau et quelques chaises préparées pour nous accueillir. C’était la journée annuelle fraternelle des prêtres de notre diocèse, nous étions une bonne centaine présents, et pour la première fois, le petit temps d’échange se passait dans les appartements des plus âgés. On devait parler de la joie de croire, et les questions que nous portions. Et André m’a passionné.

Resté 49 ans dans son village, croisant sans cesse les vies des uns et des autres, les accompagnant de moments insignifiants et tournants essentiels, il a vu son village doubler, la population évoluer, les grosses entreprises laitières et nucléaires modifier le mode de vie… Il a accompagné, créé, soutenu, regardé, écouté, rebâti une Eglise dans un si petit coin de Normandie, mais il a vu grandir quelque chose de l’humanité après la guerre. Il avait été vicaire 3 ans, en 1945, puis curé ailleurs une petite quinzaine d’années… Et je suis persuadé qu’il y avait devant moi un expert d’humanité, à force de la côtoyer et de la voir grandir, à force de se passionner pour elle… Parce que toute la vie d’un curé est tournée vers le peuple qu’il fait vibrer vers le Dieu qu’il aime.

Il est probable que vous ne connaissiez pas André Lefèvre, ni même Auguste Lefort, qui est arrivé dans sa paroisse en 1949… votre curé lui même a probablement reçu des missions un chouilla plus courtes, ces dernières années… mais si vous avez du temps à gagner, vous pourriez attraper votre enregistreur et parler longuement avec ce vieux prêtre à deux pas de chez vous, pour l’écouter raconter l’homme qu’il a vu grandir et s’affermir, la France qu’il n’a pas fait que côtoyer, mais qu’il a aimée. Vous avez ce devoir de mémoire.

Nous étions une bonne centaine, hier, pendant ce temps fraternel. Beaucoup moins que les autres années, certains sont morts, d’autres sont fatigués, ou n’ont pu prendre le temps d’être là. Une bonne centaine sur 190 prêtres du diocèse. Sérieux, drôles, dissipés et concentrés, attentifs et différents. Unis, simplement dans cette diversité:

2012_12_07

vendredi 28 septembre 2012 23:35

L'homme en face

Je suis l’homme en face.

Je suis l’homme en blanc que vous avez vu sortir de l’église, alors que vous attendiez sur la place.

Je suis l’homme qui parlera, celui dont vous attendez beaucoup, mais dont vous craignez tant l’erreur que l’ardeur. Si je parle mal, si j’évoque le défunt de manière mal ajustée, si j’affirme trop brutalement la résurrection, si je bute sur les mots, si vous croyez m’entendre dire que “Dieu l’a rappelé”, si j’ai l’air distant, si j’ai l’air vivant, si j’ai l’air sinistre, ou trop ministre, vous m’en voudrez.

Je suis le prêtre des célébrations où vous avez été convoqués. Et quoique vous en pensiez, je vous regarde, de l’autre côté du micro et de l’autel. Je vous vois mais je ne vous entends pas. Ou plutôt j’entends le silence mat que vous opposez, et ce silence m’inquiète.

Oh il ne m’inquiète pas tant pour la qualité ou la beauté de la célébration. Le silence est mon ami, j’aime m’y plonger pour laisser résonner en moi la Parole de Dieu. J’adore aussi me taire en groupe, goûter les vibrations de ce moment d’intériorité partagée. Un groupe de collégiens qui fait silence vit encore plus la communion, il se surprend à se taire, à écouter… Mais si j’aime qu’on fasse silence, j’ai mal pour vous quand on me l’oppose.

J’imagine que c’est peut-être la douleur qui vous rend muet. Quand celui que vous aimiez a disparu, tout s’est déchiré, et le sanglot dispute au cri la maîtrise des cordes vocales, tel un frère Christophe hurlant à la nuit des hommes et des dieux, muré dans le cri de sa peur, de sa souffrance, sans que personne ne puisse l’aider. Il hurle comme les autres se taisent, tétanisés.

ou alors c’est la décence pour ne pas troubler la douleur plus grande du premier rang, des plus touchés, ceux qui ont allumé le cierge, ceux qui ne liront ni les mots de la Bible, ni aucune prière, mais diront leurs mots tellement plus difficiles à énoncer. Si leurs mots sont titubants, votre silence les appuiera.

Pour beaucoup d’entre vous, c’est peut-être parce que ce n’est pas votre foi. Vous êtes venus par amitié, par douleur, par fidélité, mais vous ne devez rien à cette Eglise. Vous êtes là, le regard rivé sur le sol, à 1m17 devant vous, la nuque raidie pour l’empêcher de trembler, le regard dur pour ne pas le laisser s’inonder, et vous ne direz aucun des mots du rite que vous ne (re)connaissez pas.

Franchement, ça ne me fait pas plaisir d’engager ce dialogue et que vous ne répondiez pas. Je trouve ça pire, plus dur encore, mais vous en avez le droit. C’est dommage, la parole du rite est plus facile à habiter que la seule parole que vous oseriez… elle vous emmène sur des chemins que vous ne pourriez vous donner. Je sais bien que vous ne les connaissez pas assez bien, mais ce n’est pas ma question, votre silence me fait un peu peur. Il me fait peur pour vous. 

Vous qui opposez votre silence à la parole de l’Eglise, avez-vous la possibilité de parler au dehors, au bord, au plus près ? Avez-vous dit vos questions, vos peurs, votre souffrance ? avez-vous dit votre amour, votre mémoire fragile, vos rires, et vos déceptions ? Avez-vous dit vos regrets et vos fiertés ? Avez-vous laissé parler un plus silencieux que vous, un plus perdu, un enfant ? Vous avez peut-être peur d’être emporté dans son chagrin, ou pire, de l’emporter dans le vôtre ? Le silence est moins risqué, mais plus destructeur. Pire encore si vous avez décidé de le protéger.

Car le silence se fera génétique*, transmis à votre insu, mais conditionnant le futur adulte… un autre silencieux qui ne saura pas mieux passer cette épreuve. “Taire un enfant”, c’est faire de toute mort un non dit, un inenvisagé, un mort sans visage… quand justement celui qui nous quitte n’avait cessé d’en avoir.

Dans ma famille, mon grand-père s’est suicidé. Personne ne l’a dit, personne ne l’évoque jamais. Il aura fallu de l’audace à tel ou tel pour oser dire cette mort hâtée, parce qu’elle allait le rattraper par la maladie, dire qu’il est parti trop tôt, mais consentir à ce geste, parce qu’il fut fait. Je ne comprendrai jamais, mais ça me permet d’accueillir mon grand père jusqu’au bout, quand bien même je ne l’aurai que peu connu.

Dire quelqu’un, sans l’amputer ni de sa mort, ni de sa faiblesse, ni de ses rires, ni de ses riens, de ses qualités et de ses faiblesses, et les joies-peurs-déceptions-fiertés-transmissions qu’il est pour nous. C’est une audace qu’on ne peut murer dans le silence.

Si l’Eglise parle, si dans la célébration, elle vous invite au dialogue, c’est pour ne pas vous laisser murés dans le passé, mais pour vous inviter à écrire, autrement, l’avenir. Elle vous donne des mots que vous ne maîtrisez pas, parce que vous ne pourriez vous les dire. L’Eglise est le lieu de votre parole. Chrétiens, parlez, chantez, osez. Et vous qui êtes là par fidélité, osez cette parole aussi. Parce que la résurrection, tout comme votre présence, est affaire de fidélité et d’avenir. Et le Christ, Parole faite chair, est au cœur de tout cela.

Parlez pour ceux qui sont murés dans le silence.

Vous serez les uns pour les autres signes d'espérance.

Parce que je ne suis pas l’homme en face, je ne suis qu’un de ceux de cette Eglise qui prend Parole avec vous. Un de vous, et parfois, pour vous, j’ai peur.

(* selon une expression de Boris Cyrulnik)

mercredi 4 avril 2012 19:35

T'es vraiment fêlé!

BlogDavidLerouge_611Je ne sais pas si vous vous souvenez : il y a deux ans tout juste, ce blog avait reçu une affluence hors du commun. L’Eglise était alors troublée par les tristes scandales sexuels qui la secouaient et lemonde.fr s’était saisi de l’affaire dans un article, en linkant des blogs de prêtres. France Inter aussi  (par l’excellente Sandrine Oudin) s’était payé le luxe d’un reportage délicat, juste, et équilibré qui avait touché. Tout ce petit monde s’était retrouvé au bas d’un billet un peu décalé autour d’une photo, entre méditation et affirmation, sur le célibat des prêtres.

Je repense fréquemment à ces lecteurs de l’époque, contradicteurs ou blessés, vindicatifs ou écorchés… et me suis dit qu’ils se reconnaîtraient bien peu dans la litanie de mon précédent billet sur la messe chrismale. Regard positif sur des richesses des prêtres, différents, blindés de qualités et d’accrocs. Peu à peu, l’évidence de ce regard se fait pour le chrétien familier des églises et de leurs habitants. Chacun, prêtre, laïc, diacre irise à sa manière La Lumière… Tous, nous essayons d’être signe de l’un. Alors, les à-côtés ou les éclats de génie de chacun viennent étayer ce que nous percevons de la richesse de l’Eglise, et la faiblesse et l’écharde de l’un trouve son écho dans la force de l’autre. Tous, pour Un.

Mais si tu n’es pas du sérail, si tu tombes sur ce blog comme tu tombes sur un presbytère, au moment stratégique où tu y as quelque chose à y régler, alors chaque détail, instant prendra une place personnelle immense. Et de ce curé, de cette dame de l’accueil, de ce regard que tu as jugé méprisant, tu crois deviner la totalité de l’Eglise, celle qui t’a blessée,  qui ne t’a pas laissé t’exprimer. Si en plus l’un de ceux là t’a vraiment blessé, alors c’est toute l’Eglise qui devient blessante. Un, pour tous.

Je veux, comme chrétien, et comme prêtre, assumer d’être figure de foi et du Christ qui me sauve, avec tout ce que le sérieux et la responsabilité de cette affirmation implique. Je ne veux le faire que parce que j’ai une petite place, biscornue, fragile, trébuchante dans ce corps, où le Christ se révèle vraiment. Et chaque main tendue permettra peut être à l’autre de s’y sentir appelé.

Témoignage en vérité de pauvre, parce qu’il laisse transparaître, à mon insu, le Pauvre.

ma superbe, c’est Lui qui me la donne.
mais que jamais je ne sois la raison du scandale de mon frère.

mardi 3 avril 2012 19:33

viril et massif

Blogdavidlerouge-120

C’est lui qui t’a choppé en train de faire le mur du caté à 10 ans et t’a ramené fissa en 4L,
C’est lui qui dit “dans ce monde qui est le nôtre” à tout bout de phrase
C’est lui qui fait vraiment, mais alors vraiment tout le temps des blagues pourries,
C’est lui qui t’a demandé un jour d’animer la messe du dimanche
C’est lui qui sait d’une phrase te remettre dans la prière
C’est lui qui t’a invité au camp de jeunes qui a changé ta vie
C’est lui qui t’a préparé au mariage
C’est lui qui se tourne les pouces pendant les homélies des confrères
C’est lui qui a bien remanié le chœur de l’Eglise
C’est lui qui a redonné du peps à la paroisse
C’est lui qui a inspiré la chanson “il court il court le curé”
C’est lui qui n’a absolument aucun sens de la belle liturgie,
C’est lui qui alterne avec brio homélie hyper brillante et brouet insipide
C’est lui qui a un putain de caractère de cochon
C’est lui qui ne répond jamais à ses mails
C’est lui qui est allé chercher les djeunes, là, et les a remis en route,
C’est lui qui chantait trop “ensemble, ensemble nous voulons faire ensemble”
C’est lui qui conclut toujours par “Bon dimanche et bonne semaine”, et dont les annonces commençaient par “la messe de ce matin était célébrée pour Mme Cahu, lundi, 18h30, messe…”
C’est lui qui ne faisait que parler des initiatives diocésaines, et ça te saoulait
C’est lui qui n’en parlait jamais, et ça te saoulait encore plus
C’est lui qui a entendu Mme Michu lui dire, “vous savez, dans cinq ans, nous, on reste, alors vos idées…”
C’est lui qui aimait un peu trop les froufrous et les dentelles,
C’est lui qui puait la vinasse et le chien mouillé, mais qui tout le temps était là,
C’est lui qui t’invitait au roi Albert pour refaire l’Eglise en sirotant des Leffe,
C’est lui qui change systématiquement la prière eucharistique et te colle des mercis à tout va,
C’est lui qui a morflé dans sa dépression, et qu’on revoit, là, confiants et attentionnés,
C’est lui qui le dimanche te sourit en te donnant la communion, et c’est con, mais c’est bon.
C’est lui …

Blogdavidlerouge-7-3

Lui, c’est not’curé. Pas un comme lui.
Et chacun a ses histoires de curés, croisés, coincés, colériques, culbénis, confiant, collaborant, copain, … et dans la procession, chacun se fend d’un sourire au prêtre reconnu, celui qui a traversé son histoire de part en part, et bien souvent de bas en haut.

Blogdavidlerouge-5-3Blogdavidlerouge-8-3

Et pourtant, quand ils sont là, rassemblés, pour la messe chrismale, leurs “oui je le veux” à ces vies données sonnent massifs et virils, une seule voix, un seul corps, une même réponse.
parce qu’attachés au seul Prêtre.
parce que “renonçant à eux mêmes”, ils se sont trouvés.
parce que le trésor de leurs vases d’argile est là.

Blogdavidlerouge-6-3

et si l’un d’eux est “ton curé”, le seul que tu “supportes” ou qui “t’apporte”, ou qui t’aie porté
C’est qu’il t’a été envoyé.

 Blogdavidlerouge-4-4Blogdavidlerouge-2-5

messe chrismale.

mercredi 9 novembre 2011 08:45

hymne pascal

Un homme est mort qui n’avait pour sauveur
Que deux bras ouverts une fois pour la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que Celui qui l’avait appelé
Un homme est mort quand continue la lutte
contre la mort qui l’a dépassé, séduit, happé

Car tout ce qu’il voulait
nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
que le bonheur soit la lumière
au fond des yeux, au fond du cœur
Et la justice sur la terre
mais plus en lui, ici.

Il y a des mots qui font vivre
mais qu’on n’accueille plus pour soi
et ce sont des mots si brûlants
le mot Sauveur, le mot confiance
Charité, justice et le mot liberté
le mot Fils, et le mot délicatesse
mots que l’on professe, plus grands que nous
Le mot courage, et le mot consentir
et le mot frère, et le mot camarade
des mots auxquels on croit, qui parfois renvoient
sur ce qu’on ne vit que pusillanime
Et ces mots s’enroulent en spirale suffocante
dans la solitude, suscitant l’irréparable.

Ajoutons-y Pascal
Pascal est mort, vie reprise qu’il ne pouvait plus donner,
en marge de ce qui nous fait vivre
tutoyons-le, il était frère d’arme,
soldat de charité, enfermé dans le combat, désarmé.

Tutoyons-Le, il nous rappelle que le salut
est affaire fragile de fragilité saisie,
qu’Un seul est grand, qu’il y a des gouffre où l’on peut tomber

Tutoyons-nous il nous dessine en sombre l’espérance.

pascalJe crois avoir croisé quelque fois Pascal à la catho, dans nos premières années, j’avais oublié son nom, mais pas son visage. Il avait mené ses appels et ses missions dans des lieux dont j’ignore tout, dans des cercles autres, mais l’annonce de sa mort, inattendue, violente, choquante réanime ma colère contre novembre, sombre et poisseux, qui englue tant d’amis dans des solitudes inespérantes. Le combat, il l’a arrêté, je n’ai de cesse d’espérer que son Dieu saura d’autant plus le saisir, le recueillir, comme une mère son fils blessé au cœur. La foi ne connaît pas beaucoup de héros la nuit, je regrette simplement qu’il n’ait plus pu sentir la tiédeur de nos amitiés, le rose de nos optimismes, le soyeux de nos attentes bienveillantes.

un petit de Dieu est tombé. Et je ne vaux guère mieux.
Pardon et merci à Eluard de m’avoir laissé emprunter ses mots
et merci douloureux à ce billet: http://lawebattitude.blogspot.com/2011/11/205-amis-et-seul.html

lundi 7 novembre 2011 12:10

mon cher Ivan

Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés "sans saveur"

Par Ivan Rioufol le 7 novembre 2011 8h30, le figaro

Les curés sont majoritairement prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique:"L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

Cet aveu d'un conformisme ecclésiastique est évidemment bien tardif, en regard des avancées de la déchristianisation et de la lassitude de nombreux catholiques (dont je suis) face à un clergé pusillanime et politiquement correct, même si je sais qu'il abrite de belles et courageuses personnalités qui œuvrent le plus souvent dans l'ombre. Cependant, le mea culpa est désormais assumé par l'Eglise et cette contrition est un pas important qui vient d'être franchi. Il est piquant de constater que c'est sous l'influence d'un pape plutôt malhabile dans la communication de masse que Le Vatican a décidé de moderniser sa manière de s'adresser aux gens. Reste que cet appel à rendre plus consistantes les prédications dans les églises n'est qu'un retour aux sources du catholicisme et aux méthodes employées par Jésus lui-même, souvent construites sur la provocation et l'exagération.

Dans un livre remarquablement documenté sur Jésus (1), l'historien Jean-Christian Petitfils rappelle notamment ce que fut l'intransigeance du Christ, sa violence verbale parfois, et son goût pour le style apocalyptique. "On se tromperait, écrit Petitfils, en en faisant un doux missionnaire ou un débonnaire professeur de morale (le Jésus sulpicien!). c'est un prophète authentique qui crie, invective, lance de cinglantes diatribes". Jésus ne craint pas le style provoquant, quand il dit ne pas apporter la paix mais "le glaive". Il jette l'anathème sur ceux qui ont refusé son message ou pour secouer les foules de leur torpeur spirituelle. Il prend à partie ses adversaires: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites (...), serpents, engeance de vipères!". C'est pourtant le même Jésus qui, "compatissant, empli d'une infinie miséricorde, appelle à lui toutes les victimes, tous les blessés de la vie", note l'historien. "Il ne cherche pas à instaurer son règne par la force".

Aux prêtres et aux évêques d'être à la hauteur de leur mission, en cessant d'être des robinets d'eau tiède et des enfonceurs de portes ouvertes. Il y a urgence.

(1) Jésus, de Jean-Christian Petifils, Fayard

mon cher Ivan,

je te remercie de soumettre à mon attention cette dépêche AFP, qui, je n’en doute pas, a su restituer la profondeur et la saveur des propos du cardinal Ravasi, qui, étant du Vatican, comme toi tu es du figaro, engage le propos du pape comme tu engages la position de Sarkozy. C’est vrai, quoi.

Soit dit en passant, tu as raison, et Ravasi aussi, on s’ennuie parfois en homélie. Pas tout le temps, mais parfois. Soit que le prédicateur n’était pas en verve ce jour là, ou pas en verve tout court, mais j’y reviendrai, soit que le texte, déjà, à la base, n’était pas facile facile, soit que j’étais pas super dispo pour écouter, agacé derechef par le tic verbal dudit prédicateur. Si ça peut te rassurer, je m’emmerde aussi souvent en écoutant la radio, lisant les journaux, mais jamais en regardant la télé, parce que je ne l’ai pas. Pire, non seulement je m’emmerde mais il m’arrive fréquemment de penser “ce type est un con, et il parle comme un con, et il ne pense pas”. Et autant je m’enquiquine ferme pendant certaines homélies, autant j’y ai plus rarement ce genre de pensées, même si ça finit par arriver.

L’homélie, c’est un truc récurrent, genre quotidien et hebdomadaire, format court, et où le sujet est imposé par la Parole qu’on sert, et le peuple auquel on s’adresse ((nous les cathos on dit peuple quand tu dis lectorat)). Parfois on est bons, on trouve le fil, l’intuition qui rend le propos intéressant, parfois, non. C’est con, j’ai oublié de prendre l’option “génie” au séminaire. Mais bon. Et puis, on est pas là pour qu’à la fin, on nous dise “chrysostome est de retour, mais pour aider les chrétiens à vivre.” Servir la Parole, le Christ, faire entrer dans la profondeur du propos, c’est pas toujours funky, et on n’y excelle pas tous et tout le temps. Mais bon. SI je faisais de la comm, je prendrais un micro HF, je me collerais en plein milieu du choeur, et je te parlerais au coeur, à toi, oui toi au 2e rang, qui veut être converti par Dieu, je serais enflammé, je serais drôle, je serais délicat, je serais… haï au bout de 3 fois du même numéro. Parce que la messe, c’est pas un numéro de charme, c’est l’espace de la rencontre avec le Christ. L’homélie y conduit, mais pas que. Le rite pose cet espace, les paroles du rite le permettent, et s’il est vrai que parfois la forme est franchement hyper ascétique voire repoussante, le fond n’est jamais dans la forme, que veux tu.

L’autre souci, mon cher Ivan, c’est que si on recrute un journaliste à sa plume, on ne recrute pas un curé à sa langue. On est divers, nous les prêtres, certains sont orateurs et bons orateurs, d’autres fédérateurs de communautés, tâcherons de l’unité, bosseurs en sous main, priants à l’extrême, accompagnateurs de génie… et on n’arrive pas à avoir toutes les qualités. C’est bien simple, il me semble bien souvent que toutes me manquent. On essaie d’être bons, mais bon, on fait c’qu’on peut et parfois c’est pas glorieux.

Alors certes, le coup du robinet d’eau tiède, c’est vrai que ça tue, le coup de la comm’ mal assumée, c’est redoutable, la parole qui manque de feu aussi, mais bon, tu vas pas arrêter d’aller voir ta mère parce qu’elle a un bouton sur le nez, voire une langue de vipère. C’est ta mère, t’y vas, et tu vas même t’arranger pour qu’elle ne tombe pas dans ses pires et détestables excès.

Si les curés te balancent de l’eau tiède, c’est peut être que l’Evangile a suffisamment marqué les esprits pour que ce qu’il dit te “tombe sous le sens” mais pas assez marqué les vies pour qu’on soit encore obligés de faire subtil et de le rappeler. Pire pour les portes ouvertes. OK, on les enfonce, mais toi, tu les franchis?

l’homélie est un art, et nous sommes de pauvres artisans. Je te promets qu’on bosse, certains plus que d’autres à ce genre de sujets, et qu’on brûle encore pas mal… mais ce n’est pas suffisant. J’accepte de me faire tancer, et qu’on me dise que j’ai tapé trop souvent à côté, mais je t’en prie, ne me fais pas le coup du “je suis pas venu à la messe, le curé est pire que la tourtel”, parce que c’est peut être ce dimanche là que la Parole que je sers, comme toi, t’aurait brûlé.

PS: si tu veux plus d’infos, pique à Jean Marie Le Guénois un bouquin auquel je viens de participer, “ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux” qu’on lui a envoyés en envoi presse, ça pourrait te réconcilier avec les curés tièdes comme moi, mais qui y croient encore.

PPS: je sais que ma petite réponse est méchante et beaucoup plus incisive que ton propos qui était bien quand même… mais bon, quand je suis agacé, je dis des gros mots, c’est comme ça. Et puis les gros mots c’est dans le langage informatique et télévisuel du temps, c’est “coloré”. Rouge, en fait. voire “exagéré”.

jeudi 21 juillet 2011 03:56

t'as vraiment qu'ça à fout'?

Franchement, quand on sait le nombre de camps scouts ou MEJ qui peinent à dégoter un aumônier pendant l’été, le nombre de mariages qui auraient pu être célébrés durant ces deux mois (16 au bas mot), ou de baptêmes (48) ou de messes dominicales (32), on est en droit de se demander ce que fout un prêtre français dans une île indonésienne à une heure de bateau de Singapour.

Certes, il sirote du cognac avec le P. Arro et un séminariste MEP, hyper accueillants ; certes, il boit des bières avec le séminariste MEP tout en parlant de notre ex-supérieur de séminaire commun et révéré, et des enjeux d’envoyer des jeunes volontaires en Indonésie ; certes, il apprend cette délicieuse pratique pastorale qui consiste à passer sa soirée, répertoire de la paroisse en main, à aller sonner à la porte des paroissiens, et rester, sans prévenir, 10 minutes chez eux pour s’enquérir de leur santé, de leur vie, de leurs questions ; certes, il découvre la richesse des parcours bibliques américains proposés aux chrétiens singapouriens ; certes, il décline l’invitation pressante d’une protestante Batak à danser avec eux une danse surprenante mais surtout assourdissante et un peu chiante, malgré l’enthousiasme évident des participants ; certes, il blague à table avec des prêtres de Florès quelque peu difficiles à dérider, tout en attendant patiemment qu’ils aient fini d’avaler à toute blinde les gâteaux qu’il avait gentiment apportés de France ; certes il discute le bout de gras avec une directrice de lycée afin de caler avec elle la venue de coopérants ici en octobre et janvier prochains ; certes il se balade un peu pour connaître mieux une île à deux pas de Singapour, et des richesses à découvrir et valoriser… parce que Batam, au premier coup d’œil, c’est pas gagné.

IMG_6418web©DLerouge

Pour toutes ces démarches, être un prêtre ouvre pas mal de portes. Les portes des milliers de presbytères et d’évêchés, les portes des congrégations religieuses, masculines ou féminines… car si le statut des laïcs est quelque peu reconnu et valorisé partout (il y a des “chefs de paroisse” fort compétents en Indonésie), le statut social sacerdotal est assez différent dans nombre de pays. Certains en parlent d’ailleurs avec humour : Ce serait ici le 3e sexe. Google+ n’a qu’à bien se tenir. Néanmoins, une connaissance assez bonne de la langue ouvre aussi des milliards de portes.

IMG_8402

Tout ceci présente aussi quelques inconvénients, à être reconnu et piédestalisé, on perd un peu de liberté de mouvement, il faut constamment se demander si tel ou tel geste est approprié, acceptable par la communauté qui vous accueille et reçoit, il faut aussi un certain sens de l’humour pour passer au delà de situations embarrassantes, et accepter de ne pas être incognito mais potentiellement repéré partout : blanc, parlant indonésien, chrétien et prêtre…

Il y avait tout de même un truc que je n’avais pas prévu. L’année dernière, à Bali, j’avais accepté de concélébrer les messes et avais fait l’expérience de la difficulté de “dire” la messe en langue étrangère. Chaque pays a son rythme de lecture, et un prêtre qui bute sur les mots à la lecture, pose les césures là où il ne faut pas, ou lit mal tel ou tel mot a vite fini par devenir ridicule. Parler, ça va, célébrer, c’est une autre paire de manches. Sans parler des soutanes blanches, des rites propres, et de la difficulté de prêcher dans une langue pas si naturelle que ça.

C’est sans doute fort de toutes ces réserves que je n’ai pas vu le coup venir. Samedi soir, 18h, de nuit donc, on frappe à la porte de ma chambre. C’est le type de l’accueil en bas, serviable et dispo qui vient me poser une question innocente. “mon père a quoi de prévu demain ?”. Ici, le titre sert souvent de pronom personnel. “Ben rien de particulier, la messe ici à 8h, et ensuite je verrai”. “OK. Le prêtre de la paroisse d’à côté est malade. Tu pourrais le remplacer ?” Là, c’est le moment où je lui balance tout mon argumentaire comme quoi ça me parait un peu difficile passque tu vois, la langue, le rythme, les prières, l’homélie, les lectures, toussa, litanie qu’il écoute patiemment puis redemande. Pas de vraie raison pour dire non. J’accepte. Une heure plus tard, on m’apporte tous les bouquins, histoire que je prélise les lectures, oraisons et me familiarise avec le missel. C’est peut être bête, mais dans un missel, il y a des milliards de choix, des rubriques, des traductions, et la première fois, on reste con. On raconte même dans les presbytères l’histoire célèbre de religieuses chantant en latin la rubrique “chanter à mi-voix”. Pour les lectures, pas de bol, c’est le bon grain et l’ivraie, un texte subtil pour lequel l’homélie se doit d’être fine.

Dimanche matin, 7h, on passe me prendre au presbytère. Ici, les paroisses ont facilement une voiture avec chauffeur. Ou plutôt, n’ont qu’une voiture par paroisse et c’est quelqu’un qui est chargé de la conduire/gérer/réparer… On m’avait dit qu’il ne fallait pas que je m’inquiète, c’est une petite paroisse. 800 personnes à la messe de 8h.

Finalement, c’est plus facile que prévu. Etre prêtre seul à présider, et en l’occurrence absolument seul dans le chœur, permet de prendre le rythme de lecture que je veux, et comme j’ai préparé les pages avant et demandé le prénom de l’évêque (Hilarius), tout se passe pas trop mal. Homélie à deux balles sur un texte difficile. Petite surprise toutefois, le diocèse est en synode, et la prière universelle se conclut par une prière récitée par toute l’assemblée… Pour le reste ça va.

Jusqu’au notre père et la prière qui suit que je lis sans encombre notable (à part un nombre conséquent de fautes de lecture, forcément). Mais alors que j’enchaîne avec la prière pour la paix, je vois les sourcils s’arquer. Pas de bol. En France, il n’y a qu’un seul choix de prière après le Notre Père. ici, au moins 6, et je suis en train de lire doctement une variante. Quelques excuses plus tard, je passe 10 pages et retrouve le fil. Tout va bien. On en rira après. Comme on rappellera que “La Providence” (ou le coup de bol, c’est selon) était là, on a donné la communion, il n’est resté qu’une hostie dans le tabernacle. Après la messe, il faut bénir les objets en tous genres, signer les livrets de messe des enfants scolarisés dans le catho (ils doivent noter dans leur livret les références et le sens des textes écoutés.), manger un bakso tout en taillant la bavette avec le prêtre malade qui ne l’est pas tant que ça. (trop sans doute pour présider). La “prestation liturgique” est une des grosses parties de la vie de l’Eglise indonésienne, ils y consacrent beaucoup d’énergie, et pourtant les champs de la mission et de la charité sont immense et encore pour certaines à explorer. Expérience marquante en tout cas, et intéressante. Il y aurait beaucoup à faire.

Deuxième passage obligé de la vie de prêtre, l’invitation à des Ulang Tahun. Si Sœur Machin a son anniversaire, tout le presbytère est invité à casser la graine. Et là, commence un manège tout à fait surprenant. L’autre soir, on a atteint un summum. Invités à 19h pour l’anniversaire de quatre religieuses dans une communauté d’une dizaine, à peine arrivés, nous passons à table, chacune redoublant d’invitations à prendre la soupe de poisson et c’est ici que tout commence à vriller : deux des prêtres enchaînent des petites blagounettes et les sœurs gloussent comme des jouvencelles, faisant mine de s’offusquer. et voilà un des prêtres qui pique une rose rouge dans un bouquet pour l’offrir à une jeune et jolie religieuse, puis qui interpelle les autres jeunes et jolies, les invite à s’asseoir près de lui. On rit à gorge déployée, peut être d’autant plus que la communauté est composée quasiment uniquement de Batak, au tempérament plus expansif. Après ces petites récréations, vient le moment des cadeaux et des discours, dans ce style inimitablement pesant que savent prendre les Indonésiens dès qu’il s’agit d’être officiel. il n’en reste pas moins une impression surprenante de “cour” à peine masquée, ou plus simplement permise parce que rien ne serait réellement possible.

Il me reste toujours une difficulté à comprendre la manière de vivre et de s’équilibrer de ces prêtres, à la fois pachas, et loin de tous, sur occupés sacramentellement parfois, soucieux du développement de leur paroisse et si loin, apparemment de toute initiative pastorale percutante… c’est réellement une autre vie.

Autre vie troublée par l’arrivée pour la nuit d’un prêtre de Kalimantan aux cheveux longs, détaché par son diocèse à la création artistique et la sculpture de statues, et dont le souci pastoral serait de créer non pas une paroisse ghetto où les chrétiens seuls seraient heureux de se retrouver et de donner de l’argent pour la confection de la fausse grotte de Lourdes qu’on retrouve dans chaque paroisse, , mais comme un lieu de rencontre et de dialogue très ouvert, autosuffisant par le travail manuel de ses habitants, curé y compris.

jamais, jamais je ne réussirai à les résumer.

mardi 19 avril 2011 18:38

arrière-cour, une sacristie pour cent

si des célébrations vous voyez les ors, les habits, et le pas mesuré
le rituel déroulé, le corps proclamant son identité
le sacrement déployé, les paroles mesurées, le sérieux composé
il faut pour tout cela une arrière cour, une sacristie
simple, chaleureuse, croisement d’humanités.

Blogdavidlerouge-3-7 Blogdavidlerouge-7-3Blogdavidlerouge-10-2Blogdavidlerouge-2-11 Blogdavidlerouge-4-6Blogdavidlerouge-117Blogdavidlerouge-8-2 Blogdavidlerouge-9-2Blogdavidlerouge-11-2Blogdavidlerouge-6-3 

on trouvera les images en plus grand si on prend le soin de cliquer.
nous étions plus de 100 à renouveler nos engagements, et prier pour renouveler les huiles saintes, assistant au mélange des parfums de rose et jasmin…

vendredi 8 avril 2011 10:49

#VDM

Aujourd’hui, j’ai croisé une petite famille. Les parents me saluent en larges sourires, le grand me tend la main, la petite de trois ans vers qui je me penche me répond doucement “bonjour”. Sa maman la tance gentiment : “bonjour mon père”. Et la petite, obéissante, répète. “Bonjour gros père”. presque. VDM Clignement d'œil

vdm

fat-david[1]

mercredi 5 janvier 2011 20:34

cliché(s)

image

Il est si gratifiant, et aisé, de photographier un sourire,
(certains appareils, paraît-il, ne prennent les visages que souriants…)
qu’il soit composé ou spontané, simple ou travaillé.

il est encore plus gratifiant, et aisé, de poser sur le monde
à l’entour
le regard convenu de ce que j’y attendais,
repérant dans l’amphigouri les ancrages de mes présupposés
où la réalité conforte ce que j’en savais, 
donnant toute sa force au mot “cliché”

c’est le cas de cette photo.
Au poil pour un service des vocations.
L’apogée du cliché. Mignon, inutile.

Blogdavidlerouge-46

et quand l’entour se fait violent, distordant ou vieillissant,
un peu de sépia, et de noir et blanc,
un peu de “vignettage”, des détails concordants,
et le cliché se fait esthétisant.

ouf.

image

Mais au-delà de l’esthétique,
ou du cliché illustrant une pensée le précédant,
il y a encore une autre forme de langage
il ne faut omettre encore tout verbiage de l’image,
tout discours sous-tendu par le montré
en deçà des mots, en pixels, l’idée.

point de noir et blanc, ni d’illustration, point de discours ou de cliché dans le livre offert par Anne-Claire et que je découvre avec volupté.

Même si je consonne à l’invitation de Marc à ne plus être obnubilé par les prêtres pour parler de l’Eglise, j’ai lu, regardé avec intérêt l’ouvrage de Joël Peyrou sur les prêtres ouvriers, aux éditions de l’atelier.

Les invisibles, Joël Peyrou, Gérard Mordillat, éditions de l'Atelier

portraits de ceux qui ne se laissent réduire  
vivent un ministère, au vu et au tu de tous
habitation habitée sans visibilité.

photos en mouvement
déception du photographe et son humilité
leur quotidien, leurs choix ne se laissent réduire au cliché
ce sont des aventures de foi, d’hommes donnés, de prêtres au cœur,
ils donnent tout pour se faire haïr, ou aimer,
on aimera leur présence, et détestera le coquetier
il faut simplement apprendre à les écouter
et les regarder.

beaucoup de photos, en couleur, et quelques pages de rencontre…

image

je ne saurais suivre leur voie, mais je veux rester émerveillé quand j’entends l’appel ainsi résonné
et quand je regarde leur manière d'accueillir la grâce au travers de belles photos, sans être esthétisantes. 

(il y a aussi une préface de Mordillat qu’on peut lire)

[edit: j'ai ajouté en pièce jointe un aperçu du livre proposé par les éditions de l'atelier]

- page 1 de 3

Page top