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mardi 12 février 2013 11:15

Monsieur le Président,

Capture plein écran 12022013 112601.bmpNous avons voté lors de votre élection, et vous avez été élu par une majorité de Français, vous avez donc toute légitimité à présider aux destinées de la France, et à guider tant ceux qui vous ont soutenu, ceux qui ont rejeté votre prédécesseur que tous les autres Français. Seul chef de l'Etat, vous êtes donc mon président, représentant de la France, pour nous et à l'extérieur et pour cela je vous écoute, je vous respecte, et je me sens tenu de vous aimer.

Je dois avouer, toutefois, que bien souvent, vous me perdez en route, et je ne comprends pas, mais vraiment pas, ce qui vous inspire ou vous pousse...  Dans un raidissement spectaculaire, vous avez réussi à opposer frontalement des personnes intelligentes, dont j'aime la justesse et la pondération, en deux options, deux clans s'invectivant des pires procès d'intention au lieu de permettre par exemple une troisième voie, que tous auraient pu éclairer, en vue d'un plus grand bien ; vous  avez fermé délibérément votre porte à des sages, humbles et qui vous appelaient pour échanger en vérité ; vous avez tu la voix de centaines de milliers de personnes sincères, les refoulant dans un militantisme qui pourrait devenir stérile, il y a désormais des tensions et des blessures qui pourrissent nombre de communautés ; vous avez laissé soupçonner les chrétiens de lobbyisme, ou de pingrerie supputant des portes fermées à la pauvreté, et laissé s'enclaver dans la culpabilité des chrétiens qui pourtant sont souvent déjà si donnés ; vous avez oublié l'audace du souci des plus pauvres ; et malgré le respect que je voudrais avoir pour vous, vous agissez comme si vous étiez le jeu de lobbies idéologiques comme votre prédécesseur pouvait sembler l'être de puissants et financiers.

Je voudrais vous accorder le bénéfice de l'intelligence, de l'union nationale, de la responsabilité, de la vision d'ensemble qui pourraient m'échapper et que je ne partagerais pas, ... et hier, vous avez ricané de celui qui ne s'approprie pas le pouvoir qui pourtant lui avait été confié, vous avez plaisanté légèrement en commentant la décision du pape, au nom de je ne sais quel sens de la dérision. Ne pouviez vous pas respecter celui qui a toujours vécu sa mission non pas comme un pouvoir mais comme un service, service de Celui qu'il sert, service de ceux qui lui sont confiés ? N'était-ce pas le sens de toute responsabilité ? La Vôtre pour la France y compris ? Y a-t-il des convictions qui arrachent aux hommes la majuscule qui devrait les honorer ?

Monsieur le Président de la France, je dois vous l'avouer, vous me perdez.

Vous ne me connaissez pas, je ne suis personne, un électeur, un Français pas meilleur qu'un autre, embringué dans mes contradictions, obscur prêtre de province, anonyme, soucieux de voir grandir les personnes qui me sont confiées, mais incapable de bien le faire ... J'assume d'être un parmi des millions, mais j'avoue que c'est une expérience désobligeante de ne pas avoir l'impression d'œuvrer avec vous au service de l'homme, de quelque chose de plus grand que nous, de me sentir ainsi méprisé.

Veuillez croire, Monsieur le Président, au profond désir de vous accorder mes sentiments les meilleurs, mais pour l'instant, ils sont surtout partagés.

David Lerouge.

samedi 8 décembre 2012 22:21

l'effet Duflot

Le catholique est salement irascible ces temps-ci, et comme il découvre que ses grognements plaisent beaucoup aux médias et rassemblent du populo, il s’indigne, il s’offusque, il réagit. Il y a de quoi, certes, quand tant d’enjeux de société se jouent, et pas des moindres. La mort, la naissance, l’amour : qu’un gouvernement s’y attelle et s’accapare le droit de les régenter sans en parler, c’est plus réactionnaire que n’auraient osé nombre de curés, et même de prétendues divinités.

Si en plus on les accuse, les catholiques se sentent mal. Jouant d’un effet d’annonce, d’un anticléricalisme de bon aloi et d’une offuscation rétroactive peu onéreuse, la ministre Duflot a flingué à mots à peine cachés les cathos. Passque tu vois, pendant qu’on vote des lois sur l’euthanasie et la PMA dans les salons des assemblées, les quelques religieux sénescents, moribonds et rarissimes habitent des demeures gigantesques en plein cœur de nos cités. Et une petite réquisition pourrait s’imposer.

crédit : Sébastien Le Clézio/Secours Catholique Lors de la mobilisation du Collectif des associations unies pour le logement, le 5 décembre, une personne annonçait la cérémonie des morts de la rue du lendemain. Mais depuis la publication du faire-part, de nombreux décès ont eu lieu. -  JPEG - 44.7 ko

Mais une réquisition de quoi? de couvents gigantesques aux chambres chauffées et inutilisées, de cloîtres luxueux, réfectoires vides, aux tables chargées de chaussée aux moines et de jambons d’abbaye, les coffres gorgés d’or et de calices précieux qui prennent la poussière. Bon. Le mythe est là, la réalité moindre. Les bâtiments qui ont pu être dévoués à l’aide le sont déjà depuis siii longtemps, et les autres ne le peuvent pas. Les règles de sécurité, quand on veut faire du bien, sont souvent fort, très fort, drastiques.

Bon, l’attaque (qui n’en est pas une, nous dit-on) a agacé les chrétiens de tous bords. C’est pas mal parce que jusqu’alors, c’étaient surtout les cathos de droite qui montaient grave au créneau. Là, ce sont pas mal de super bonnes volontés qui se sont senties offensées. A commencer par les religieux qui sont pourtant vachement cool, normalement, et qui cherchent peu la castagne.

On pourrait se réjouir d’un mouvement de société qui associe catholiques (mais muets, hein, sans croix toussa) et société civile dans une lutte de fond contre la pauvreté, c’est hélas un triste mouvement qui au contraire s’est initié. Parce que “l’effet Duflot”, c’est que l’attaque a réveillé la culpabilité moyenne du catho de base dans son rapport à la pauvreté et au royaume de Dieu qui s’annonce. Grosse grosse grosse culpabilité. Au point de se poser la question de l’utilisation du moindre mètre carré chauffé inutilisé la nuit à attribuer aux … aux qui déjà? sdf? sans papiers? demandeurs d’asile? mal logés? etc.

On leur file les clés, on écarte les tables, on leur demande d’être gentils, et ils apportent des nattes pour dormir par terre comme dans leur pays.

C’est gentil, et c’est con. Le secours catholique met en œuvre des programmes ambitieux de proximité, d’accompagnement, de projet, de structures, de liens sociaux profonds depuis des années, et on revient en arrière pour une charité mal placée. Zéro projet, juste une situation d’urgence qui pourra durer, et des situations malsaines qui vont s’installer. Les associations avaient de beaux projets, et on en fait quoi, hein? 

Franchement, ce genre de fibre, c’est la même qui fait dire aux mamans “finis ton assiette, pense aux Africains”. Les Africains, ils méritent mieux que le fond de mon assiette. LA PAUVRETE mérite mieux que nos mauvaises consciences et un sommeil gêné, elle mérite un combat plus ambitieux, Cécile. Si tu veux aider, donne à ceux qui savent faire, pas à ton service de comm ni à nos culpabilités maladives, merci.

mercredi 28 mars 2012 20:23

le pâté d'alouette et de cheval

Tout le monde parle de la vidéo du moment. J’aime beaucoup qu’elle m’aide à réfléchir. C’est pourquoi je la passerai sûrement aux jeunes de l’aumônerie, pour qu’ils réalisent que les chrétiens ont, dans leur foi, une certaine vision du monde et de l’homme à promouvoir. Franchement, j’aurais aimé qu’elle choisisse un peu moins dans ses priorités, mais ce n’est qu’une vidéo, elle ouvre mes questions plus qu’elle n’y répond. D’ailleurs, c’est là que beaucoup râlent : les évêques ne se prononcent pour personne. Pire, aucun candidat ne peut trouver pleinement grâce aux yeux de leurs critères. Il faudra donc choisir, s’engager dans un sens qu’on estime le meilleur, et voter.

Rue89

En fait, tout le monde ne râle pas. Rue89, site d’information, a repris les critères des évêques pour deviner leurs intentions cachées*. C’est tout simple. Ils ont googleplusisé. attribué +1 au candidat qui remplissait l’exigence, – 1 à celui qui l’enfreignait. Et le score est tombé: il faudra voter Bayrou. Certains de mes contacts doivent se réjouir, et je n’en peux plus de m’atterrer d’une telle bêtise. Parce que tout n’est pas compris dans les critères, on peut aussi refuser/s’attacher à la figure personnelle plus qu’à la ligne de parti (certain-e-s en ont fait les frais il y a quelques années), choisir de voter pour un candidat pourrait présenter plus de chances de gagner (au nom de l’adage de Bellet: (« En politique, pour avoir raison, il faut deux choses : premièrement, avoir raison, deuxièmement, gagner. ») ou plus encore il ne faudrait pas croire que les évêques sont unanimes sur ce genre de choix. Loin de là.

Mais le plus agaçant n’est pas là. On n’est plus en cp. L’addition c’est sympa, mais faut additionner les choses qui peuvent l’être. On se croirait dans la fameuse recette du pâté d’alouette et de cheval, aux proportions simplissimes, pour ne pas dire rue89esques: elles sont équivalentes. Pour réaliser un délicieux pâté d’alouette et de cheval, la recette est donc: vous prenez une alouette, et un cheval, et avec cela vous avez toute la matière première. C’est presque aussi con que l’âge du capitaine.

la prochaine fois que tu veux la ramener sur les prises de parole un chouilla subtiles de l’Eglise catholique, chère rue89, t’es gentille, t’évite de mélanger les calices et les patènes.

merci

*un peu comme si on pouvait deviner l’idolatrie d’une famille pour Johnny en rassemblant les initiales des enfants

lundi 7 novembre 2011 12:10

mon cher Ivan

Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés "sans saveur"

Par Ivan Rioufol le 7 novembre 2011 8h30, le figaro

Les curés sont majoritairement prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique:"L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

Cet aveu d'un conformisme ecclésiastique est évidemment bien tardif, en regard des avancées de la déchristianisation et de la lassitude de nombreux catholiques (dont je suis) face à un clergé pusillanime et politiquement correct, même si je sais qu'il abrite de belles et courageuses personnalités qui œuvrent le plus souvent dans l'ombre. Cependant, le mea culpa est désormais assumé par l'Eglise et cette contrition est un pas important qui vient d'être franchi. Il est piquant de constater que c'est sous l'influence d'un pape plutôt malhabile dans la communication de masse que Le Vatican a décidé de moderniser sa manière de s'adresser aux gens. Reste que cet appel à rendre plus consistantes les prédications dans les églises n'est qu'un retour aux sources du catholicisme et aux méthodes employées par Jésus lui-même, souvent construites sur la provocation et l'exagération.

Dans un livre remarquablement documenté sur Jésus (1), l'historien Jean-Christian Petitfils rappelle notamment ce que fut l'intransigeance du Christ, sa violence verbale parfois, et son goût pour le style apocalyptique. "On se tromperait, écrit Petitfils, en en faisant un doux missionnaire ou un débonnaire professeur de morale (le Jésus sulpicien!). c'est un prophète authentique qui crie, invective, lance de cinglantes diatribes". Jésus ne craint pas le style provoquant, quand il dit ne pas apporter la paix mais "le glaive". Il jette l'anathème sur ceux qui ont refusé son message ou pour secouer les foules de leur torpeur spirituelle. Il prend à partie ses adversaires: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites (...), serpents, engeance de vipères!". C'est pourtant le même Jésus qui, "compatissant, empli d'une infinie miséricorde, appelle à lui toutes les victimes, tous les blessés de la vie", note l'historien. "Il ne cherche pas à instaurer son règne par la force".

Aux prêtres et aux évêques d'être à la hauteur de leur mission, en cessant d'être des robinets d'eau tiède et des enfonceurs de portes ouvertes. Il y a urgence.

(1) Jésus, de Jean-Christian Petifils, Fayard

mon cher Ivan,

je te remercie de soumettre à mon attention cette dépêche AFP, qui, je n’en doute pas, a su restituer la profondeur et la saveur des propos du cardinal Ravasi, qui, étant du Vatican, comme toi tu es du figaro, engage le propos du pape comme tu engages la position de Sarkozy. C’est vrai, quoi.

Soit dit en passant, tu as raison, et Ravasi aussi, on s’ennuie parfois en homélie. Pas tout le temps, mais parfois. Soit que le prédicateur n’était pas en verve ce jour là, ou pas en verve tout court, mais j’y reviendrai, soit que le texte, déjà, à la base, n’était pas facile facile, soit que j’étais pas super dispo pour écouter, agacé derechef par le tic verbal dudit prédicateur. Si ça peut te rassurer, je m’emmerde aussi souvent en écoutant la radio, lisant les journaux, mais jamais en regardant la télé, parce que je ne l’ai pas. Pire, non seulement je m’emmerde mais il m’arrive fréquemment de penser “ce type est un con, et il parle comme un con, et il ne pense pas”. Et autant je m’enquiquine ferme pendant certaines homélies, autant j’y ai plus rarement ce genre de pensées, même si ça finit par arriver.

L’homélie, c’est un truc récurrent, genre quotidien et hebdomadaire, format court, et où le sujet est imposé par la Parole qu’on sert, et le peuple auquel on s’adresse ((nous les cathos on dit peuple quand tu dis lectorat)). Parfois on est bons, on trouve le fil, l’intuition qui rend le propos intéressant, parfois, non. C’est con, j’ai oublié de prendre l’option “génie” au séminaire. Mais bon. Et puis, on est pas là pour qu’à la fin, on nous dise “chrysostome est de retour, mais pour aider les chrétiens à vivre.” Servir la Parole, le Christ, faire entrer dans la profondeur du propos, c’est pas toujours funky, et on n’y excelle pas tous et tout le temps. Mais bon. SI je faisais de la comm, je prendrais un micro HF, je me collerais en plein milieu du choeur, et je te parlerais au coeur, à toi, oui toi au 2e rang, qui veut être converti par Dieu, je serais enflammé, je serais drôle, je serais délicat, je serais… haï au bout de 3 fois du même numéro. Parce que la messe, c’est pas un numéro de charme, c’est l’espace de la rencontre avec le Christ. L’homélie y conduit, mais pas que. Le rite pose cet espace, les paroles du rite le permettent, et s’il est vrai que parfois la forme est franchement hyper ascétique voire repoussante, le fond n’est jamais dans la forme, que veux tu.

L’autre souci, mon cher Ivan, c’est que si on recrute un journaliste à sa plume, on ne recrute pas un curé à sa langue. On est divers, nous les prêtres, certains sont orateurs et bons orateurs, d’autres fédérateurs de communautés, tâcherons de l’unité, bosseurs en sous main, priants à l’extrême, accompagnateurs de génie… et on n’arrive pas à avoir toutes les qualités. C’est bien simple, il me semble bien souvent que toutes me manquent. On essaie d’être bons, mais bon, on fait c’qu’on peut et parfois c’est pas glorieux.

Alors certes, le coup du robinet d’eau tiède, c’est vrai que ça tue, le coup de la comm’ mal assumée, c’est redoutable, la parole qui manque de feu aussi, mais bon, tu vas pas arrêter d’aller voir ta mère parce qu’elle a un bouton sur le nez, voire une langue de vipère. C’est ta mère, t’y vas, et tu vas même t’arranger pour qu’elle ne tombe pas dans ses pires et détestables excès.

Si les curés te balancent de l’eau tiède, c’est peut être que l’Evangile a suffisamment marqué les esprits pour que ce qu’il dit te “tombe sous le sens” mais pas assez marqué les vies pour qu’on soit encore obligés de faire subtil et de le rappeler. Pire pour les portes ouvertes. OK, on les enfonce, mais toi, tu les franchis?

l’homélie est un art, et nous sommes de pauvres artisans. Je te promets qu’on bosse, certains plus que d’autres à ce genre de sujets, et qu’on brûle encore pas mal… mais ce n’est pas suffisant. J’accepte de me faire tancer, et qu’on me dise que j’ai tapé trop souvent à côté, mais je t’en prie, ne me fais pas le coup du “je suis pas venu à la messe, le curé est pire que la tourtel”, parce que c’est peut être ce dimanche là que la Parole que je sers, comme toi, t’aurait brûlé.

PS: si tu veux plus d’infos, pique à Jean Marie Le Guénois un bouquin auquel je viens de participer, “ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux” qu’on lui a envoyés en envoi presse, ça pourrait te réconcilier avec les curés tièdes comme moi, mais qui y croient encore.

PPS: je sais que ma petite réponse est méchante et beaucoup plus incisive que ton propos qui était bien quand même… mais bon, quand je suis agacé, je dis des gros mots, c’est comme ça. Et puis les gros mots c’est dans le langage informatique et télévisuel du temps, c’est “coloré”. Rouge, en fait. voire “exagéré”.

mercredi 11 mai 2011 11:08

Raymond

2 952 baptêmes d’adultes en France le week-end de Pâques. (selon l’OiPC)
Vingt et un baptêmes dans la Manche. C’est France Inter qui l’a dit.
Deux dans ma paroisse durant la nuit de Samedi. 

Ces baptêmes sont la gloire de l’argumentaire catholique, passque voyez vous, on se convertit encore, c’est bien la preuve que c’est pas des carabistouilles toussa. Passque les gens qui se mettent à croire quand ils sont grands, eux ils se sont pas fait bourrer le mou par leur ascendance. Jésus, il l’ont vraiment entendu. Passque Jésus, c’est pas le père noël des catholiques qui restent enfermés dans le carcan d’une religion moribonde. Jésus, tu vois, y a des gens qui le choisissent et qui y croivent pour de vrai. Pas comme les vieux qu’ont juste peur de mourir. Pour de vrai. 

Cependant, il faudrait sûrement affiner les chiffres, comme pour les baptêmes d’enfants en âge scolaire. Si certains le font au nom d’une expérience brutale et inouïe de Dieu, d’autres parce que l’opportunité se présente enfin, lors d’un mariage, un baptême de bébé… opportunité d’un baptême qui n’avait pas pu avoir lieu avant, tout simplement.

Beau Nombre donc, mais autant de parcours et de réalités…

Quoiqu’il en soit, les nouveaux baptisés sont parfois une rude question au creux de nos assemblées. Brûle-pourpoint de nos habitudes, lassitudes, fidélitudes et compromissitudes. Ils en veulent plus, ils le veulent mieux, et même si ça gémit dans nos vieilles outres, on aime ce vin nouveau. Faites-moi sauter cet uniforme, Brûlons.

Bon, c’est vrai que c’est cool, les nouveaux baptisés, et tout, et tout, mais forcément, quand l’Evangile débarque dans une vie qui s’est construite sans lui, ça remue pas mal de l’intérieur, ça défrise les entrailles, ça carbonise au contact du Divin. Et le feu d’artifice, ça séduit. Surtout le “mat” de nos tiédeurs.

L’inscription dans le temps et les communautés se révèle parfois plus compliquée [1]. S’il est beau de (re-)commencer, il nous faut souvent simplement continuer. St Jean de la Croix avait d’ailleurs des mots durs pour les “commençants” qui étaient en danger dans l’euphorie des premiers moments. le Pouic pouic spirituel peut paraître parfois grisant, et la griserie n’est pas l’apanage du quotidien. Entre “nuit de la foi” et apprentissage de la fidélité, le chrétien passe peu à peu d’une foi de sensibilité à une foi de fidélité. Le feu ardent allume les braises, qui consumeront peu à peu, sans artifice.

Blogdavidlerouge-2-10

Mais au moment où je découvre chez mes parents cette photo datant du début du siècle (en gros) du baptême de mon grand-père, avant la guerre, j’ai envie de me réjouir aussi pas mal pour les chrétiens de longue haleine. C’est con, j’ai l’impression que ça court dans mes veines depuis pas mal longtemps, bien avant que je le choisisse, le vive, le déploie à ma manière, cette histoire de foi. ça me travaille en amont, ça m’a construit et structuré, déployé. La foi de mes parents et grands parents n’est pas la mienne, et je ne pourrais la choisir comme telle, nous sommes différents, mais elle est là, présente en avant de moi.

Un machin qui croît depuis si longtemps, même avant moi, ne pétille pas si souvent, mais on peut gager que le whisky ou le pif de bonne bouteille aura su progresser, vieillir et “goûter”.

Tout cela n’atténue pas la Nouvelle brillante mais lui donne des aspirations d'éternité... 

Notes :

[1]  La fausse note officielle au tableau, c’est le service après vente. Le catéchuménat bosse bien, l’année qui suit aussi, mais après un accompagnement aussi précis, le positionnement et la place dans la communauté n’est pas toujours aussi simple. Voire pire.

jeudi 14 avril 2011 17:52

y m'énervent

si les chants grinçants vous défrisent
si le bébé devant vous coupe de votre messe
si la mamie qui dit la messe en stéréo vous agace
si votre voisin pue
si vous ne supportez pas son hypocrisie de petit catho souriant bisounours  
mais surtout
si la paix du christ vous distrait dans votre prière
au point d’être tenté de rester yeux fermés pour ne pas voir la main ouverte
si vous vous barrez au plus vite une fois la prière dite
si la solidarité prônée en Eglise par le CCFD voire l’Acat vous les brise…

allez plus loin, n’hésitez pas
demandez à votre curé de racheter des bancs à la manière de ceux de la prison de Fresnes en 1913, et vous serez dégagé du poids des frères congénères.

mais j’arrive pas à me dire que vous allez aimer, quoique on s’en fout, on n’est pas là pour ça, non?

lundi 4 avril 2011 12:32

vous voulez vraiment qu'on disparaisse du débat public ?

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C’est marrant. J’avais toujours imaginé que c’était lié à Pâques, tous les ans… mais ça doit être plutôt le début du printemps qui veut ça. La saison du “Pan dans la gueule” “Mange ça” “T’es pas encore parti?” “tu pourrais pas cesser un peu d’exister?”, etc. L’année dernière, le postulat de base était que tous les prêtres étaient des violeurs d’enfant potentiels, voire actifs. Avec une préférence pour les petits garçons. En aube. Dans les sacristies. Parce que voyez vous, le célibat, l’abstinence ne peuvent conduire qu’à une chose : le viol, l’abus sexuel, et si ma chasuble était en bronze, vous entendriez... L’hallali avait été sonné juste avant le retour des cloches, et ce fut un festival de doutes organisés sur le thème “protégeons les enfants”. Tout le monde y allait de son couplet, de son expérience (et là c’est grave, on ne le dira jamais assez : ça reste un drame) ou de son “on dit”, de son opinion et de son fiel. Point de retenue, jusque dans les médias les plus sérieux happés par la vague, au point de faire retentir un “appel à la vérité” signé par plus de 30 000 internautes. Bref, il ne faisait pas bon être curé. On m’avait même interviewé, plus (sur radio France) ou moins bien (ailleurs)…

Ces jours-ci, ce ne sont plus les “curés” qui prennent cher. Ceux là ne font que parasiter les fonds publics pour financer leurs cultes moyenâgeux. Non, le thème est plus ‘positif’, c’est la laïcité. Une laïcité sans dialogue, une laïcité d’opinion, de posture, une laïcité qui exclut par principe de tout débat public celui qui, lobotomisé par les idées religieuses, devrait en être partie prenante, le croyant, seul ou en société. On le soupçonne de manœuvrer, de récupération, de spoliation… On lui dénie tout droit à la parole puisqu’elle le concerne, et vise éventuellement à l’évincer.

Et pour l’instant, ce sont les tribunes et les commentaires qui fleurissent. Le bon droit a ses règles, notamment celle de “tous les coups sont permis”. Agressivité sans borne contre les croyants qui sont décérébrés, pompent le trésor public, lançant des prières démodées vers un ciel vide qui les castre de ce qui fait la vraie vie, la vie d’aujourd’hui. Qu’un croyant ose répondre, il se fait massacrer. Que les responsables des religions prennent la parole publiquement pour ne pas limiter le sujet à une récupération politique, et les boucliers se lèvent contre. Le principe de la laïcité et des relations entre religions et Etat ne doit être débattu et décidé que par des personnes qui ne sont pas croyants, et pas concernés.

alors:

Laissons la question du sens à la société dans son anonymat ; laissons la se donner à elle même les paroles qui la stimulent, laissons aux impôts le soin de toute la solidarité nationale et internationale, laissons les supermarchés nous indiquer ce qui est bon, beau, et vrai, laissons à des holdings anonymes d’actionnaires la morale sociale et politique, laissons Durex nous apprendre à aimer, laissons aux pompes funèbres la facture pour gérer la mort, laissons Fun Radio dire ce qui fait du bien aux ados, laissons au supermarché religieux la joie de dire que tout se vaut, laissons aux médicaments le soin de taire la souffrance, et aux anxiolytiques celui de la camisoler, vendons les églises, virons les curés qui ne sont intéressés que par leurs propres affaires, laissons à Michel Onfray le plaisir de penser à notre place, aux éligibles le devoir de nous caresser dans le sens du poil, aux tentateurs celui de laisser libre cours à nos désirs les plus égoïstes; humiliez le désir de votre grand mère qui voulait mourir en conformité avec ses convictions, ça ne change plus rien, elle n’est plus, pacsez vous pour rompre plus facilement, laissez tomber la conscience, ça fait mal, laissez encore plus tomber le pardon, il est injuste, n’engagez le dialogue qu’avec ceux qui en sont dignes, ceux qui ne croient pas en autre chose que vous.

Mais aussi : interdisez aux chrétiens l’engagement au sein de la société, près des prostituées, des mères seules, des sdf, des pauvres en tous genres, déniez à tous ceux qui ont des convictions d’agir en leur nom.

Et donnez-moi 60€ de l’heure quand je vous reçois, j’accompagne vos enfants dans leurs projets, vous accueille 6 heures pour votre mariage, pour l’enterrement de votre grand mère, payez l’assurance de mon implication, louez le bâtiment à clocher à partir de 1000 €, sans parler de l’orgue, prenez rendez vous, et vous serez facturés,

Obligez moi à me marier, à renoncer à mon obscurantisme, peut-être même à mon altruisme, interdisez moi de prier, de soutenir, de parler. Limitez la question du sens à la sphère individuelle, et vous aurez le plaisir d’entendre plus souvent la réponse de ce collégien à l’un de ses camarades. Il venait de perdre un proche. L’autre lui dit: j’aimerais pouvoir t’aider, et si tu veux, je vais prier pour lui. “Pas besoin, je gère tout seul”.

Bon courage.

Blogdavidlerouge-102

et surtout, n’oubliez pas de réduire l’autre à ce que vous savez de lui, ça simplifie le réel. Et si jamais vous devez prendre une décision pour toute la société, ne vous embarrassez pas du dialogue avec les concernés. vous savez mieux qu’eux ce qui est bon.

lundi 7 mars 2011 11:41

les faiblesses du nucléaire

blogDavidLerouge-fr-tousdroitsreserves_210Avec toute ma famille, nous sommes officiellement passés dans la catégorie des cyniques. Alors que nous nous étions organisés autour de l’indépendance chez eux et de l’autonomie assumée mais en voie de restriction de mes grands parents, la maladie de l’une, le décès de mon grand-père de l’autre nous ont amené il y a pas loin d’un an, à une décision que personne ne nous envie : mes parents ont raccompagné mes deux grands-mères dans leur maison de retraite. Ce n’est pas aussi simple qu’un “on évacue les vieux” mais un accompagnement, et en même temps probablement le fruit d’une logique toute occidentale. Ils ne pouvaient plus vivre chez eux, certes… mais ça pourrait ressembler surtout à un scandale.

A vrai dire, tout a commencé par ma grand-mère la plus isolée, qui vivait bien dans son indépendance de longue haleine. Grande maison, petite voiture, petit bout de femme, grande volonté. Le système tenait bien, tout autant qu’elle tenait son réseau d’amies, le cimetière et les affaires de la paroisse. Et puis la volonté et la santé ont faibli, et le quotidien est devenu une plaie. S’occuper d’elle-même et continuer à y croire devenaient un combat qui, inexorablement, se révélait de plus en plus perdu d’avance. Quand la volonté de vivre s’affaiblit, il faut une attention, un soin, un quotidien à recréer. Après plusieurs hospitalisations, elle a repris pied dans cette maison de retraite, en compagnie d’autres. Et ce qui s’était amoindri faute de force, et de temps a repris de plus belle, amies, vie sociale. Quand les forces vous manquent, c’est sur elles que vous rognez pour tenir dans la durée. Avant de se résoudre à une telle décision, il a fallu des mois, et des descentes vertigineuses. Elle reprend pied.

L’autre grand-mère vivait de l’équilibre de son couple. Le grand-père est parti le premier, d’un cancer qui est toujours méchant. Elle est là, bien en place, et ses enfants se sont organisés pour la faire vivre chez eux. Vraie organisation, où tout le monde mettait du sien, vrai choix de famille, juste répartition. Jusqu’au jour où l’un des enfants a trouvé la grand mère tombée dans sa chambre. Peu de temps avant, heureusement. Mais tous, qui travaillons, n’aurions pu accepter de la trouver morte, un soir, en rentrant du boulot. Trop grande responsabilité. Trop de deuil à porter. Bien sûr, tout avait été fait pour éviter cette solution, la retarder tout au moins… mais…

Dans la maison où elle est maintenant, elle qui ne s’occupait que de sa maison, avec son mari, et d’eux, reprend une vie sociale, de rencontre, de jeu, d’attention à elle, en perspective. Mais de pleurs aussi. 

Ces deux choix sont un “moins pire” et même un mieux, pour l’instant. Je suis sûr que les deuils seront tout autant à porter dans ces maisons qu’ailleurs, tant les liens qui s’y tissent se déchireront et seront sans doute une souffrance supplémentaire. Nous ne savons pas non plus laisser mourir chez nous ou ailleurs ceux qui s’essoufflent. La médecine n’aime pas la mort, qu’elle vit comme un échec, même quand parfois le temps est là. La vieillesse devient alors une maladie dont on ne guérit pas. Et au lieu de laisser le temps de laisser mourir, on voudrait même là choisir et maîtriser l’instant… comme si on avait réellement maîtrisé les instants qui ont le plus compté. Pour comprendre ce rapport difficile de la médecine avec la vieillesse, la souffrance et la mort, il faut discuter avec les médecins de soins palliatifs, qui se sentent encore parfois déconsidérés par la profession, tant ils ne sont pas “artisans de guérison”, ou de “réparation”.

Chez les Indonésiens, les adultes ont des enfants qu’ils élèvent, pour qu’au moment où ils vieilliront et ne pourront plus, ces enfants prennent leur place et surtout leurs responsabilités dans la société, et les accompagnent dans leur “perte de puissance”. Mais ils vivent aussi “en famille” tout le temps et leur mode de vie est avant tout social. Nos familles nucléaires ne le supporteraient pas. Mais associer le temps de “la puissance” à celui de la responsabilité ouvre des perspectives différentes que celles admises par une société qui promeut un “jouir plus” et “rester jeune le plus longtemps possible pour en profiter le plus longtemps possible”. C’est une société qui oublie son passé et ignore son avenir. Elle est limbique dirait Scholtus. Il a d’ailleurs écrit un petit livre redoutable mais passionnant où il fait le parallèle entre la société actuelle et le concept des limbes, en théologie… Les limbes sont cet entre deux où allaient les enfants morts nés. Pas baptisés, donc pas sauvés du péché originel, on estimait qu’ils ne pouvaient avoir droit au paradis, n’ayant pas vécu, ils n’avaient pas péché. Ils allaient donc dans les limbes, endroit où on ne profitait pas de la béatitude éternelle, certes, mais où on ne savait pas ce qu’on manquait. Le parallèle avec la société d’aujourd’hui est sidérant.

Pour l’instant, pour mes grands-mères, bon an, mal an, avec toute la bonne volonté des enfants et des petits enfants fidèles, le système tient, pas si mal. Un spécialiste vous dirait qu’il y a des caps : caps de santé qui d’un coup dégringole, caps de moral qui s’enfuit sous les chaussettes ou les bas de contention, cap des six mois où tout le monde a entendu les histoires de votre vie d’avant et où on en vient à avoir moins à raconter, à moins de se mêler activement de la vie des autres.

Je vais de temps en temps, mais rarement, dans les maisons des retraite pour célébrer des messes, dans des après-midi qui sont souvent sordides. C’est une expérience toujours particulière. On y retrouve des histoires qu’on devine sacrées, certaines éteintes dans un sommeil bouche ouverte, d’autres pétillantes, ou malades, ou désespérées, ou attentives et attentionnées. Une semaine ne fait pas l’autre, mais il faut apprendre à discerner dans cette assemblée bigarrée et épuisée parfois, ceux dont les histoires et l’expérience les rapprochent d’autant plus de Dieu qu’ils n’ont, pour beaucoup, plus les moyens de les faire avancer d’eux mêmes. 

Que fait-on de la faiblesse?

mercredi 5 janvier 2011 20:34

cliché(s)

image

Il est si gratifiant, et aisé, de photographier un sourire,
(certains appareils, paraît-il, ne prennent les visages que souriants…)
qu’il soit composé ou spontané, simple ou travaillé.

il est encore plus gratifiant, et aisé, de poser sur le monde
à l’entour
le regard convenu de ce que j’y attendais,
repérant dans l’amphigouri les ancrages de mes présupposés
où la réalité conforte ce que j’en savais, 
donnant toute sa force au mot “cliché”

c’est le cas de cette photo.
Au poil pour un service des vocations.
L’apogée du cliché. Mignon, inutile.

Blogdavidlerouge-46

et quand l’entour se fait violent, distordant ou vieillissant,
un peu de sépia, et de noir et blanc,
un peu de “vignettage”, des détails concordants,
et le cliché se fait esthétisant.

ouf.

image

Mais au-delà de l’esthétique,
ou du cliché illustrant une pensée le précédant,
il y a encore une autre forme de langage
il ne faut omettre encore tout verbiage de l’image,
tout discours sous-tendu par le montré
en deçà des mots, en pixels, l’idée.

point de noir et blanc, ni d’illustration, point de discours ou de cliché dans le livre offert par Anne-Claire et que je découvre avec volupté.

Même si je consonne à l’invitation de Marc à ne plus être obnubilé par les prêtres pour parler de l’Eglise, j’ai lu, regardé avec intérêt l’ouvrage de Joël Peyrou sur les prêtres ouvriers, aux éditions de l’atelier.

Les invisibles, Joël Peyrou, Gérard Mordillat, éditions de l'Atelier

portraits de ceux qui ne se laissent réduire  
vivent un ministère, au vu et au tu de tous
habitation habitée sans visibilité.

photos en mouvement
déception du photographe et son humilité
leur quotidien, leurs choix ne se laissent réduire au cliché
ce sont des aventures de foi, d’hommes donnés, de prêtres au cœur,
ils donnent tout pour se faire haïr, ou aimer,
on aimera leur présence, et détestera le coquetier
il faut simplement apprendre à les écouter
et les regarder.

beaucoup de photos, en couleur, et quelques pages de rencontre…

image

je ne saurais suivre leur voie, mais je veux rester émerveillé quand j’entends l’appel ainsi résonné
et quand je regarde leur manière d'accueillir la grâce au travers de belles photos, sans être esthétisantes. 

(il y a aussi une préface de Mordillat qu’on peut lire)

[edit: j'ai ajouté en pièce jointe un aperçu du livre proposé par les éditions de l'atelier]

dimanche 26 décembre 2010 01:10

Radio off(r)ense

larcenet - message chiant

ami journaliste, toi mon ami, mon frère,
toi dont la voix ouate mon appart’ à longueur de journées
habillant le silence de ton babil léger,
toi qui viens ponctuer chaque heure de tes infos en  tous genres,
surtout quand je me réjouis d’avoir entendu François Morel,
Ivan Levaï, Kathleen Evin ou la délicieuse émission “sur les épaules de Darwin”,
qui me rendent plus intelligent et le sourire aux lèvres,
pour l’an qui vient, permets moi de t’adresser tous mes souhaits les plus sincères…
histoire que tu arrêtes de faire de la merde pour me la coller entre les oreilles.

quand, sur France Bleu, tu interviewes mon évêque, en ce joli temps d’esprit de nowel, d’un “Stanislas Lalanne Bonjour” suivi de “Monsieur Lalanne” à répétition
permets-lui de ne pas t’apprendre la bienséance en te reprenant. Mais permets moi de tiquer. Tu n’oserais sans  doute pas omettre un “Maître” à un avocat, un “Docteur” à toute blouse blanche et je gage que tu n’appelles pas ton boss “Ma couille”. Alors par pitié, “Père”, “Monseigneur” ne sont pas une telle atteinte à ta laïcité toute intérieure

Et quand tu t’esbaudis que le pape (que tu devrais peut-être appeler Monsieur Seize, qu’on rigole) parle de la paix à Noël, ce qui pourtant doit être le sujet le plus éculé (rappelle-toi les panneaux affreux que les dames caté faisaient pour illustrer la première lecture de ton enfance), ne joue pas les vierges effarouchées que le pape désire avec des mots “tranchants” “voir disparaître les manteaux tâchés de sang” parce que, sinistre buse, c’est une citation in extenso de la première lecture qu’on lit tous les nowels depuis avant ta naissance. Si t’as pas entendu les guillemets, achète-toi des oreilles.

Et je n’ose imaginer ce qu’a évoqué pour toi le fait que j’aie pris dans mes bras la statue de l’enfant Jésus de la crèche pour mon homélie. Je crains le titre demain “les curés en mal de bébés”, “encore un enfant tripoté” quand je disais à ces 80% de nouvelles têtes de la messe des familles que la foi c’est comme prendre un bébé dans ses bras, on s’en croit incapable tant qu’on ne l’a pas osé.

ami journaliste, fais un effort. merde.

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