vendredi 11 avril 2014

prayboys

parmi les petites indiscrétions que je fais bien souvent, il y a le coup d’oeil que je jette dans le cahier déposé dans de nombreuses églises. On y trouve de tout, à commencer par des félicitations de livre d’or “très jolie église”, mais aussi un fourmillement de petites prières souvent simples et existentielles que j’embarque avec moi… Pendant la dernière retraite, des jeunes de 6e ont déposé dans une vasque leur prière, toute simple… s’il reste de la place libre dans les vôtres, vous pouvez associer celles ci. ou simplement vous ébahir, comme moi, de la richesse d’un cœur de 12 ans.

Merci Jésus je te dis merci parce que tu ma pardonner, que tu a édé mes parents quand … est mort et parce que tu me réconforte quand j’en est besoin. Amen

Merci de me rendre plus sage chaque jour, Merci

Merci Seigneur pour tout ses merveilleux moments passés avec l’équipe de cathéchisme en ta compagnie dans notre cœur

Dieu, pour la terre et l’univers, je t’aime. Pour la vie et l’éternité, ne m’oublie pas. Amen

Merci Seigneur pour se super début de profession de foi. Je t’aime de tout mon cœur. Amen.

Dieu, nous les hommes tu nous as crée. tu as crée la Terre, TU nous as donné la vie Eternelle. Tu nous as donné et nous donne Encore ton amour Eternelle. Tu es notre Père alors nous te devons bien le plus grand amour possible, de la part de tous les humains du monde. Nous t’adorons.

Jésus nous pardonne tous nos pécher et dois que je l’ai mérité , on le mérite tous d’être pardonné. Amen.

Je t’aime de tout mon coeur que cela reste pour l’éternité et des siècles des siècles. AMEN.

Seigneur pardone moi sil te plait mais bêtise tout ce que jai fait de mal a tout ce a qui jai répendu la tristesse, Amen.

Je te remercie pour tout ce que tu fais, Amen.

Merci <30 Jésus Je t’aime et encore merci pou tous <3

Je t’aime

Merci mon Dieu pour toutes les bonnes choses que tu as faites et pardonne moi de tout mes péchés

Seigneur pardone moi de ne toultan pas dire pardon et pardone moi aussi les tristesse que j’ai pue donner. Pardone-moi Seigneur pour tous mes pêchers.

Mercie pour tous ce que tu as fait pour moi, pour ma famille MERCI <3

Seigneur, soutien-moi dans les épreuves, Aide moi dans la peur, manifeste ta présence quand la tristesse vient, donne-moi le sourire malgré les épreuves difficiles, Aude moi à mûrir en confiance et à apprendre à t’écouter dans mon cœur. Je sait que tu es là, alors écoute-moi ! Le désespoir arrive, la séparation, les crises, le logo sur la voiture, l’amitié, l’envie, l’orgueuil, le mensonge. Vas-tu me laisser, moi, ta fille, dans le déséspoir? Aide-moi!! la tristesse approche.

Merci, SEIGNEUR, pour tous ce que tu m’as emmené jusque maintenant, pour ce que tu m’emmènerias, merci pour ces trois super jours. MERCI BEAUCOUP.

Pour le gros secret que le prête ma dit Aide moi dieu.

Seigneur je t’adore éternellement pardonne moi mes pêché et s’il te plait je voudrai que tu souhaites à ma famille qu’elle soit en bonne santé AMEN.

Dieu, tu es la lumière, tu as cré la terre et les cieux, puis moi. Merci mon père Amen.

Seigneur je me pardone pour mes péché mais tu m’as pardoné. Je te remerci.

Seigneur, je t’aime, merci de m’avoir pardonné je ne recommencerais plus. merci pour c’est trois jour formidable et Merci pour ton amour.

Merci Seigneur

Merci DIEU de m’avoir es-cuser.

Seigneur protège …, ma famille, sa famille, aide-moi à grandir sérieusement dans la paix et dans la foi, amen. Merci Seigneur.

Merci mon Dieu pour toute les mervel que tu nous offres.

Notre Père pardonne moi mes pêchés et s’il te plait fait que mes parents ne se dispute pas trop pour mes fautes.

Jésus Fils de Dieu pardonne pour tous mes pechers, j’essayerai d’être plus agréable. je ferai mieux la prochaine fois. Amen.

Merci beaucoup pour m’avoir envoyer dans la bonne direction, grâce à vous je sais qu’il faut que j’assume mes erreurs ! et d’en subir les conséquences.

Merci pour ma famille, mes amis et bien d’autres. Merci de les laisser en bonne santé.

Jésus je te demande pardon pour tous les péchés qui m’ont éloignés de toi et je te remercie parce que tu me les as pardonnés et que maintenant, pour toi et pour moi, c’est du passé

vendredi 28 septembre 2012

L'homme en face

Je suis l’homme en face.

Je suis l’homme en blanc que vous avez vu sortir de l’église, alors que vous attendiez sur la place.

Je suis l’homme qui parlera, celui dont vous attendez beaucoup, mais dont vous craignez tant l’erreur que l’ardeur. Si je parle mal, si j’évoque le défunt de manière mal ajustée, si j’affirme trop brutalement la résurrection, si je bute sur les mots, si vous croyez m’entendre dire que “Dieu l’a rappelé”, si j’ai l’air distant, si j’ai l’air vivant, si j’ai l’air sinistre, ou trop ministre, vous m’en voudrez.

Je suis le prêtre des célébrations où vous avez été convoqués. Et quoique vous en pensiez, je vous regarde, de l’autre côté du micro et de l’autel. Je vous vois mais je ne vous entends pas. Ou plutôt j’entends le silence mat que vous opposez, et ce silence m’inquiète.

Oh il ne m’inquiète pas tant pour la qualité ou la beauté de la célébration. Le silence est mon ami, j’aime m’y plonger pour laisser résonner en moi la Parole de Dieu. J’adore aussi me taire en groupe, goûter les vibrations de ce moment d’intériorité partagée. Un groupe de collégiens qui fait silence vit encore plus la communion, il se surprend à se taire, à écouter… Mais si j’aime qu’on fasse silence, j’ai mal pour vous quand on me l’oppose.

J’imagine que c’est peut-être la douleur qui vous rend muet. Quand celui que vous aimiez a disparu, tout s’est déchiré, et le sanglot dispute au cri la maîtrise des cordes vocales, tel un frère Christophe hurlant à la nuit des hommes et des dieux, muré dans le cri de sa peur, de sa souffrance, sans que personne ne puisse l’aider. Il hurle comme les autres se taisent, tétanisés.

ou alors c’est la décence pour ne pas troubler la douleur plus grande du premier rang, des plus touchés, ceux qui ont allumé le cierge, ceux qui ne liront ni les mots de la Bible, ni aucune prière, mais diront leurs mots tellement plus difficiles à énoncer. Si leurs mots sont titubants, votre silence les appuiera.

Pour beaucoup d’entre vous, c’est peut-être parce que ce n’est pas votre foi. Vous êtes venus par amitié, par douleur, par fidélité, mais vous ne devez rien à cette Eglise. Vous êtes là, le regard rivé sur le sol, à 1m17 devant vous, la nuque raidie pour l’empêcher de trembler, le regard dur pour ne pas le laisser s’inonder, et vous ne direz aucun des mots du rite que vous ne (re)connaissez pas.

Franchement, ça ne me fait pas plaisir d’engager ce dialogue et que vous ne répondiez pas. Je trouve ça pire, plus dur encore, mais vous en avez le droit. C’est dommage, la parole du rite est plus facile à habiter que la seule parole que vous oseriez… elle vous emmène sur des chemins que vous ne pourriez vous donner. Je sais bien que vous ne les connaissez pas assez bien, mais ce n’est pas ma question, votre silence me fait un peu peur. Il me fait peur pour vous. 

Vous qui opposez votre silence à la parole de l’Eglise, avez-vous la possibilité de parler au dehors, au bord, au plus près ? Avez-vous dit vos questions, vos peurs, votre souffrance ? avez-vous dit votre amour, votre mémoire fragile, vos rires, et vos déceptions ? Avez-vous dit vos regrets et vos fiertés ? Avez-vous laissé parler un plus silencieux que vous, un plus perdu, un enfant ? Vous avez peut-être peur d’être emporté dans son chagrin, ou pire, de l’emporter dans le vôtre ? Le silence est moins risqué, mais plus destructeur. Pire encore si vous avez décidé de le protéger.

Car le silence se fera génétique*, transmis à votre insu, mais conditionnant le futur adulte… un autre silencieux qui ne saura pas mieux passer cette épreuve. “Taire un enfant”, c’est faire de toute mort un non dit, un inenvisagé, un mort sans visage… quand justement celui qui nous quitte n’avait cessé d’en avoir.

Dans ma famille, mon grand-père s’est suicidé. Personne ne l’a dit, personne ne l’évoque jamais. Il aura fallu de l’audace à tel ou tel pour oser dire cette mort hâtée, parce qu’elle allait le rattraper par la maladie, dire qu’il est parti trop tôt, mais consentir à ce geste, parce qu’il fut fait. Je ne comprendrai jamais, mais ça me permet d’accueillir mon grand père jusqu’au bout, quand bien même je ne l’aurai que peu connu.

Dire quelqu’un, sans l’amputer ni de sa mort, ni de sa faiblesse, ni de ses rires, ni de ses riens, de ses qualités et de ses faiblesses, et les joies-peurs-déceptions-fiertés-transmissions qu’il est pour nous. C’est une audace qu’on ne peut murer dans le silence.

Si l’Eglise parle, si dans la célébration, elle vous invite au dialogue, c’est pour ne pas vous laisser murés dans le passé, mais pour vous inviter à écrire, autrement, l’avenir. Elle vous donne des mots que vous ne maîtrisez pas, parce que vous ne pourriez vous les dire. L’Eglise est le lieu de votre parole. Chrétiens, parlez, chantez, osez. Et vous qui êtes là par fidélité, osez cette parole aussi. Parce que la résurrection, tout comme votre présence, est affaire de fidélité et d’avenir. Et le Christ, Parole faite chair, est au cœur de tout cela.

Parlez pour ceux qui sont murés dans le silence.

Vous serez les uns pour les autres signes d'espérance.

Parce que je ne suis pas l’homme en face, je ne suis qu’un de ceux de cette Eglise qui prend Parole avec vous. Un de vous, et parfois, pour vous, j’ai peur.

(* selon une expression de Boris Cyrulnik)

lundi 9 avril 2012

un*

Je suis resté bloqué un bon moment, un long moment même. J’avais cette flamme dans les yeux, et la tête ailleurs, quelque part dans l’univers des images circonscrites par les lectures. J’avais pourtant papillonné tout le carême, pas complètement à ce que je faisais. J’avais dû plonger directement dans la semaine sainte, trop peu préparé pour en attendre quelque chose, mais tendu par chaque instant. Juste là. A vide, même de désir.

J’avais assisté à la Cène. J’avais vibré de la sobre esthétique du vendredi, entre Satie et Pergolèse, et le silence était entré de force en moi, par sensibilité. La belle vibration avait désactivé les habitudes et le professionnalisme de celui qui a préparé et qui doit mener. Des notes ineffables pour me courber au pied d’une croix.

Cierge pascal - pasaj - brassus 2011 - photo sylvie fessard-rivollet

et puis en cette nuit, une simple flamme qui lèche la mèche d’un cierge démesuré. Les croisées d’ogives avaient été furtivement nimbées d’une lueur légère quand chacun, quelques mètres plus bas, avait allumé son propre cierge au cierge pascal. Mais on avait soufflé les bougies. Il n’en restait qu’une. L’exultet avait cessé de faire vibrer les piliers. Une simple flamme.

La Genèse, dans l’obscurité, donne des envies de lumignons, de voûte à consteller, d’espace à habiter. On se croirait en pleine littérature, les mots construisent un univers, la Parole dessine le mien. Et sous les yeux, toujours une seule flamme apaisée, imperturbée. Puis dans les eaux une première traversée, puis la tendresse d’Isaïe… toujours entre ombres et lumières, nuée ambiguë, sombre et lumineuse.

Les mots continuent d’étendre l’espace de la rencontre, et je me rassemble à l’intérieur, tout en me sentant membre de ce corps à l’écoute. Du dedans, la présence du Christ, sa résurrection impriment leur évidence, leur actualité et leur acuité m’apaisent. Je sais que cette évidence ne le sera pour personne sauf pour moi, mais cette vérité que le monde dédaigne et humilie me semble d’une douce pertinence. J’ai encore plus envie de vivre, là, dans cette zone de frontière entre justesse cohérente de l’intérieur et justice bienveillante du quotidien. Dans cette lumière unique, quelques traces et reflets de transfiguration.

Le reste est du même allant, les cloches, les fastes des orgues, les volutes des Alléluias, les fragrances du saint chrême qui oint les fronts des cinq jeunes baptisés du matin, le sourire qui se déploie sur eux, la finesse du chant de la chorale.

A Pâques, je suis homme unifié.

*deux lettres, deux dimensions, en symétrie centrale, rondes et réceptacles à la foi(s) pour que l’homme, par le Christ, se découvre être "un" de plus en plus, lui aussi.

dimanche 30 octobre 2011

Etre aux prises

Je rentre tout juste de Taizé, et reste, comme toujours, marqué par l’empressement des jeunes à se retrouver, enchantés/ant et méditant dans l’église. La beauté des chants et de la liturgie, la profondeur du silence y sont pour beaucoup, les prises (pour certaines scotchées dorénavant) pour recharger les portables aussi. Tout dépend de l’usage de l’appendice communicationnel indispensable, mais rapidement, les batteries y sont à sec. On se presse donc près des prises, avec obstination.

Pour tenir une semaine, il ne faudrait l’allumer qu’une fois de temps à autres, (0) recevoir des textos périmés, et espérer une coïncidence de se faire appeler dans l’instant.

Les autres usages sont plus énergivores et nécessitent un réapprovisionnement électrique plus courant…

  1. quelques communications téléphoniques, un à un, sur un rendez-vous, une disponibilité mutuelle
  2. une consultation du répondeur, pour espérer une réponse à une question d’avant
  3. un passage sur le net en 3G, pour chercher dans l’embrouillamini de la proposition en place des éléments pour découvrir ou approfondir un sujet
  4. voire un passage Wifi pour une consultation plus rapide et approfondie, mais liée à un serveur plus local…
  5. et je n’aborde même pas ces moments de divertissement de jeu, vain mais captivant.

Les prises de l’église de Taizé sont une belle analogie de la prière. Elles donnent la possibilité d’une relation, d’une rencontre, d’une réponse… On peut choisir de s’en passer, ne l’utiliser qu’en cas de besoin, espérant la coïncidence d’une réponse immédiate (0), mais pour peu qu’on veuille aller plus loin, Lui parler (1), l’écouter nous répondre(2), mieux comprendre (3) voire se relier pour aller plus profondément (4), on ne peut éviter un passage récurrent, courant. La prière ne donne pas la réponse comme la “charge” ne donne pas l’information, mais cette oraison ouvre l’espace où la rencontre peut surgir, et nous transformer.

Se ressourcer dans l’Eglise pour ne jamais, même au dehors, être déconnecté. Clignement d'œil

ou se résigner à rester off line.

edit: je rajoute cette image linkée sur twitter par "bondieuseriesjolies". 

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lundi 6 juin 2011

Ecoute en toi la source

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Qui t’a dit qu’il était en haut,
ou dessous, ou derrière, ou à côté ?

qui t’a dit que tu pouvais présumer,
deviner, et prévoir le lieu, le temps,
l’espace ou la manière de la rencontre
de la rencontre qui ferait date ?
des livres ? ta mémoire ? ton expérience ?

pose plutôt ton bâton de sourcier
toi qui voudrais découvrir la source
et apaise les remous de ta quête
pour laisser sourdre en toi
le désir d’être avec Celui que tu ne saurais te donner
et construis cette relation dans ce désir de fidélité

ta foi n’est pas évènement mais avènement

signé, un prêtre, petit artisan de la rencontre…

dimanche 20 mars 2011

Emerger des brumes, quérir le soleil

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Adolescent, jeune, épris de prière, je regardais sans envie les heures des moines, qui n’avaient dans leurs “trois huit” consacrées aucun instant livré à l’oraison. Comme si, tout à l’office, au travail, à la communauté, ils n’avaient plus de seconde à se taire, être là, boire au silence de Dieu, en silence, posé. Au lieu du silence, de la lecture, sainte certes, mais... 

Parfois aujourd’hui je cours, parfois moins, parfois surtout j’oublie de Lui ouvrir mes heures, même de grand matin, embrumé de sommeil, et pourtant reste toujours le désir d’être présent à Sa présence. Jeune adulte, prêtre, en orée de carême, je regarde maintenant avec envie les heures des moines qui usent leurs yeux aux signes des temps parlants, des lectures en lectio, des instants en silence. 

Pour un moine, l’oraison, la lectio, ce ne sont pas des minutes, ce sont des ouvertures élargissant chaque activité de Sa présence.

Faire de sa prière une lectio divina de vie…

ou encore, comme un projet de carême, tomber par hasard sur des vers d’Hugo, et repenser à tout cela... 

Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin,
Qui, tel qu'un voyageur qui part de grand matin,
Se réveille, l'esprit rempli de rêverie,
Et, dès l'aube du jour, se met à lire et prie !
A mesure qu'il lit, le jour vient lentement
Et se fait dans son âme ainsi qu'au firmament.
Il voit distinctement, à cette clarté blême,
Des choses dans sa chambre et d'autres en lui-même ;
Tout dort dans la maison; il est seul, il le croit ;
Et, cependant, fermant leur bouche de leur doigt,
Derrière lui, tandis que l'extase l'enivre,
Les anges souriants se penchent sur son livre.

mercredi 16 mars 2011

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Cher Dieu,

Tu permets que je te tutoie, vu qu’on se fréquente depuis pas mal de temps, et que tu es, comme qui dirait, un intime? Même plus intime à moi-même que moi-même dit-on (jolie phrase dont on n’est jamais sûr de bien savoir ce qu’elle veut dire, mais qu’on dit quand même, parce qu’elle est sûrement vraie). Bon, en fait, tu es plus sérieux sur le côté intime que je ne le suis, mais bon, puisque tu es toujours là, même quand je suis ailleurs, ou absent, ou fermé, ou dérangé, ou occupé, ou tant d’autres choses, je reste convaincu de cette intimité. C’est presque déjà un acte de foi, hein? Donc je te dis tu. Note bien que je dis “vous” à des gens intimes aussi. Mais pour toi, je préfère ‘tu’, ça me permet de rester à ‘tu et à toi’, ce qui est pas si mal. “pouf pouf”.  

Cher Dieu,

Je t’aime bien, tu sais, et je trouve que tous ces petits messages que tu m’as adressés depuis quelques années étaient vraiment sympas. Ils ont un petit côté “sms du nouvel an”, envoyé le 1er jour du temps, et qu’on reçoit bien plus tard, au gré de la connexion au réseau. Bien des fois, je suis pas sûr de voir le rapport, et puis très souvent, ça tombe juste, comme il faut, pile poil, nickel chrome. Pour être franc, je dois en recevoir certains avant la date prévue, vu que je ne les comprends que bien plus tard. Tout le temps Parfois, j’en reçois en numéro caché, et j’ai encore plus de mal. Mais au bout d’un moment, je finis par comprendre et hop, le coup de grâce. Sans parler des messages que je zappe, récepteur sur vibreur, mais vie trépidante. Et puis, en plus des sms impromptus, il y a aussi les longs messages, et les silences parlants, mais parfois, je fais pas gaffe, et là aussi je les rate. Pardon. Pouf pouf.

Cher Dieu,

J’aime bien ta Bible, je la trouve sympa et bien écrite, parfois un peu obscure ou compliquée à comprendre mais ça va. Le jour où j’ai réalisé que tu savais manier les genres littéraires, via les gens qui ont mis toute ton histoire sur papier, j’avoue que ça a été plus facile. J’ai encore souvent un peu de mal, mais ça va. Un des trucs que je trouve balaise, ce sont ces petites questions franchement rhétoriques qui ponctuent ce beau texte, genre “tu peux choisir la bénédiction ou la malédiction”, ou encore le coup du Bon Samaritain. A tous les coups on est d’accord avec toi, et c’est vachement (je suis normand) bien trouvé.

Il y en a juste une qui me défrise les poils des oreilles ces derniers jours, et même un peu trop souvent, c’est celle que tu as soufflée à Paul quand il nous cause via les corinthiens. “O mort, où est ta victoire?”. Ben, euh, comment te dire sans te froisser, ces jours-ci, j’ai du mal à retrouver l’aspect rhétorique. J’ai envie super fort de répondre: “un peu trop partout, surtout là où il ne faudrait pas”. J’avoue en avoir un peu marre, et j’aimerais bien que tu me fasses recevoir le message suivant, celui où je reprends pied, celui où je vois la force et la promesse tenue dans la résurrection de ton Fils, celui où tu me mènes sur un chemin vers toi et qui me fera dire “c’était un sacré ravin, j’y ai beaucoup perdu, mais tu m’as bien récupéré sur ce coup là, et je me sens en confiance pour le prochain”. Là, je me sens un peu Icare qui croyait qu’avec quelques plumes, ça allait le faire. Et Paf.

A ce moment là, comme je ne m’ennuyais pas, on a décidé, dans la paroisse, de proposer des offices supplémentaires dans les églises, et c’est bibi qui s’est coltiné la constitution d’un hymnaire. Quelques heures devant le PC, (facebook globalement éteint pendant le carême) à mettre en forme des hymnes en tous genres, pour pouvoir prier. Et dans la période “temps pascal”, (Pascal qui était super fort sur les questions rhétoriques, ça aurait du me mettre la puce à l’oreille, c’est fou, on n’est pas attentifs parfois), dans la période temps pascal, le temps où tu gagnes, je suis tombé sur ça:

Fini le temps du Golgotha,
fini le cri du Fils de l'homme,
     finie la croix,
     sinon pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité ?

Fini le temps du Serviteur,
fini le soir du Fils de l'homme,
     finie la peur,
     sinon pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, Jésus ressuscité?

Premier réveil au Dieu de vie,
premier matin du Fils de l'homme,
     premier réveil
     aussi pour l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Encore le temps des Golgotha,
encore la soif au cœur de l'homme,
     immense croix
     du Fils de l'homme
     que nous sommes.
Où donc est ta victoire, ô mort du Premier-Né?

Viendra le temps de nos soleils,
viendra ton Jour, ô Fils de l'homme,
     en toi réveil
     de tout cet homme
     que nous sommes.
Ton souffle est notre Pâque, Jésus Ressuscité.

R/ Lumière aux nuits de mort,
feu de Pâque aujourd'hui,
allume un chant d'espoir,
Dieu de Pâque dans nos vies.

(Claude Bernard)

Ok, message reçu. “sinon pour l’homme que je suis”. Ta victoire, va falloir que j’apprenne à la recevoir, dans mon histoire.

merci.

je te claque une bise. Embrasse Jésus, sa mère, le Saint Esprit et les bienheureux de ma part,

Bisous,

David.

mardi 14 septembre 2010

ora, labora, etentrelesdeuxquoi

des hommes et des dieux"ora et labora"
et un peu de n'importe quoi. 

Aucun doute là-dessus,
(attention, série de clichés inside:)

Une vie de moine, c'est une unité, un must vers la sainteté, un don, une fois pour toute. Il est un peu plus membre du ciel que nous. Et comme il promet obéissance, le reste lui est donné. Il a tout expurgé, jusqu'à la parole, pour se faire une vie de chrétien en trois huit. 

Secrètement, on pense ou on espère que les bonnes sœurs et les curés, ça doit être un peu pareil, ils ont les cheveux qui frisent au soleil du ciel, ou sous les ondées de l'Esprit Saint. Tout donnés, parfaits... Sauf notre curé, ou ce prêtre là, ou la sœur machin, parce qu'on les a "pratiqués" et qu'ils ne collent pas si bien à l'image d'Epinal avec leur fichu caractère. Mais pour les autres sûrement. 

nous, on fait ce qu'on peut, c'est pas glorieux, mais c'est pas mal non plus, parce que voyez vous, la vie étant ce qu'elle est, au quotidien, faudrait voir à pas trop en demander. Les curés, les bonnes sœurs et les moinillons, y connaissent pas la vraie vie dans le monde, avec un boulot, des gosses, des traites à payer, et le chien qui a de l'arthrose, on sait pas bien quoi faire, ça serait dur de le piquer, rapport aux enfants, enfin il souffre quand même pas mal vous voyez... 

Mais le moine, lui, il choisit Dieu une fois pour toute, et tout dans sa vie le rattache à Dieu! des frères, une prière, un travail, une obéissance, un silence qui le conduira, paisible et serein, poète silencieux jusque dans l'attente silencieuse de la tombe où se déploiera la vie éternelle à laquelle il a goûté entre les murs de son couvent.

Je ne sais pas ce que Xavier Beauvois sait de la vie monastique, ou de l'héroïsme supposé des canonisables, ou des martyrs à l'opiniâtre ténacité, mais son dernier film est une entrée dans une humanité qui accueille dans la liberté un cheminement aux côtés de Dieu.

parce qu'un moine, comme un curé, une religieuse, (... un jeune, un époux, une mère, un ado...), ça rame, et l'obéissance ne décérèbre pas, ne relève pas de la réflexion sur l'actualité du oui qui a fait vivre jusqu'à hier, ou sur les conséquences dans les circonstances nouvelles. Et si les conditions semblent plus favoriser une quête de Dieu, il faut aussi habiter chacun des instants qu'on doit vivre, et leur donner leur lien d'éternité. 

Des hommes et des dieux semble dans ses premiers instants comme une succession pointilliste d'éléments non reliés. Certes, il y a la prière, mais les rencontres, les colères, les peurs ne peuvent pas toujours y trouver leur place, leur écho. Le montage du film souligne cette étrange juxtaposition temporelle de marché, voiture, prière, colère par un montage sans transition... tout pourrait être coupé, sans lien, si celui qui l'habite ne prête pas attention aux mots, ou ne garde le souci de puiser cette unité.

Les quelques travellings en prennent encore plus de force, tant ils disent un mouvement intérieur dans l'instant, quand le mouvement de la vie se fait dans la juxtaposition violente et inexorable... 

D'ailleurs, je ne connais pas assez Xavier Beauvois pour savoir son intelligence de la liturgie, mais les moments de l'office eux-mêmes ne nous sont pas livrés dans leur ordre chronologique. L'eucharistie se reliera au choix de rester, d'ai(d)mer jusqu'au bout, les psaumes ou les silences qui pourraient disparaître dans l'habitude claquent en juste position. 

Et ces moines ne sont pas héros. pas comme on les voudrait, palme du martyre en main... mais ça, d'autres en ont parlé mieux que moi (Koz ou Edmond). On peut avoir peur, tout en ayant donné sa vie d'y perdre le sens... Et j'en ai souvent parlé ici,pour tous mes frères aux chemins chaotiques ou cahotiques

On notera aussi la juste humanité (et éprouvante) qui se révèle dans ce quotidien monastique, cette intelligence de l'amour, de la colère, de l'obéissance à un prieur, de la difficulté de discerner, de la liberté dans des conditions peu choisies, de la complexité de la vie en communauté, de l'impossibilité à aider celui qui crie perdu dans la nuit, de l'humour, la recherche, la peur de ces hommes. 

ils sont hommes. 

ils sont morts parce qu'ils voulaient rester vivants

ils sont restés parce qu'ils ne pouvaient partir en abandonnant leur propre vie construite

et on relira non sans émotion les paroles des hymnes de Rimaud, ou les mots de Frère Christian, formé dans le même séminaire que moi, ce qui n'est pas sans me balancer un gros coup dans la tronche. 

Je l'ai dit ailleurs, je n'ai pas prié, ni pleuré. J'ai suivi ces hommes et j'ai compris l'unité qu'ils y posaient, quand justement tout semblait rompre le sens. Il n'y a pas d'héroïsme dans le martyr. On sera même surpris de voir qui survit... 

Bref. M'est avis, tout de même, que l'hymne de Noël sera trouvé dans pas mal de communautés!