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vendredi 20 avril 2012

la théologie du cookie

Devenir de plus en mieux serviteur de la rencontre entre les hommes et Dieu a pour fâcheuse conséquence une capacité de mal à en pis à prendre les photos des moments les plus “parlants”. Un ministère estompe l’autre. On ne peut être à la fois au cœur et au bout de la focale.

On se retrouve alors contraint de prendre l’événement par le petit bout des anecdotes, petits moments qui semblent accessoires et qui pourtant circonscrivent et permettent l’essentiel. Les photographiés n’en sont que plus surpris.

J’aurais dû photographier la joie de la louange, la secrète palpitation des silences, l’épaisseur de l’adoration, l’attention de la parole, la finesse des dialogues, la sincérité des témoignages, la pertinence de la Parole, la main posée sur l’épaule, la confiance des larmes du pardon, le murmure de l’eucharistie, la figure apaisante de Marthe, les cœurs ébouriffés par Dieu… pendant ces trois jours à Tressaint.

A l’orée de l’ineffable, des gués, des ponts, moments plus légers qui dessinent le creux où Dieu se laisse trouver

faire des cookies…

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passer, marcher, se poser, se chauffer…

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se jouer des éléments, narguant les ondées sans en subir les foudres sous des ciels contrastés

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ou alors, il faudrait des mots, et des sourires.
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lundi 9 avril 2012

un*

Je suis resté bloqué un bon moment, un long moment même. J’avais cette flamme dans les yeux, et la tête ailleurs, quelque part dans l’univers des images circonscrites par les lectures. J’avais pourtant papillonné tout le carême, pas complètement à ce que je faisais. J’avais dû plonger directement dans la semaine sainte, trop peu préparé pour en attendre quelque chose, mais tendu par chaque instant. Juste là. A vide, même de désir.

J’avais assisté à la Cène. J’avais vibré de la sobre esthétique du vendredi, entre Satie et Pergolèse, et le silence était entré de force en moi, par sensibilité. La belle vibration avait désactivé les habitudes et le professionnalisme de celui qui a préparé et qui doit mener. Des notes ineffables pour me courber au pied d’une croix.

Cierge pascal - pasaj - brassus 2011 - photo sylvie fessard-rivollet

et puis en cette nuit, une simple flamme qui lèche la mèche d’un cierge démesuré. Les croisées d’ogives avaient été furtivement nimbées d’une lueur légère quand chacun, quelques mètres plus bas, avait allumé son propre cierge au cierge pascal. Mais on avait soufflé les bougies. Il n’en restait qu’une. L’exultet avait cessé de faire vibrer les piliers. Une simple flamme.

La Genèse, dans l’obscurité, donne des envies de lumignons, de voûte à consteller, d’espace à habiter. On se croirait en pleine littérature, les mots construisent un univers, la Parole dessine le mien. Et sous les yeux, toujours une seule flamme apaisée, imperturbée. Puis dans les eaux une première traversée, puis la tendresse d’Isaïe… toujours entre ombres et lumières, nuée ambiguë, sombre et lumineuse.

Les mots continuent d’étendre l’espace de la rencontre, et je me rassemble à l’intérieur, tout en me sentant membre de ce corps à l’écoute. Du dedans, la présence du Christ, sa résurrection impriment leur évidence, leur actualité et leur acuité m’apaisent. Je sais que cette évidence ne le sera pour personne sauf pour moi, mais cette vérité que le monde dédaigne et humilie me semble d’une douce pertinence. J’ai encore plus envie de vivre, là, dans cette zone de frontière entre justesse cohérente de l’intérieur et justice bienveillante du quotidien. Dans cette lumière unique, quelques traces et reflets de transfiguration.

Le reste est du même allant, les cloches, les fastes des orgues, les volutes des Alléluias, les fragrances du saint chrême qui oint les fronts des cinq jeunes baptisés du matin, le sourire qui se déploie sur eux, la finesse du chant de la chorale.

A Pâques, je suis homme unifié.

*deux lettres, deux dimensions, en symétrie centrale, rondes et réceptacles à la foi(s) pour que l’homme, par le Christ, se découvre être "un" de plus en plus, lui aussi.

samedi 4 juin 2011

Vibrations lumineuses de beauté

jazzjazz 2

Il faut dire ce qui est, l’amateur de Jazz n’est pas nécessairement grenouille de bénitier, et s’il arpente sans fatigue les rues animées et venteuses de Coutances, il serait capable de passer à côté d’un de ses joyaux, pourtant vibrant de beauté… sa cathédrale…

c’est dans ce sens que fut organisé encore une fois la “cathédrale nocturne” vidée de ses chaises par les paroissiens du jeudi matin, ponctuée de lieux de sens, et de beauté, avec des lumières, des fleurs, des Paroles,
des musiciens pour habiter l’espace…  
et des chrétiens accueillant,
et témoignant de la vie de Dieu en eux
toute la nuit.

amateurs de beauté, laissez vous éclairer, et levez les yeux,
Il veut vous parler…

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un chemin d’eucharistie, accompagné d’un livret…

samedi 13 novembre 2010

t'es encore rentré à pas d'heure, hier!

Aux plages riantes et bruyantes de l’été, sous le soleil tapageur, j’ai longtemps préféré la morsure du froid et son silence nocturne.

C’est pour cela qu’au volant de ma première voiture (une superbe fiesta millésime 1981, 4 vitesses, se traînant au super), je goûtais d’aller m’asseoir pendant la nuit, une fois tout le monde couché, hiver comme été, sur le sable invisible. Je me souviens d’une nuit, il était tard, et pour une fois je n’étais pas seul. Je rêvais chantonnant sous les étoiles, il s’était assis pas loin. Peu de paroles, juste l’éclat bref d’une cigarette allumée de loin en loin, et quelques propos sur la foi. Témoignage sans visage. Une autre nuit encore, en son milieu hivernal, le temps s’était fait plus opaque. Vent de front, glaçant, nuages bas ou embruns, je ne voyais ni mes pieds, ni la frange de l’eau à quelques mètres, ou plus loin peut-être. Dans mon dos une falaise, puis des frissons. La poisse de nuit était telle qu’on ne pouvait rien deviner, sauf la griffure du froid et le chant du ressac, renvoyé par les falaises derrière, jusqu’à la peur d’un son allant augmentant. j’avais fini par fuir, en perte de repaire. Sans rien voir, le bruit se fait obsédant et l’obsession idiote. C’était il y a longtemps, quand les téléphones étaient encore attachés à leur fil et n’éclairaient rien, quand il fallait choisir entre un livre ou une chemise pour ne pas ruiner le budget, quand j’aimais chercher dans l’infini regardable de la mer, des étoiles et du sable, des renvois d’une quête fort adolescente, finalement. L’infini, ce soir là, colmaté dans l’impossibilité à voir, s’était fait oppressant.

Maintenant, j’ai une voiture économique qui m’a coûté beaucoup plus cher, des chemises dans mon armoire, un emploi du temps à la con, un sommeil raisonnable de vieux qui ne me donne pas le goût des balades nocturnes, et un téléphone brillant qui ne se contente pas de sonner, mais illumine, et me rappelle mes rendez-vous à rater. Jeudi dernier, il m’a même rappelé l’anniversaire de mon grand-père, mort en début d’année. Alarme oubliée. C’est con parfois la technologie.

Con mais pas inutile. Comme on était à deux pas du 2 novembre, en rentrant de réunion, j’ai décidé de m’arrêter le voir, gisant, sous une dalle du cimetière. La dalle, je la connaissais, j’avais présidé l’inhumation. Le cimetière était vide, à minuit, et pas éclairé pour deux sous. L’église, au cœur de l’enclos était nimbée d’un halo inquiétant, reste de luminosité, ou fruit d’un réverbère, derrière, oublié. j’ai enjambé des tombes, imaginant des sentiers qui sans doute n’existent pas, et me suis posé devant la chape de béton, avec pas mal de fleurs en ornement. La famille est fidèle, c’est bien. Je lui ai parlé, ou parlé à Dieu, je ne sais pas. Des vivants, de lui, de sa femme, mes cousins, de moi. Je me suis trouvé timbré, le cul dans l’herbe, devant une tombe, en pleine nuit, et me suis fait doucement sourire. Si jamais je me vautrais, le front sur un angle saillant, j’étais bon pour attendre le levant avant que quelqu’un me retrouve.

Je ne suis pas resté longtemps. En remontant dans la voiture, j’ai désactivé l’alarme, décidé d’écrire à ma grand-mère, et béni le temps où j’avais apprivoisé l’immensité de la nuit, n’ayant plus peur de n’y être qu’un rien, pour pouvoir, une nuit glauque de novembre, oser me tremper dans un cimetière.

on ne sait jamais la fécondité de nos mauvaises idées.

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jeudi 23 septembre 2010

ça va? non !

[NB : par ces quelques mots, je ne veux usurper les souffrances de ceux qui ont été durement touchés, ni les dénier. Je ne veux me poser en donneur de leçons. Je n'en ai pas le droit, ni même le moindre désir. Je veux juste nommer l'horreur, quand elle défigure, parce que j'en suis témoin aujourd'hui. On ne compare pas les douleurs. Mais nous apprendrons plus encore la puissance du Mal qui détruit sans regard, qui attend d'autant plus une résurrection. Par avance pardon pour ces mots. Je veux ne pas être  indécent, mais espérant]

Il y a comme une jubilation, un sentiment d'aise, sûr de notre bon droit, une morale qu'on incarne, une juste sentence. Il y a aussi la curiosité, insidieuse, de savoir le nom, voir la photo, le pédigrée. Si ça se trouve, on l'a croisé. Il y a un enthousiasme à hurler avec la meute, gueuler sur l'ambulance, se faire justicier des mots et haïr à loisir. Parce que c'est un salaud, un vrai, un pur. Un pourri, une ordure. Pas de pitié pour ces mecs là, ils avaient qu'à se la carrer sur l'oreille, ça leur aurait évité tout cela. Et puis, quand bien même on ne chercherait pas expressément la "news", les journaux nous la collent en manchette, "parce que ça fait vendre, coco, le pourri", l'ordure dans ta rue, le frisson de la vengeance... C'est arrivé près de chez vous. Et dire qu'il était là à nos portes, le pervers, et nous n'en savions rien. On hait, et on a le droit. 

#

Il y a comme une honte, une vraie honte de voir étalée au grand jour, même anonymement la blessure la plus intime et la plus brûlante de sa vie. Déjà, il a fallu réussir à le dire une première fois, puis le répéter, encore et encore, à des flics, des avocats, des juges. Peut être même sous l'œil froid d'une caméra. Et maintenant, on s'en repait, on le dit, le raconte, jusque dans les plus tristes troquets où les justiciers d'opérette de la rue s'en emparent, les journaux le vendent, et cette curiosité comme un feu dans la blessure, en espérant qu'elle guérisse un jour. Pas aujourd'hui, elle bée.

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Il y a eu la colère de découvrir cela un jour, notre enfant, notre propre enfant, abîmé, rompu, détruit par celui en qui on avait confiance. Si ! confiance. Alors la colère est juste, mais elle nous dévaste tout autant qu'elle s'enflamme. Il faut faire justice. Il faut réparer, il faut le protéger, les protéger, pour ne plus que ça arrive. Parfois même, on pense, il faut qu'il paie, à la même mesure. C'est la colère, et la honte. La colère qui défigure, tout autant que les larmes. C'est la blessure de celui qui ne peut sauver le petit qui lui était confié, ni ne pourra vraiment l'aider à aller au-delà.  Pourvu que tout ne soit pas rompu. Rien n'est moins sûr. C'est horriblement injuste.

#

Il y a ce saisissement. Ces deux amis qui sonnent à votre porte, parce que votre téléphone est perdu. Ces amis des parents qui ne devraient pas être là. Et la peur qui vous saisit, brutale, froide, immonde. Le pire. non. Pas d'accident, de maladie, de mort. Peut-être pire encore. Ton père, arrêté, en prison. Accusé de pédophilie dans son foyer. Depuis longtemps. On ne peut pas le voir. On est venus te le dire. Et le monde qui s'arrête. Parce que ce n'est pas un salaud, c'est un père. parce que la souillure se répandra sur le nom, inlavable. Parce qu'il est votre père. encore. toujours.

#

Ce jeune, je le connais. Ce père aussi. Et j'estime tant de choses qu'il fait, qu'il a faites. Je n'arrive pas à m'y faire. Mais le mal est là. Et la béance de la blessure ne saura s'enlever, disparaître. C'est parti pour l'enfer. Je ne sais qu'espérer. Rien.

Je ne peux me convaincre de sa culpabilité. Elle est peut être vraie, et ce serait atroce, pour tous. Ces vies brisées, littéralement, ces familles avilies pour qui je ne peux rien que la prière. A peine. Elle est peut être supputation, et ce serait atroce aussi, pour d'autres raisons. Pour l'instant une présomption d'innocence, et une violence qui submerge tous les protagonistes... Que de vies brisées. Ces enfants. Leurs familles. Sa femme, ce fils, ce fils... et... Lui.

Qu'il soit un frère qui m'ait pris dans ses bras, diacre, me touche encore plus. Et l'Eglise avec moi. Tous ceux qu'il a aidés, au jour le jour, concrètement, dans la liturgie et ailleurs, dans tous ces ailleurs qu'il a investis avec génie et souci du faible et du pauvre. Tous ceux qui vont perdre pied.

Ô mort où est ta victoire? Là. Ô mal qu'as-tu souillé et détruit une constellations de vies, quand une part d'ombre voile le soleil de tous. Ô résurrection, je prie et espère ta force quand l'espoir se tait. Je ne peux te dire, inaudible aujourd'hui. Je ne peux que croire en ta force en deçà.  Croire contre toute évidence. 

Mais ces jours-ci, quand je croise les amis, ses amis, les nôtres. J'évite la question. "ça va?".  Parce que la réponse est non.

samedi 31 janvier 2009

Jeûnes du monde entier!

Même si la genèse a eu le bon sens de réserver à Dieu sa place au-delà des étoiles et de leurs inéluctables destinées, le terrien ancré dans les soucis quotidiens, quand il aperçoit un carré de ciel clair au milieu des nuages, est parfois tenté de voir décoller sa vie spirituelle vers des cieux plus cléments. Recherchant les orbites les plus stratosphériques, il gagne en hauteur en se détachant des étages inférieurs, telle la fusée dont il envie l’allure, la portée, l’étage supérieur et sa charge utile.

Si la vie spirituelle a parfois des velléités de se donner des allures spatiales, cherchant en des nuées éternelles le lieu de la vie en Dieu (quelque part au creux du coeur, ou sous le chapeau du crâne), la Bible, quant à elle, a acquis sa sagesse avant Apollo et les aphorismes de Gagarine qui ne vit pas Dieu dans l’espace, et demanda aux alpinistes pétro-mosaïques de redescendre fissa de la montagne.

Point d’éternité de l’âme seule en vue, ni de transmigration, c’est bien la résurrection de la chair, de l’homme dans son ensemble, étages inférieurs compris, qui est promise. C’est sans doute pour cela que l’Eglise, certes toute à l’écoute du monde de ce temps, ne perd cependant pas ses vieilles traditions spirituelles et invite à prier de tout son corps, charnel et ecclésial, car c’est bien dans ce(s) corps que la résurrection sera donnée. Que notre faim et soif d’une vie spirituelle épanoui(ssant)e s’ancre dans l’expérience du jeûne provient alors du même élan, un vrai élan spirituel. C’est tout entier que Dieu veut me ressusciter.
Ainsi, de tout mon co(eu)rps, je pourrai (me) donner.

samedi 15 mars 2008

transparence du mystère

Empreinte
et de mains, et de pieds,
et de sueur, et de sang,
rouge exfiltré dans les veines du bois,
tel un suaire laissé là.

Empreinte
d’'une offrande radicale,
d'’une souffrance donnée,
exténuant la logique de haine,
plongeant en abîme de solitude,
là où Dieu n’est pas,
là où l'’homme n’est plus.

Empreinte,
trace ensanglantée du drame radical,
témoin permanent d’'une absence,
où Dieu s'’est tu, 
où Dieu saisit, où Dieu relève.

Empreinte,
car le mort n’'est plus.
Empreinte,
car la mort n'’est plus
et la nuée évanescente des limbes de la peur
se fait lumineuse.

Empreinte
de celui qui n’'est plus ici,
empreinte
de Ressuscité,
empreinte
suggérant le mystère par le signe du vide.

Et sur la croix, laissée là,
composite de blancs et d'ors, accrochés,
d'’une éclatante transfiguration
apparaît encore
l’'empreinte
rouge sang donné,
et la croix, de gloire, peut rayonner.


(bannière eucharistique de Fabien Meisnerowski, son site ici)

mardi 27 février 2007

L'annonce de la second life du nonce

Le nonce vieillissait tranquillement. De sa vie romaine, il avait appris l'art d'agrémenter une conversation avec culture, goût et discrétion. L'humour était fin, les engagements discrets. Il goûtait les "Monseigneur", appréciait les discussions historiques sur le Saint-Lô dont il se considérait comme un des fils et meilleurs connaisseurs, supportait les innovations pastorales qui n'étaient pas de son goût, et allait de plus en plus lentement au travers de la rue Amiard, perdant les kilos amassés au cours des années, dans une maladie dont il ne se plaignait jamais. Chaque samedi, il venait picorer 3 grammes de viande et à défaut des plats, on lui passait ses répétitions et ses emportements, ses souvenirs largement enjolivés et ses victoires supposées, menant le dur combat du plus sourd qui parlera le plus longtemps.

Hier matin, à 5 heures, le nonce a poussé cette discrétion qu'il ne cessait de cultiver jusqu'à s'éteindre sans bruit. Le rythme s'est ralenti à l'extrême. On remise les anneaux et les crosses, les surplis et liserés, on s'inquiète de la bibliothèque à l'annonce du trépas du pro-nonce émérite, archevêque d'Abbir Majus.

Si tout se fit dans le frou-frou discret d'une mort sans éclat, dans cet étirement extrême du temps qui suggère l'éternité, pourquoi cette urgence des médias qui, affamés, avaient besoin "d'un max d'infos avant 19h56, parce que sinon, on ne pourra mettre ça en ligne que demain après 10h30, et ça, c'est pas possible. Vous avez appelé La Croix? les journaux nationaux?" ?

L'hommage est beau au temps de l'indifférence pour une vie qui ralentit, il devient indécent dans le ram-dam et l'effervescence des news qui pourraient défrayer la chronique.

Sortir du temps en le ralentissant à l'extrême, c'est risquer de le voir s'emballer dans une emphase et une pagaille qui siéent aux médias en chasse de scoops. La mort est rappel de la vanité des choses et appel à la vanité des autres!